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In dem kleinen Wirtshaus, in das Karl nach kurzem Marsch kam, und das eigentlich nur eine kleine letzte Station des New Yorker Fuhrwerkverkehrs bildete und deshalb kaum für Nachtlager benützt zu werden pflegte, verlangte Karl die billigste Bettstelle, die zu haben war, denn er glaubte, mit dem Sparen sofort anfangen zu müssen. Er wurde, seiner Forderung entsprechend, vom Wirt mit einem Wink, als sei er ein Angestellter, die Treppe hinaufgewiesen, wo ihn ein zerrauftes, altes Frauenzimmer, ärgerlich über den gestörten Schlaf, empfing und, fast ohne ihn anzuhören, mit ununterbrochenen Ermahnungen, leise aufzutreten, in ein Zimmer führte, dessen Tür sie, nicht ohne ihn vorher mit einem Pst! angehaucht zu haben, schloß. |
La petite auberge où Karl arriva après avoir un peu marché, n'était rien d'autre qu'une petite halte pour les camionneurs sur la route de New-York, et de ce fait n'offrait pas vraiment de gîte pour la nuit. Karl y demanda un endroit où dormir, le moins cher possible, car il pensait qu'il lui fallait commencer à faire des économies dès maintenant. Ayant l'air de comprendre ce qu'il désirait, l'aubergiste lui indiqua un escalier, d'un geste comme on le ferait à un domestique : une vieille bonne femme échevelée, furieuse d'avoir été dérangée dans son sommeil, sans guère l'écouter mais en l'exhortant sans cesse au silence, le conduisit dans une chambre dont elle referma aussitôt la porte, non sans lui souffler encore une fois : « chuuuutt ! » | ||
Karl wußte zuerst nicht recht, ob die Fenstervorhänge bloß herabgelassen waren oder ob vielleicht das Zimmer überhaupt keine Fenster habe, so finster war es; schließlich bemerkte er eine kleine, verhängte Luke, deren Tuch er wegzog, wodurch einiges Licht hereinkam. Das Zimmer hatte zwei Betten, die aber beide schon besetzt waren. Karl sah dort zwei junge Leute, die in schwerem Schlafe lagen und vor allem deshalb wenig vertrauenswürdig erschienen, weil sie, ohne verständlichen Grund, angezogen schliefen; der eine hatte sogar seine Stiefel an. |
La pièce était si sombre que Karl se demanda d'abord si les rideaux étaient simplement tirés ou si la chambre n'avait vraiment pas de fenêtre du tout ; il finit cependant par remarquer une lucarne aveuglée par un tissu qu'il écarta, et par laquelle un peu de jour put pénétrer. Il y avait deux lits, mais ils étaient déjà occupés tous les deux. Karl y découvrit deux jeunes gens profondément endormis, et qui ne lui inspirèrent pas une grande confiance, parce qu'ils étaient allongés là tout habillés, sans raison apparente : l'un d'eux avait même gardé ses bottes. | ||
In dem Augenblick, als Karl die Luke freigelegt hatte, hob einer der Schläfer die Arme und Beine ein wenig in die Höhe, was einen derartigen Anblick bot, daß Karl trotz seinen Sorgen in sich hineinlachte. |
Au moment même où Karl avait dégagé la lucarne, l'un des dormeurs avait un peu soulevé les bras et les jambes, ce qui donnait un tel spectacle que Karl, malgré tous ses soucis, ne put s'empêcher de pouffer de rire intérieurement. | ||
Er sah bald ein, daß er, abgesehen davon, daß auch keine andere Schlafgelegenheit, weder Kanapee noch Sofa, vorhanden war, zu keinem Schlafe werde kommen können, denn er durfte seinen erst wiedergewonnenen Koffer und das Geld, das er bei sich trug, keiner Gefahr aussetzen. Weggehen aber wollte er auch nicht, denn er getraute sich nicht, an der Zimmerfrau und dem Wirt vorüber das Haus gleich wieder zu verlassen. Schließlich war es ja hier doch vielleicht nicht unsicherer als auf der Landstraße. Auffallend war freilich, daß im ganzen Zimmer, soweit sich das bei dem halben Licht feststellen ließ, kein einziges Gepäckstück zu entdecken war. Aber vielleicht und höchstwahrscheinlich waren die zwei jungen Leute die Hausdiener, die der Gäste wegen bald aufstehen mußten und deshalb angezogen schliefen. Dann war es allerdings nicht besonders ehrenvoll, mit ihnen zu schlafen, aber desto ungefährlicher. Nur durfte er sich aber, solange das nicht außer jedem Zweifel stand, auf keinen Fall zum Schlafe niederlegen. |
Il se rendit bien vite compte qu'il n'y avait aucun endroit où il pût dormir, ni canapé ni sofa, et qu'il ne pourrait même pas dormir du tout, car il ne voulait laisser courir aucun risque à la valise qu'il venait tout juste de récupérer, non plus qu'à l'argent qu'il avait sur lui. Mais il ne voulait pas non plus s'en aller, car il ne n'osait pas repasser tout de suite devant la vieille et le patron pour quitter la maison. Et au fond, il était peut-être autant en sécurité ici que sur la route ! Il était tout de même étonnant que dans toute cette chambre, pour autant que l'on puisse le voir dans cette demi-pénombre, ne se trouvait aucun bagage. Mais peut-être, et même très vraisemblablement, les jeunes gens étaient-ils les domestiques de la maison, qui allaient devoir se lever de bonne heure pour prendre leur service, et pour cela dormaient tout habillés. Et après tout, si ce n'était pas vraiment agréable de dormir avec eux, ce n'en était pourtant que moins risqué. Il ne pourrait cependant se permettre de dormir tant que tout danger ne serait pas écarté. | ||
Unter dem Bett stand eine Kerze mit Zündhölzchen, die sich Karl mit schleichenden Schritten holte. Er hatte kein Bedenken, Licht zu machen, denn das Zimmer gehörte nach Auftrag des Wirtes ihm ebensogut wie den beiden anderen, die überdies den Schlaf der halben Nacht schon genossen hatten und durch den Besitz der Betten ihm gegenüber in unvergleichlichem Vorteil waren. Im übrigen gab er sich natürlich durch Vorsicht beim Herumgehen und Hantieren alle Mühe, sie nicht zu wecken. |
Sous le lit se trouvait une bougie et des allumettes, que Karl alla prendre d'un pas furtif. Il n'avait pas de scrupule à faire de la lumière, puisque la chambre lui avait été attribuée par l'hôte aussi bien qu'aux autres qui avaient déjà pu faire la moitié de leur nuit, et avaient sur lui l'incomparable avantage d'occuper les lits. Et d'ailleurs, il se donna beaucoup de mal pour ne pas les réveiller, en marchant avec précaution, et en limitant le plus possible ses gestes. | ||
Zunächst wollte er seinen Koffer untersuchen, um einmal einen Überblick über seine Sachen zu bekommen, an die er sich schon nur undeutlich erinnerte und von denen sicher das Wertvollste schon verlorengegangen sein dürfte. Denn wenn der Schubal seine Hand auf etwas legt, dann ist wenig Hoffnung, daß man es unbeschädigt zurückbekommt. Allerdings hatte er vom Onkel ein großes Trinkgeld erwarten können, während er aber andererseits wieder beim Fehlen einzelner Objekte auf den eigentlichen Kofferwächter, den Herrn Butterbaum, sich hatte ausreden können. |
Maintenant, il désirait explorer le contenu de sa valise, passer un peu en revue ses affaires, dont il ne se souvenait plus guère, et dont il craignait fort que les plus précieuses n'aient déjà disparu. Car il est sûr que quand Schubal met la main sur quelque chose, il y a peu d'espoir de retrouver cela intact... Il avait sûrement dû espérer un gros pourboire de la part de l'oncle ; et si quelque chose manquait à l'appel, il avait bien pu s'en décharger sur M. Butterbaum, à qui après tout la surveillance de la valise avait bien été confiée. | ||
Über den ersten Anblick beim Öffnen des Koffers war Karl entsetzt. Wie viele Stunden hatte er während der Überfahrt darauf verwendet, den Koffer zu ordnen und wieder neu zu ordnen, und jetzt war alles so wild durcheinander hineingestopft, daß der Deckel beim Öffnen des Schlosses von selbst in die Höhe sprang. |
Au premier coup d'oeil jeté en ouvrant la valise, Karl fut terrifié : il avait passé tellement de temps, pendant la traversée, à la ranger et la ranger encore, et voilà que soudain tout y était entassé n'importe comment, au point qu'en ouvrant la serrure, le couvercle avait sauté en l'air tout seul ! | ||
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Bald aber erkannte Karl zu seiner Freude, daß die Unordnung nur darin ihren Grund hatte, daß man seinen Anzug, den er während der Fahrt getragen hatte und für den der Koffer natürlich nicht mehr berechnet gewesen war, nachträglich mit eingepackt hatte. Nicht das geringste fehlte. In der Geheimtasche des Rockes befand sich nicht nur der Paß, sondern auch das von zu Hause mitgenommene Geld, so daß Karl, wenn er jenes, das er bei sich hatte, dazu legte, mit Geld für den Augenblick reichlich versehen war. Auch die Wäsche, die er bei seiner Ankunft auf dem Leib getragen hatte, fand sich vor, rein gewaschen und gebügelt. Er legte auch sofort Uhr und Geld in die bewährte Geheimtasche. Das einzig Bedauerliche war, daß die Veroneser Salami, die auch nicht fehlte, allen Sachen ihren Geruch mitgeteilt hatte. Wenn sich das nicht durch irgendein Mittel beseitigen ließ, hatte Karl die Aussicht, monatelang in diesen Geruch eingehüllt herumzugehen. |
Mais bientôt, à son grand soulagement, Karl se rendit compte que ce désordre était dû simplement au fait que l'on avait rajouté après coup le costume qu'il portait pendant le voyage, et que la valise n'avait pas été prévue pour cela. En fait il ne manquait rien du tout. Dans la poche secrète de sa veste il retrouva non seulement son passeport, mais encore l'argent qu'il avait emporté à son départ, si bien que, avec ce qu'il avait sur lui, il pouvait se considérer pour le moment comme suffisamment pourvu. Le linge qu'il portait à son arrivée était là aussi, bien propre et repassé. Il ajouta aussitôt sa montre et l'argent qu'il avait dans la fidèle poche secrète. Le seul problème était que le saucisson de Vérone, qui était bien là aussi, avait imprégné de son odeur toutes ces affaires. S'il ne trouvait pas un moyen de s'en protéger, Karl se voyait se promener pendant des mois enveloppé de ce parfum... | ||
Beim Hervorsuchen einiger Gegenstände, die zuunterst lagen - es waren dies eine Taschenbibel, Briefpapier und die Photographien der Eltern -, fiel ihm die Mütze vom Kopf und in den Koffer. In ihrer alten Umgebung erkannte er sie sofort, es war seine Mütze, die Mütze, die ihm die Mutter als Reisemütze mitgegeben hatte. Er hatte jedoch aus Vorsicht diese Mütze auf dem Schiff nicht getragen, da er wußte, daß man in Amerika allgemein Mützen statt Hüte trägt, weshalb er die seine nicht schon vor der Ankunft hatte abnützen wollen. Nun hatte sie allerdings Herr Green dazu benützt, um sich auf Karls Kosten zu belustigen. Ob ihm vielleicht auch dazu der Onkel den Auftrag gegeben hatte? Und in einer unabsichtlichen, wütenden Bewegung faßte er den Kofferdeckel, der laut zuklappte. |
Cherchant à extraire de cette valise quelques objets qui se trouvaient au fond - une bible de poche, du papier à lettres, des photos des parents - Karl y laissa tomber sa casquette. En la voyant au milieu de ces objets d'autrefois, Karl la reconnut tout de suite comme étant sa casquette, la casquette que sa mère lui avait donnée pour le voyage. Il ne l'avait pas portée à bord du bateau, par précaution, car il savait qu'en Amérique tout le monde porte des chapeaux et non des casquettes ; et c'est pourquoi il n'avait pas voulu user la sienne avant d'arriver à terre. M. Green s'en était donc servi pour se moquer de lui ? Et si c'était son oncle qui l'y avait incité ? Dans un geste de fureur involontaire, il empoigna le couvercle de sa valise, qui se reclaqua bruyamment. | ||
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Nun war keine Hilfe mehr, die beiden Schläfer waren geweckt. Zuerst streckte sich und gähnte der eine, ihm folgte gleich der andere. Dabei war fast der ganze Kofferinhalt auf dem Tisch ausgeschüttet; wenn es Diebe waren, brauchten sie nur heranzutreten und auszuwählen. Nicht nur um dieser Möglichkeit vorzukommen, sondern um auch sonst gleich Klarheit zu schaffen, ging Karl mit der Kerze in der Hand zu den Betten und erklärte, mit welchem Rechte er hier sei. Sie schienen diese Erklärung gar nicht erwartet zu haben, denn noch viel zu verschlafen, um reden zu können, sahen sie ihn bloß ohne jedes Erstaunen an. Sie waren beide sehr junge Leute, aber schwere Arbeit oder Not hatten ihnen vorzeitig die Knochen aus den Gesichtern vorgetrieben, unordentliche Bärte hingen ihnen ums Kinn, ihr schon lange nicht geschnittenes Haar lag ihnen zerfahren auf dem Kopf, und ihre tiefliegenden Augen rieben und drückten sie nun noch vor Verschlafenheit mit den Fingerknöcheln. |
Il n'y avait plus rien à espérer : les deux dormeurs s'étaient réveillés. Le premier s'étira et se mit à bailler ; l'autre l'imita bientôt. Et le contenu de la valise était presque entièrement étalé sur la table ! Si c'étaient des voleurs, ils n'avaient qu'à approcher, et se servir. Non seulement pour parer à cela, mais aussi pour que tout soit bien clair, Karl prit la bougie à la main, se dirigea vers les lits et expliqua de quel droit il était là. Ils ne semblèrent s'être attendus à de telles explications, trop endormis encore qu'ils étaient pour pouvoir parler, et ils le regardèrent simplement sans le moindre étonnement. Ils étaient de très jeunes gens tous les deux, mais le travail ou la misère avait prématurément creusé les traits de leur visage, une barbe mal soignée leur couvrait le menton, leurs cheveux qui n'avaient pas été coupés depuis longtemps étaient tout embroussaillés, et ils se frottaient les yeux pour lutter contre le sommeil, en enfonçant encore un peu plus leurs yeux déjà creux. | ||
Karl wollte ihren augenblicklichen Schwächezustand ausnützen und sagte deshalb: »Ich heiße Karl Roßmann und bin ein Deutscher. Bitte, sagen Sie mir, da wir doch ein gemeinsames Zimmer haben, auch Ihren Namen und Ihre Nationalität. Ich erkläre nur noch gleich, daß ich keinen Anspruch auf ein Bett habe, da ich so spät gekommen bin und überhaupt nicht die Absicht habe, zu schlafen. Außerdem müssen Sie sich nicht an meinem schönen Kleid stoßen, ich bin völlig arm und ohne Aussichten.« |
Karl voulut profiter de leur faiblesse momentanée pour leur dire : | ||
Der Kleinere von beiden - es war jener, der die Stiefel anhatte - deutete mit Armen, Beinen und Mienen an, daß ihn das alles gar nicht interessiere und daß jetzt überhaupt keine Zeit für derartige Redensarten sei, legte sich nieder und schlief sofort; der andere, ein dunkelhäutiger Mann, legte sich auch wieder nieder, sagte aber noch vor dem Einschlafen mit lässig ausgestreckter Hand: »Der da heißt Robinson und ist Irländer, ich heiße Delamarche, bin Franzose und bitte jetzt um Ruhe.« |
Le plus petit des deux - celui qui portait des bottes - montra en agitant les bras, les jambes, et par sa mimique, que tout cela ne l'intéressait pas, et que de toutes façons, ce n'était pas le moment pour de tels discours. Il se recoucha et se rendormit aussitôt. L'autre, qui avait le teint basané, se recoucha aussi, mais prononça ces mots avant de se rendormir, en agitant faiblement la main : | ||
”Diese Gefahr ist also vorläufig abgewehrt“, sagte sich Karl und kehrte zum Tisch zurück. Wenn ihre Schläfrigkeit nicht Vorwand war, war ja alles gut. Unangenehm war bloß, daß der eine Irländer war. Karl wußte nicht mehr genau, in welchem Buch er einmal zu Hause gelesen hatte, daß man sich in Amerika vor den Irländern hüten solle. Während seines Aufenthaltes beim Onkel hätte er freilich die beste Gelegenheit gehabt, die Frage nach der Gefährlichkeit der Irländer auf den Grund zu gehen, hatte dies aber, weil er sich für immer gut aufgehoben geglaubt hatte, völlig versäumt. Nun wollte er wenigstens mit der Kerze, die er wieder angezündet hatte, diesen Irländer genauer ansehen, wobei er fand, daß gerade dieser erträglicher aussah als der Franzose. Er hatte sogar noch eine Spur von runden Wangen und lächelte im Schlafe ganz freundlich, soweit das Karl aus einiger Entfernung, auf den Fußspitzen stehend, feststellen konnte. |
“Voilà un danger provisoirement écarté”, se dit Karl, et il retourna vers la table. Dans la mesure où leur envie de dormir n'était pas une feinte, tout était pour le mieux. La seule chose ennuyeuse était qu'il y eût un Irlandais. Karl ne savait plus très bien dans quel livre il avait lu, autrefois, à la maison, qu'en Amérique, il fallait se méfier des Irlandais. Pendant qu'il séjournait chez son oncle, il aurait eu bien sûr les meilleures occasions de se renseigner sur les dangers que représentaient les Irlandais, mais il avait complètement négligé de le faire, car il se croyait alors définitivement en sécurité. Il voulut au moins regarder un peu de plus près cet Irlandais, avec la bougie qu'il venait de rallumer, et il trouva qu'il avait une mine plus agréable en somme que celle du Français. Il avait même des joues encore un peu rondelettes, et il souriait gentiment dans son sommeil, pour autant que Karl, à quelque distance et sur la pointe des pieds, pouvait le discerner. | ||
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Trotz allem fest entschlossen, nicht zu schlafen, setzte sich Karl auf den einzigen Stuhl des Zimmers, verschob vorläufig das Packen des Koffers, da er ja dafür die ganze Nacht noch verwenden konnte, und blätterte ein wenig in der Bibel, ohne etwas zu lesen. Dann nahm er die Photographie der Eltern zur Hand, auf welcher der kleine Vater hoch aufgerichtet stand, während die Mutter in dem Fauteuil vor ihm, ein wenig eingesunken, dasaß. Die eine Hand hielt der Vater auf der Rückenlehne des Fauteuils, die andere, zur Faust geballt, auf einem illustrierten Buch, das aufgeschlagen auf einem schwachen Schmucktischchen ihm zur Seite lag. Es gab auch eine andere Photographie, auf welcher Karl mit seinen Eltern abgebildet war. Vater und Mutter sahen ihn dort scharf an, während er nach dem Auftrag des Photographen den Apparat hatte anschauen müssen. Diese Photographie hatte er aber auf die Reise nicht mitgenommen. |
Bien décidé, malgré tout, à ne pas s'endormir, Karl s'installa sur l'unique chaise de la pièce, abandonna provisoirement le rangement de sa valise - après tout, il avait toute la nuit devant lui pour cela - et feuilleta un peu sa Bible, mais sans lire quoi que ce soit. Puis il prit la photo des parents. Son père, qui était de petite taille, s'y tenait bien droit et paraissait grand, alors que sa mère, assise dans un fauteuil devant lui, semblait un peu tassée sur elle-même. Le père avait une main posée sur le dossier du fauteuil, et l'autre, le poing fermé, reposait sur un livre illustré posé à plat sur un petit guéridon qui se trouvait à côté de lui. | ||
Desto genauer sah er die vor ihm liegende an und suchte von verschiedenen Seiten den Blick des Vaters aufzufangen. Aber der Vater wollte, wie er auch den Anblick durch verschiedene Kerzenstellungen änderte, nicht lebendig werden, sein waagerechter, starker Schnurrbart sah der Wirklichkeit auch gar nicht ähnlich, es war keine gute Aufnahme. Die Mutter dagegen war schon besser abgebildet, ihr Mund war so verzogen, als sei ihr ein Leid angetan worden und als zwinge sie sich zu lächeln. Karl schien es, als müsse dies jedem, der das Bild ansah, so sehr auffallen, daß es ihm im nächsten Augenblick wieder schien, die Deutlichkeit dieses Eindrucks sei zu stark und fast widersinnig. Wie könne man von einem Bild so sehr die unumstößliche Überzeugung eines verborgenen Gefühls des Abgebildeten erhalten! Und er sah vom Bild ein Weilchen lang weg. Als er mit den Blicken wieder zurückkehrte, fiel ihm die Hand der Mutter auf, die ganz vorne an der Lehne des Fauteuils herabhing, zum Küssen nahe. |
Il n'en regardait que plus attentivement celle qu'il avait devant lui, et cherchait, en la plaçant sous divers angles, à capter le regard de son père. Mais il avait beau en faire varier l'apparence en modifiant la place de la bougie, son père ne se mettait pas à vivre pour autant ; sa grosse moustache à l'horizontale n'était pas vraiment ressemblante, ce n'était pas une bonne photo. Sa mère, en revanche, était un peu mieux représentée : sa bouche était pincée comme si on venait de lui faire du mal et qu'elle se forçait néanmoins à sourire. Karl eut vraiment l'impression que cela devait sauter aux yeux de quiconque regardait cette photo, tellement que l'instant d'après il trouva au contraire cette impression exagérée et même un peu idiote. Comment une photo pourrait-elle susciter une conviction aussi inébranlable quant aux sentiments cachés de la personne représentée ? Et pendant un instant, il regarda ailleurs. Mais quand il y revint, son regard tomba sur la main de sa mère qui semblait pendre devant le bras du fauteuil, tout près, comme pour être embrassée. | ||
Er dachte, ob es nicht vielleicht doch gut wäre, den Eltern zu schreiben, wie sie es ja tatsächlich beide (und der Vater zuletzt sehr streng in Hamburg) von ihm verlangt hatten. Er hatte sich freilich damals, als ihm die Mutter am Fenster an einem schrecklichen Abend die Amerikareise angekündigt hatte, unabänderlich zugeschworen, niemals zu schreiben, aber was galt ein solcher Schwur eines unerfahrenen Jungen hier in den neuen Verhältnissen! Ebensogut hätte er damals schwören können, daß er nach zwei Monaten amerikanischen Aufenthalts General der amerikanischen Miliz sein werde, während er tatsächlich in einer Dachkammer mit zwei Lumpen beisammen war, in einem Wirtshaus vor New York, und außerdem zugeben mußte, daß er hier wirklich an seinem Platze war. Und lächelnd prüfte er die Gesichter der Eltern, als könne man aus ihnen erkennen, ob sie noch immer das Verlangen hatten, eine Nachricht von ihrem Sohn zu bekommen. |
Il se demanda s'il ne devrait pas, tout de même, écrire à ses parents, comme ils le lui avaient d'ailleurs demandé de le faire tous les deux (et son père avec insistance, à Hambourg, au dernier moment). Bien sûr, à l'époque, lors de cette horrible soirée où sa mère, assise dans son fauteuil, lui avait annoncé qu'il allait partir en Amérique, il s'était bien juré de ne jamais leur écrire... Mais que valait le serment d'un garçon qui n'était jamais sorti de chez lui, dans la situation présente ? Il aurait aussi bien pu jurer à ce moment-là qu'au bout de deux mois en Amérique il serait Général de la milice fédérale ! Et en fait, maintenant, il se trouvait dans une soupente avec deux voyous, dans une auberge près de New-York, et en plus de ça, il était bien obligé de reconnaître que c'était peut-être là sa véritable place ! Et c'est en souriant qu'il se mit à examiner le visage de ses parents, comme pour y déceler s'ils avaient encore vraiment envie d'avoir des nouvelles de leur fils. | ||
In diesem Anschauen merkte er bald, daß er doch sehr müde war und kaum die Nacht werde durchmachen können. Das Bild entfiel seinen Händen, dann legte er das Gesicht auf das Bild, dessen Kühle seiner Wange wohltat, und mit einem angenehmen Gefühl schlief er ein. |
Tout à sa contemplation, il s'aperçut pourtant bientôt qu'il était très fatigué, et qu'il ne pourrait certainement pas tenir toute la nuit. La photo lui tomba des mains, il y posa son visage ; la fraîcheur en fut agréable à sa joue, et c'est avec cette sensation plaisante qu'il s'endormit. | ||
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Geweckt wurde er früh durch das Kitzeln unter der Achsel. Es war der Franzose, der sich diese Zudringlichkeit erlaubte. Aber auch der Irländer stand schon vor Karls Tisch und beide sahen ihn mit keinem geringeren Interesse an, als es Karl in der Nacht ihnen gegenüber getan hatte. Karl wunderte sich nicht darüber, daß ihn ihr Aufstehen nicht schon geweckt hatte; sie mußten durchaus nicht aus böser Absicht besonders leise aufgetreten sein, denn er hatte tief geschlafen und außerdem hatte ihnen das Anziehen und offenbar auch das Waschen nicht viel Arbeit gemacht. |
Il fut réveillé de bonne heure en sentant qu'on le chatouillait sous les bras. C'était le Français, qui se permettait cette familiarité. Mais bientôt l'Irlandais lui aussi vint se poster devant la table de Karl, et tous deux le regardèrent avec non moins d'intérêt que Karl n'en avait manifesté à leur égard pendant la nuit. Karl ne fut pas étonné qu'ils ne l'aient pas réveillé en se levant : ce n'était certainement pas par mauvaise intention, il dormait si profondément ! Et de toute évidence, ils n'avaient pas dû bouger beaucoup pour s'habiller... non plus que pour se laver ! | ||
Nun begrüßten sie einander ordentlich und mit einer gewissen Förmlichkeit, und Karl erfuhr, daß die beiden Maschinenschlosser waren, die in New York schon lange Zeit keine Arbeit hatten bekommen können und infolgedessen ziemlich heruntergekommen waren. Robinson öffnete zum Beweise dessen seinen Rock, und man konnte sehen, daß kein Hemd da war, was man allerdings auch schon an dem lose sitzenden Kragen hätte erkennen können, der hinten am Rock befestigt war. Sie hatten die Absicht, in das zwei Tagereisen von New York entfernte Städtchen Butterford zu marschieren, wo angeblich Arbeitsstellen frei waren. Sie hatten nichts dagegen, daß Karl mitkomme, und versprachen ihm erstens, zeitweilig seinen Koffer zu tragen, und zweitens, falls sie selbst Arbeit bekommen sollten, ihm eine Lehrlingsstelle zu verschaffen, was, wenn nur überhaupt Arbeit vorhanden sei, eine Leichtigkeit wäre. |
Cette fois ils se saluèrent, en y mettant un peu les formes. Karl apprit qu'il avait affaire à deux ouvriers mécaniciens, qui étaient restés un bon moment sans pouvoir trouver de travail à New-York, et que de ce fait ils se trouvaient fort démunis. Pour le prouver, Robinson ouvrit sa veste, faisant voir qu'il n'avait pas de chemise ; et d'ailleurs on pouvait aussi s'en apercevoir en observant son faux-col, qui flottait librement et n'était fixé que par derrière à la veste elle-même. Leur intention était d'aller jusqu'à la petite ville de Butterford, à deux jours de marche de New-York, où il y avait du travail, paraît-il. Ils n'avaient rien contre le fait que Karl les accompagne, et ils lui promettaient d'une part de lui porter de temps à autre sa valise, et d'autre part, s'ils trouvaient à se faire embaucher eux-mêmes, de lui obtenir une place d'apprenti, ce qui ne serait pas bien difficile s'il y avait du travail. | ||
Karl hatte noch kaum zugestimmt, als sie ihm schon freundschaftlich den Rat gaben, das schöne Kleid auszuziehen, da es ihm bei jeder Bewerbung um eine Stelle hinderlich sein werde. Gerade in diesem Hause sei eine gute Gelegenheit, das Kleid loszuwerden, denn die Zimmerfrau betreibe einen Kleiderhandel. Sie halfen Karl, der auch rücksichtlich des Kleides noch nicht ganz entschlossen war, aus dem Kleid heraus und trugen es davon. Als Karl, allein gelassen und ein wenig schlaftrunken, sein altes Reisekleid noch langsam anzog, machte er sich Vorwürfe, das Kleid verkauft zu haben, das ihm vielleicht bei der Bewerbung um eine Lehrlingsstelle schaden, bei der um einen besseren Posten aber nur nützen konnte, und er öffnete die Tür, um die beiden zurückzurufen, stieß aber schon mit ihnen zusammen, die einen halben Dollar als Erlös auf den Tisch legten, dabei aber so fröhliche Gesichter machten, daß man sich unmöglich dazu überreden konnte, sie hätten bei dem Verkauf nicht auch ihren Verdienst gehabt, und zwar einen ärgerlich großen. |
Karl avait encore à peine accepté que déjà ils lui donnaient le conseil amical de quitter son beau costume, qui selon eux ne serait qu'un inconvénient pour lui dans sa recherche d'un emploi. Et justement, dans cette maison, il y avait une bonne occasion pour se défaire de ce vêtement : la vieille faisait aussi un peu la fripe. Ils aidèrent donc Karl, qui renâclait un peu pour ça aussi, à se dépouiller de son costume et l'emportèrent. Laissé seul, Karl, encore mal réveillé, enfila lentement les vieux vêtements qu'il portait pendant le voyage, et se reprocha d'avoir vendu son costume, qui eût peut-être été gênant pour un poste d'apprenti, mais qui ne pouvait que lui être favorable au contraire dans la recherche d'un emploi plus intéressant et il ouvrit la porte pour rappeler les deux autres. Mais il se trouva en face d'eux, déjà revenus, et qui posèrent sur la table le demi-dollar qu'ils avaient réussi à tirer de ça ; mais ils arboraient une mine tellement réjouie, qu'il était difficile de ne pas penser qu'ils s'étaient déjà servis au passage - et même très largement. | ||
Es war übrigens keine Zeit, sich darüber auszusprechen, denn die Zimmerfrau kam herein, genau so verschlafen wie in der Nacht, und trieb alle drei auf den Gang hinaus, mit der Erklärung, daß das Zimmer für neue Gäste hergerichtet werden müsse. Davon war aber natürlich keine Rede, sie handelte nur aus Bosheit. Karl, der seinen Koffer gerade hatte ordnen wollen, mußte zusehen, wie die Frau seine Sachen mit beiden Händen packte und mit einer Kraft in den Koffer warf, als seien es irgendwelche Tiere, die man zum Kuschen bringen mußte. Die beiden Schlosser machten sich zwar um sie zu schaffen, zupften sie an ihrem Rock, beklopften ihren Rücken, aber wenn sie die Absicht hatten, Karl damit zu helfen, so war das ganz verfehlt. Als die Frau den Koffer zugeklappt hatte, drückte sie Karl den Halter in die Hand, schüttelte die Schlosser ab und jagte alle drei mit der Drohung aus dem Zimmer, daß sie, wenn sie nicht folgten, keinen Kaffee bekommen würden. Die Frau mußte offenbar gänzlich vergessen haben, daß Karl nicht von allem Anfang an zu den Schlossern gehört hatte, denn sie behandelte sie als eine einzige Bande. Allerdings hatten die Schlosser Karls Kleid ihr verkauft und damit eine gewisse Gemeinsamkeit erwiesen. |
Ce n'était de toutes façons pas le moment de demander des explications, car la vieille arrivait déjà, toujours aussi endormie, et les poussa tous les trois dans le couloir, en leur expliquant que la chambre devait être faite pour de nouveaux arrivants. Mais de nouveaux arrivants, il n'était naturellement pas du tout question, c'était pure méchanceté de sa part. Karl, qui aurait bien voulu mettre tout de suite de l'ordre dans sa valise, ne put rien faire d'autre que de regarder cette femme ramasser toutes ses affaires des deux mains et les flanquer comme ça dedans, comme s'il s'agissait de bêtes qu'il fallait faire rentrer à la niche. Les deux mécaniciens s'efforcèrent bien de l'embêter, tirant sur sa jupe, lui flanquant des tapes dans le dos, mais s'ils pensaient en faisant cela rendre service à Karl, c'était complètement raté. Quand la vieille eut reclaqué le couvercle, elle mit la poignée dans la main de Karl, envoya promener les deux autres, et les chassa tous les trois dans le couloir, en les menaçant, s'ils n'obéissaient pas, de les priver de café. La vieille avait manifestement oublié que Karl n'était pas avec les mécaniciens depuis le début, car elle les traitait comme s'ils étaient de la même bande. Et après tout, ils lui avaient bien vendu les vêtements de Karl : preuve qu'ils étaient bien ensemble. | ||
Auf dem Gange mußten sie lange hin und her gehen, und besonders der Franzose, der sich in Karl eingehängt hatte, schimpfte ununterbrochen, drohte, den Wirt, wenn er sich vorwagen sollte, niederzuboxen, und es schien eine Vorbereitung dazu zu sein, daß er die geballten Fäuste rasend aneinander rieb. Endlich kam ein unschuldiger kleiner Junge, der sich strecken mußte, als er dem Franzosen die Kaffeekanne reichte. Leider war nur eine Kanne vorhanden, und man konnte dem Jungen nicht begreiflich machen, daß noch Gläser erwünscht wären. So konnte immer nur einer trinken und die beiden anderen standen vor ihm und warteten. Karl hatte keine Lust zu trinken, wollte aber die anderen nicht kränken und stand also, wenn er an der Reihe war, untätig da, die Kanne an den Lippen. |
Dans le couloir, ils durent piétiner longtemps en attendant ; le Français, en particulier, qui avait pris Karl par le bras, ne cessait de ronchonner, et menaçait d'assommer l'hôtelier s'il osait se montrer ; il semblait même s'y préparer, car il avait serré les poings et les frottait furieusement l'un contre l'autre. Enfin un petit garçon bien innocent arriva, qui dut se dresser sur la pointe des pieds pour tendre la cafetière au Français. Il n'y avait malheureusement rien que la cafetière, et il fut impossible de faire comprendre au gamin qu'on eût aimé avoir aussi des verres... Il n'y en avait donc qu'un seul qui pouvait boire à la fois tandis que les deux autres attendaient debout devant lui. Karl n'avait aucune envie de boire, mais il ne voulait pas vexer les autres, et quand ce fut son tour, il posa les lèvres sur le bord de la cafetière, sans plus. | ||
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Zum Abschied warf der Irländer die Kanne auf die steinernen Fliesen hin. Sie verließen, von niemandem gesehen, das Haus und traten in den dichten, gelblichen Morgennebel. Sie marschierten im allgemeinen still nebeneinander am Rande der Straße, Karl mußte seinen Koffer tragen, die anderen würden ihn wahrscheinlich erst auf seine Bitte ablösen; hie und da schoß ein Automobil aus dem Nebel, und die drei drehten ihre Köpfe nach den meist riesenhaften Wagen, die so auffällig in ihrem Bau und so kurz in ihrer Erscheinung waren, daß man nicht Zeit hatte, auch nur das Vorhandensein von Insassen zu bemerken. Später begannen die Kolonnen von Fuhrwerken, welche Lebensmittel nach New York brachten, und die in fünf die ganze Breite der Straße einnehmenden Reihen so ununterbrochen dahinzogen, daß niemand die Straße hätte überqueren können. |
En guise d'adieu, l'Irlandais jeta la cafetière sur le dallage, et ils quittèrent l'auberge sans que personne ne les voie, s'enfonçant dans la brume matinale, épaisse et jaunâtre. Ils marchaient sans dire un mot les uns à côté des autres sur le bas-côté de la route. Karl était obligé de porter sa valise, que les autres ne porteraient certainement que s'il le leur demandait. De temps en temps, une auto surgissait du brouillard, et tous les trois tournaient la tête vers ces automobiles énormes, aux carrosseries ostentatoires, qui apparaissaient et disparaissaient tellement vite qu'on n'avait même pas le temps de voir si des passagers se trouvaient à l'intérieur. Puis commencèrent à défiler des colonnes de camions, apportant du ravitaillement à New-York, qui occupaient de front, sur cinq rangs, toute la largeur de la chaussée, et qui se suivaient de si près que personne n'aurait osé traverser la chaussée. | ||
Von Zeit zu Zeit verbreiterte sich die Straße zu einem Platz, in dessen Mitte auf einer turmartigen Erhöhung ein Polizist auf und ab schritt, um alles übersehen und mit einem Stöckchen den Verkehr auf der Hauptstraße sowie den von den Seitenstraßen hier einmündenden Verkehr ordnen zu können, der dann bis zum nächsten Platze und zum nächsten Polizisten unbeaufsichtigt blieb, aber von den schweigenden und aufmerksamen Kutschern und Chauffeuren freiwillig in genügender Ordnung gehalten wurde. Über die allgemeine Ruhe staunte Karl am meisten. Wäre nicht das Geschrei der sorglosen Schlachttiere gewesen, man hätte vielleicht nichts gehört als das Klappern der Hufe und das Sausen der Antiderapants. Dabei war die Fahrtschnelligkeit natürlich nicht immer die gleiche. Wenn auf einzelnen Plätzen infolge allzu großen Andrangs von den Seiten große Umstellungen vorgenommen werden mußten, stockten die ganzen Reihen und fuhren nur Schritt für Schritt, dann aber kam es auch wieder vor, daß für ein Weilchen alles blitzschnell vorbeijagte, bis es, wie von einer einzigen Bremse regiert, sich wieder besänftigte. |
De temps en temps, la chaussée s'élargissait pour former une place, au milieu de laquelle, sur une élévation en forme de tour, un policier allait et venait, pour pouvoir surveiller tout ce traffic et régler de son petit bâton la circulation sur l'avenue aussi bien que celle des rues latérales qui venait y confluer, et qui demeurait sans surveillance jusqu'à la prochaine place et au prochain agent ; mais les chauffeurs et les voituriers veillaient de bonne grâce à ce que tout cela se fasse en bon ordre. Karl s'étonnait surtout que tout cela se fît dans le calme. S'il n'y avait eu les plaintes des animaux menés à leur insu aux abattoirs, on n'eût rien entendu de plus que le claquement des fers des chevaux et le crissement des pneus. Mais naturellement, la vitesse de déplacement n'était pas toujours la même. Quand sur une place une réorganisation globale devenait nécessaire du fait de l'irruption de flots importants sur les côtés, l'ensemble des files se bloquait, et n'avançait plus que pas à pas ; puis il se produisait de nouveau un démarrage qui faisait que tout avançait à toute vitesse pendant un instant, avant de reprendre son cours normal, comme obéissant à un frein unique. | ||
Dabei stieg von der Straße nicht der geringste Staub auf, alles bewegte sich in der klarsten Luft. Fußgänger gab es keine, hier wanderten keine einzelnen Marktweiber zur Stadt wie in Karls Heimat, aber doch erschienen hie und da große, flache Automobile, auf denen an zwanzig Frauen mit Rückenkörben, also doch vielleicht Marktweiber, standen und die Hälse streckten, um den Verkehr zu überblicken und sich Hoffnung auf raschere Fahrt zu holen. Dann sah man ähnliche Automobile, auf denen einzelne Männer, die Hände in den Hosentaschen, herumspazierten. Auf einem dieser Automobile, die verschiedene Aufschriften trugen, las Karl unter einem kleinen Aufschrei: »Hafenarbeiter für die Spedition Jakob aufgenommen.« Der Wagen fuhr gerade ganz langsam, und ein auf der Wagentreppe stehender kleiner, gebückter, lebhafter Mann lud die drei Wanderer zum Einsteigen ein. Karl flüchtete sich hinter die Schlosser, als könne sich auf dem Wagen der Onkel befinden und ihn sehen. Er war froh, daß auch die beiden die Einladung ablehnten, wenn ihn auch der hochmütige Gesichtsausdruck gewissermaßen kränkte, mit dem sie das taten. Sie mußten durchaus nicht glauben, daß sie zu gut waren, um in die Dienste des Onkels zu treten. Er gab es ihnen, wenn auch natürlich nicht ausdrücklich, sofort zu verstehen. |
De la route ne s'élevait pas la moindre poussière, tout cela se déplaçait dans l'air le plus limpide. On ne voyait aucun piéton, pas de femmes se rendant au marché comme dans le pays de Karl, mais ici ou là surgissaient de grands camions avec des plate-formes à l'arrière, sur lesquelles une vingtaine de femmes au moins se tenaient dressées, portant des paniers sur le dos, et peut-être après tout allaient-elles au marché. Elles tendaient le cou pour observer la circulation, et comme pour y trouver l'espoir de pouvoir aller plus vite. Puis on voyait des camions du même genre, sur lesquels des hommes, allaient et venaient, les mains dans les poches. Sur l'un de ces camions, portant diverses inscriptions, Karl put lire, en poussant un petit cri : « On recherche des dockers pour les Transports Jakob ». Et ce camion, d'ailleurs, avançait très lentement, et un petit homme vif, perché sur le marchepied, se pencha vers eux et leur fit signe de monter. Karl se dissimula derrière les deux autres, comme si son oncle pouvait se trouver sur le camion et le voir. Il fut content de voir que ses compagnons déclinaient l'offre, mais en même temps, il souffrit de voir avec quelle moue méprisante ils le faisaient. Il ne fallait tout de même pas qu'ils s'imaginent qu'il était indigne d'eux d'entrer au service de son oncle ! C'est ce qu'il leur laissa entendre aussitôt, mais bien sûr, pas de façon explicite. | ||
Darauf bat ihn Delamarche, sich gefälligst nicht in Sachen einzumischen, die er nicht verstehe; diese Art, Leute aufzunehmen, sei ein schändlicher Betrug, und die Firma Jakob sei berüchtigt in den ganzen Vereinigten Staaten. Karl antwortete nicht, hielt sich aber von nun an mehr an den Irländer, er bat ihn auch, ihm jetzt ein wenig den Koffer zu tragen, was dieser, nachdem Karl seine Bitte mehrmals wiederholt hatte, auch tat. Nur klagte er ununterbrochen über die Schwere des Koffers, bis es sich zeigte, daß er nur die Absicht hatte, den Koffer um die Veroneser Salami zu erleichtern, die ihm wohl schon im Hotel angenehm aufgefallen war. Karl mußte sie auspacken, der Franzose nahm sie zu sich, um sie mit seinem dolchartigen Messer zu behandeln und fast ganz allein aufzuessen. Robinson bekam nur hie und da eine Schnitte, Karl dagegen, der wieder den Koffer tragen mußte, wenn er ihn nicht auf der Landstraße stehen lassen wollte, bekam nichts, als hätte er sich seinen Anteil schon im voraus genommen. Es schien ihm zu kleinlich, um ein Stückchen zu betteln, aber die Galle regte sich in ihm. |
Sur quoi Delamarche le pria de ne pas se mêler de choses qu'il ne comprenait pas : cette histoire d'embauche n'était qu'une honteuse escroquerie, et la firme Jakob avait une déplorable réputation dans tous les États-Unis. Karl ne répondit rien, mais il se tint désormais plutôt du côté de l'Irlandais, et lui demanda s'il voulait bien lui porter un peu sa valise, ce qu'il fit, mais seulement quand Karl eut répété sa demande plusieurs fois. Et maintenant il ne cessait de se plaindre du poids cette valise, ce qui montrait simplement qu'il n'avait en fait qu'un objectif, celui de délester ladite valise du saucisson de Vérone qu'elle contenait, et qui lui avait certainement fait une excellent impression dès le premier moment à l'hôtel. Karl dut le déballer, le Français s'en empara pour le découper avec son couteau qui ressemblait à un poignard, et le mangea presque en entier à lui tout seul. Robinson n'en obtint qu'une rondelle par-ci, par-là, et Karl, obligé de nouveau de porter la valise, s'il ne voulait pas l'abandonner sur la route, n'eut droit à rien, comme s'il avait déjà pris sa part avant eux. En réclamer un petit morceau lui parut mesquin, mais il en fut très contrarié. | ||
Aller Nebel war schon verschwunden, in der Ferne erglänzte ein hohes Gebirge, das mit welligem Kamm in noch ferneren Sonnendunst führte. An der Seite der Straße lagen schlecht bebaute Felder, die sich um große Fabriken hinzogen, die dunkel angeraucht im freien Lande standen. In den wahllos hingestellten einzelnen Mietskasernen zitterten die vielen Fenster in der mannigfaltigsten Bewegung und Beleuchtung, und auf all den kleinen, schwachen Balkonen hatten Frauen und Kinder vielerlei zu tun, während um sie herum, sie verdeckend und enthüllend, aufgehängte und hingelegte Tücher und Wäschestücke im Morgenwind flatterten und mächtig sich bauschten. Glitten die Blicke von den Häusern ab, dann sah man Lerchen hoch am Himmel fliegen und unten wieder die Schwalben, nicht allzuweit über den Köpfen der Fahrenden. |
La brume avait maintenant disparu, et dans les lointains, une haute montagne brillait, dont les sommets semblaient onduler plus loin encore dans des brumes que le soleil faisait se disperser. Le long de la route s'étendaient des champs mal entretenus, entourant de grandes fabriques qui se dressaient, noires de fumée, au milieu de la campagne. Sur les façades des grands blocs d'habitation, qui semblaient jetés ça et là, au hasard, les innombrables fenêtres étaient comme agitées de mouvements et moirées de lumières changeantes, et sur les frêles petits balcons, des femmes et des enfants s'agitaient, entourés et par moments dissimulés par des linges mis à sécher et suspendus, qui gonflaient et s'agitaient puissamment dans le vent du matin. En détournant le regard des immeubles, on pouvait apercevoir des alouettes qui volaient haut dans le ciel, et un peu plus bas, des hirondelles, rasant la tête des voyageurs. | ||
Vieles erinnerte Karl an seine Heimat und er wußte nicht, ob er gut daran tue, New York zu verlassen und in das Innere des Landes zu gehen. In New York war das Meer und zu jeder Zeit die Möglichkeit der Rückkehr in die Heimat. Und so blieb er stehen und sagte zu seinen beiden Begleitern, er habe doch wieder Lust, in New York zu bleiben. Und als Delamarche ihn einfach weitertreiben wollte, ließ er sich nicht treiben und sagte, daß er doch wohl noch das Recht habe, über sich zu entscheiden. Der Irländer mußte erst vermitteln und erklären, daß Butterford viel schöner als New York sei, und beide mußten ihn noch sehr bitten, ehe er wieder weiterging. Und selbst dann wäre er noch nicht gegangen, wenn er sich nicht gesagt hätte, daß es für ihn vielleicht besser sei, an einen Ort zu kommen, wo die Möglichkeit der Rückkehr in die Heimat keine so leichte sei. Gewiß werde er dort besser arbeiten und vorwärtskommen, da ihn keine unnützen Gedanken hindern würden. |
Beaucoup de choses rappelaient à Karl son pays natal, et il se demandait s'il faisait bien de quitter New-York pour s'enfoncer dans l'intérieur du pays. À New-York, il y avait la mer, et à tout instant, la possibilité de rentrer au pays. Alors il s'arrêta et resta planté là, disant à ses deux compagnons qu'il aimerait quand même mieux rester à New-York. Et comme Delamarche voulait le pousser en avant, il ne se laissa pas faire, et déclara qu'il avait tout de même bien le droit de décider par lui-même de ce qu'il devait faire. L'Irlandais dut alors s'entremettre et expliquer que Butterforf était bien plus beau que New-York, et tous deux durent supplier Karl pour qu'il consente à repartir. Et encore ne serait-il pas reparti, s'il ne s'était dit qu'il vaudrait peut-être mieux pour lui aller en quelque endroit où la possibilité du retour au pays serait moins facile : il travaillerait et réussirait mieux là-bas certainement, car il n'y serait pas freiné par de vaines pensées. | ||
Und nun war er es, der die beiden anderen zog, und sie freuten sich so sehr über seinen Eifer, daß sie, ohne sich erst bitten zu lassen, den Koffer abwechselnd trugen und Karl gar nicht recht verstand, womit er ihnen eigentlich diese Freude verursache. Sie kamen in eine ansteigende Gegend, und wenn sie hie und da stehenblieben, konnten sie beim Rückblick das Panorama New Yorks und seines Hafens immer ausgedehnter sich entwickeln sehen. Die Brücke, die New York mit Brooklyn verbindet, hing zart über den East River, und sie erzitterte, wenn man die Augen klein machte. Sie schien ganz ohne Verkehr zu sein, und unter ihr spannte sich das unbelebte, glatte Wasserband. Alles in beiden Riesenstädten schien leer und nutzlos aufgestellt. Unter den Häusern gab es kaum einen Unterschied zwischen den großen und den kleinen. In der unsichtbaren Tiefe der Straßen ging wahrscheinlich das Leben fort nach seiner Art, aber über ihnen war nichts zu sehen als leichter Dunst, der sich zwar nicht bewegte, aber ohne Mühe verjagbar zu sein schien. Selbst in den Hafen, den größten der Welt, war Ruhe eingekehrt, und nur hie und da glaubte man, wohl beeinflußt von der Erinnerung an einen früheren Anblick aus der Nähe, ein Schiff zu sehen, das eine kurze Strecke sich fortschob. Aber man konnte ihm auch nicht lange folgen, es entging den Augen und war nicht mehr zu finden. |
Et c'était lui, maintenant, qui entraînait les deux autres, et ils se réjouissaient tant de son zèle qu'ils portèrent tour à tour sa valise sans même qu'il eût à le leur demander ; et Karl ne comprenait pas très bien ce qui avait pu leur causer un tel contentement. Ils arrivèrent dans une montée, et en s'arrêtant de temps à autre, ils pouvaient voir de plus en plus largement, en se retournant, le panorama de New-York et de son port. Le pont qui relie New-York à Brooklyn flottait comme suspendu au-dessus de l'East River, et semblait trembler quand on fermait un peu les yeux. On eût dit qu'il n'y avait aucune circulation là-dessus, et en dessous se déroulait le lisse ruban de l'eau. Dans les deux gigantesques villes, tout semblait livré à la vacuité, et disposé inutilement. On ne voyait quasiment pas de différence entre les petites maisons et les grandes. Dans les profondeurs insondables des rues, la vie suivait probablement son cours comme d'habitude, mais eux ne pouvaient en apercevoir qu'une légère brume, qui bougeait à peine, quand il semblait pourtant que le moindre mouvement eût été capable de la disperser. Et dans le port lui-même, ce port le plus grand du monde, le calme était maintenant revenu. C'est tout juste si, de temps à autre, peut-être à cause de ce que l'on avait pu voir de près avant, on pouvait croire qu'un bateau bougeait un peu. Mais on ne pouvait le suivre bien longtemps, il disparaissait, et on ne parvenait plus à le retrouver. | ||
Aber Delamarche und Robinson sahen offenbar viel mehr, sie zeigten nach rechts und links und überwölbten mit den ausgestreckten Händen Plätze und Gärten, die sie mit Namen benannten. Sie konnten es nicht begreifen, daß Karl über zwei Monate in New York gewesen war und kaum etwas anderes von der Stadt gesehen hatte als eine Straße. Und sie versprachen ihm, wenn sie in Butterford genug verdient hätten, mit ihm nach New York zu gehen und ihm alles Sehenswerte zu zeigen und ganz besonders natürlich jene Örtlichkeiten, wo man sich bis zum Seligwerden unterhielt. Und Robinson begann im Anschluß daran mit vollem Mund ein Lied zu singen, das Delamarche mit Händeklatschen begleitete und das Karl als eine Operettenmelodie aus seiner Heimat erkannte, die ihm hier mit einem englischen Text viel besser gefiel, als sie ihm je zu Hause gefallen hatte. So gab es eine kleine Vorstellung im Freien, an der alle Anteil nahmen, nur die Stadt unten, die sich angeblich bei dieser Melodie unterhielt, schien gar nichts davon zu wissen. |
Mais Delamarche et Robinson, eux, voyaient de toute évidence bien d'autres choses qu'ils montraient à droite et à gauche, des places et des jardins qu'ils semblaient saisir dans le creux de leurs mains, et dont ils prononçaient les noms. Ils ne parvenaient pas à comprendre comment Karl, qui avait vécu deux mois à New-York, ne connaissait de la ville à peu près qu'une seule rue. Et ils lui promirent que, quand ils auraient gagné assez d'argent à Buttreford, ils reviendraient à New-York avec lui pour lui montrer tout ce qu'il y a à voir, et bien entendu spécialement ces endroits où l'on peut s'amuser jusqu'à atteindre la parfaite félicité. Et là-dessus Robinson entonna à pleine voix une chanson que Delamarche accompagna en frappant dans ses mains, une chanson que Karl reconnut pour être un air d'opérette de son pays, et qu'il savoura encore plus ici, en anglais, qu'il ne l'avait fait autrefois chez lui. Cela donna lieu à un petit numéro en plein air, auquel tous prirent part ; mais en bas, la ville, qui pourtant à en croire la chanson s'amusait bien, semblait ne rien en savoir du tout. | ||
Einmal fragte Karl, wo denn die Spedition Jakob liege, und sofort sah er Delamarches und Robinsons ausgestreckte Zeigefinger vielleicht auf den gleichen, vielleicht auf meilenweit entfernte Punkte gerichtet. Als sie dann weitergingen, fragte Karl, wann sie frühestens mit genügendem Verdienst nach New York zurückkehren könnten. Delamarche sagte, das könne schon ganz gut in einem Monat sein, denn in Butterford sei Arbeitermangel und die Löhne seien hoch. Natürlich würden sie ihr Geld in eine gemeinsame Kasse legen, damit zufällige Unterschiede im Verdienst unter ihnen als Kameraden ausgeglichen würden. Die gemeinsame Kasse gefiel Karl nicht, obwohl er als Lehrling natürlich weniger verdienen würde als ausgelernte Arbeiter. Überdies erwähnte Robinson, daß sie natürlich, wenn in Butterford keine Arbeit wäre, weiterwandern müßten, entweder um als Landarbeiter irgendwo unterzukommen oder vielleicht nach Kalifornien in die Goldwäscherei zu gehen, was, nach Robinsons ausführlichen Erzählungen zu schließen, sein liebster Plan war. |
À un moment, Karl demanda où se trouvait la maison de transports Jakob, et il vit Delamarche et Robinson désigner du doigt, peut-être le même endroit, peut-être bien aussi deux endroits distants de plusieurs miles. Et comme ils avançaient de nouveau, Karl leur demanda quand ils pensaient pouvoir revenir au plus tôt à New-York en ayant gagné assez d'argent. Delamarche répondit que cela pourrait bien être dans un mois, car à Butterford, on manquait de bras, et les salaires y étaient élevés. Et bien entendu, en tant que camarades, ils mettraient leur argent dans la caisse commune, pour que soient gommées les éventuelles différences de gain entre eux. Cette idée de caisse commune ne plut pas du tout à Karl, bien que pourtant, en tant qu'apprenti, son salaire dût évidemment être plus faible que celui des ouvriers qualifiés. Mais de plus, Robinson déclara que bien sûr, s'il n'y avait pas de travail à Butterford, ils devraient aller plus loin, soit pour trouver du travail aux champs n'importe où, soit pour aller jusqu'en Californie et s'y faire chercheurs d'or, ce qui, selon les récits détaillés qu'il en faisait, était manifestement son projet préféré. | ||
»Warum sind Sie denn Schlosser geworden, wenn Sie jetzt in die Goldwäscherei wollen?« fragte Karl, der ungern von der Notwendigkeit solcher weiten, unsicheren Reisen hörte. |
— Pourquoi donc êtes-vous devenu mécanicien, puisque maintenant vous voulez être chercheur d'or ? dit Karl, qui n'aimait guère entendre parler de la nécessité de tels voyages incertains et prolongés. | ||
Während des Tages machten sie nur einmal in einem Wirtshaus halt und aßen davor im Freien an einem, wie es Karl schien, eisernen Tisch fast rohes Fleisch, das man mit Messer und Gabel nicht zerschneiden, sondern nur zerreißen konnte. Das Brot hatte eine walzenartige Form, und in jedem Brotlaib steckte ein langes Messer. Zu diesem Essen wurde eine schwarze Flüssigkeit gereicht, die im Halse brannte. Delamarche und Robinson schmeckte sie aber, sie erhoben oft auf die Erfüllung verschiedener Wünsche ihre Gläser und stießen miteinander an, wobei sie ein Weilchen lang in der Höhe Glas an Glas hielten. Am Nebentisch saßen Arbeiter in kalkbespritzten Blusen, und alle tranken die gleiche Flüssigkeit. Automobile, die in Mengen vorüberfuhren, warfen Schwaden von Staub über die Tische hin. Große Zeitungsblätter wurden herumgereicht, man sprach erregt vom Streik der Bauarbeiter, der Name Mack wurde öfters genannt. Karl erkundigte sich über ihn und erfuhr, daß dies der Vater des ihm bekannten Mack und der größte Bauunternehmer von New York war. Der Streik kostete ihn Millionen und bedrohte vielleicht seine geschäftliche Stellung. Karl glaubte kein Wort von diesem Gerede schlecht unterrichteter, übelwollender Leute. |
De toute la journée, ils ne firent halte qu'une seule fois dans une auberge, où ils mangèrent dehors, sur une table qui parut à Karl être en fer, une viande quasiment crue, qu'on ne pouvait parvenir à couper avec un couteau et une fourchette, mais seulement déchiqueter. Le pain avait la forme de grosses boules, et dans chaque miche était planté un grand couteau. Ce repas était accompagné d'un liquide noirâtre, qui vous brûlait la gorge. Mais Delamarche et Robinson aimaient ça : ils levaient souvent leur verre à la réalisation de voeux les plus divers, ils trinquaient en maintenant longtemps leurs verres l'un contre l'autre. À côté d'eux, des tables étaient occupées par des ouvriers en bleu de travail avec des taches de chaux, et tous avalaient le même breuvage. Les voitures qui circulaient en grand nombre tout autour projetaient des nuages de poussière jusque sur les tables. On se passait de grands journaux, on parlait de la grève des ouvriers du bâtiment, et le nom de Mack revenait souvent. Karl se renseigna et apprit qu'il s'agissait du père de celui qu'il connaissait, et que c'était le plus gros entrepreneur de New-York. La grève lui coûtait des millions, et risquait de mettre en péril ses affaires. Karl ne crut pas un mot de ces ragots venant de gens mal informés et malintentionnés. | ||
Verbittert wurde das Essen für Karl außerdem dadurch, daß es sehr fraglich war, wie das Essen gezahlt werden sollte. Das Natürliche wäre gewesen, daß jeder seinen Teil gezahlt hätte, aber Delamarche wie auch Robinson hatten gelegentlich bemerkt, daß für das letzte Nachtlager ihr letztes Geld aufgegangen war. Uhr, Ring oder sonst etwas Veräußerbares war an keinem zu sehen. Und Karl konnte ihnen doch nicht vorhalten, daß sie an dem Verkauf seiner Kleider etwas verdient hätten, das wäre doch Beleidigung und Abschied für immer gewesen. Das Erstaunliche aber war, daß weder Delamarche noch Robinson irgendwelche Sorgen wegen der Bezahlung hatten, vielmehr hatten sie gute Laune genug, möglichst oft Anknüpfungen mit der Kellnerin zu versuchen, die stolz und mit schwerem Gang zwischen den Tischen hin und her ging. Ihr Haar hing ihr von den Seiten ein wenig lose in Stirn und Wangen, und sie strich es immer wieder zurück, indem sie mit den Händen darunter hinfuhr. Schließlich, als man vielleicht das erste freundliche Wort von ihr erwartete, trat sie zum Tische, legte beide Hände auf ihn und fragte: »Wer zahlt?« |
Le repas fut encore gâché pour Karl du fait que la question de son réglement restait pendante. Ce qui eût été naturel, c'est que chacun payât son écot. Mais Delamarche et Robinson avaient tous les deux fait savoir clairement que la dernière nuit à l'auberge avait mis leur bourse à sec. Et ils n'avaient rien sur eux qui pût être vendu : ni montre, ni bague, rien. Et Karl ne pouvait même pas leur rappeler qu'ils avaient empoché quelque chose avec la vente de son costume, car cela eût constitué une offense envers eux et entraîné leur séparation définitive. Ce qui était étonnant, c'est que ni Delamarche ni Robinson ne semblaient se faire de souci à propos de l'addition, ils étaient même d'assez bonne humeur pour chercher à attirer le plus possible l'attention de la serveuse, qui passait et repassait fièrement d'un pas lourd entre les tables. Ses cheveux un peu défaits retombaient de chaque côté sur son front et ses joues, et elle les rejetait sans cesse en arrière, en les tirant vers le bas avec les mains. Finalement, alors qu'on pouvait peut-être attendre de sa part un premier mot aimable, elle vint à la table, s'y appuya des deux mains et demanda : « Qui paie ? » | ||
Nie waren Hände rascher aufgeflogen als jetzt jene von Delamarche und Robinson, die auf Karl zeigten. Karl erschrak darüber nicht, denn er hatte es ja vorausgesehen, und sah nichts Schlimmes darin, daß die Kameraden, von denen er ja auch Vorteile erwartete, einige Kleinigkeiten von ihm bezahlen ließen, wenn es auch anständiger gewesen wäre, diese Sache vor dem entscheidenden Augenblick ausdrücklich zu besprechen. Peinlich war bloß, daß er das Geld erst aus der Geheimtasche heraufbefördern mußte. Seine ursprüngliche Absicht war es gewesen, das Geld für die letzte Not aufzuheben und sich also vorläufig mit seinen Kameraden gewissermaßen in eine Reihe zu stellen. Der Vorteil, den er durch dieses Geld und vor allem durch das Verschweigen des Besitzes gegenüber den Kameraden erlangte, wurde für diese mehr als reichlich dadurch aufgewogen, daß sie schon seit ihrer Kindheit in Amerika waren, daß sie genügende Kenntnisse und Erfahrungen für Gelderwerb hatten und daß sie schließlich an bessere Lebensverhältnisse als ihre gegenwärtigen nicht gewöhnt waren. |
Jamais des mains n'avaient jailli aussi vite que celles de Delamarche et Robinson pour désigner Karl. Celui-ci n'en fut pas décontenancé pour autant, car il avait déjà prévu cela ; il ne voyait rien de mal dans le fait que ses camarades, dont il attendait aussi quelques avantages, le laissent régler quelques petites dépenses, même s'il eût été plus convenable d'en discuter clairement avant le dernier moment. La seule chose ennuyeuse était d'avoir à extirper l'argent de la poche intérieure secrète. Sa première idée avait été de garder cet argent pour le cas de dernière nécessité, et donc en quelque sorte de se mettre provisoirement au même niveau que ses amis. L'avantage que lui offrait la possession de cet argent et surtout qu'il l'ait dissimulé à ses camarades se trouvait à ses yeux largement compensé par le fait qu'eux avaient grandi en Amérique, qu'ils avaient suffisamment de savoir faire et d'expérience pour y gagner de l'argent, et qu'en fin de compte ils n'avaient pas été habitués à des conditions de vie meilleures que celles qu'ils connaissaient maintenant. | ||
Diese bisherigen Absichten, die Karl rücksichtlich seines Geldes hatte, mußten an und für sich durch diese Bezahlung nicht gestört werden, denn einen Vierteldollar konnte er schließlich entbehren und deshalb also ein Vierteldollarstück auf den Tisch legen und erklären, dies sei sein einziges Eigentum und er sei bereit, es für die gemeinsame Reise nach Butterford zu opfern. Für die Fußreise genügte ein solcher Betrag auch vollkommen. Nun aber wußte er nicht, ob er genügend Kleingeld hatte, und überdies lag dieses Geld sowie die zusammengelegten Banknoten irgendwo in der Tiefe der Geheimtasche, in der man eben am besten etwas fand, wenn man den ganzen Inhalt auf den Tisch schüttete. Außerdem war es höchst unnötig, daß die Kameraden von dieser Geheimtasche überhaupt etwas erfuhren. Nun schien es zum Glück, daß die Kameraden sich noch immer mehr für die Kellnerin interessierten als dafür, wie Karl das Geld für die Bezahlung zusammenbrächte. Delamarche lockte die Kellnerin durch die Aufforderung, die Rechnung aufzustellen, zwischen sich und Robinson und sie konnte die Zudringlichkeiten der beiden nur dadurch abwehren, daß sie einem oder dem anderen die ganze Hand auf das Gesicht legte und ihn wegschob. |
Karl pensait que ses intentions initiales concernant son argent n'avaient pas à être bouleversées par le fait de régler cette note, car il pouvait bien se passer d'un quart d'un dollar, et donc mettre une pièce de cette valeur sur la table en déclarant que c'était là toute sa fortune, et qu'il était prêt à la sacrifier pour le voyage d'eux tous vers Butterford. Pour faire ce voyage à pied, c'était d'ailleurs une somme bien suffisante. Mais il ne savait pas s'il avait suffisamment de petite monnaie, et de toutes façons elle était enfouie au fond de sa poche secrète avec les billets, si bien que le meilleur moyen d'y trouver quelque chose était de déverser le tout sur la table. Et pourtant il n'était vraiment pas nécessaire que ses camarades découvrent l'existence de cette poche ! Mais par bonheur, les autres semblaient s'intéresser bien plus à la serveuse qu'à la façon dont Karl réunirait l'argent pour payer l'addition. Delamarche avait attiré la fille entre Robinson et lui, sous prétexte de réclamer la note, et elle ne pouvait échapper à leurs avances qu'en leur mettant la main sur la figure à tous les deux et en les repoussant violemment. | ||
Inzwischen sammelte Karl, heiß vor Anstrengung, unter der Tischplatte in der einen Hand das Geld, das er mit der anderen Stück für Stück in der Geheimtasche herumjagte und herausholte. Endlich glaubte er, obwohl er das amerikanische Geld noch nicht genau kannte, er hätte, wenigstens der Menge der Stücke nach, eine genügende Summe, und legte sie auf den Tisch. Der Klang des Geldes unterbrach sofort die Scherze. Zu Karls Ärger und zu allgemeinem Erstaunen zeigte sich, daß fast ein ganzer Dollar dalag. Keiner fragte zwar, warum Karl von dem Gelde, das für eine bequeme Eisenbahnfahrt nach Butterford gereicht hätte, früher nichts gesagt hatte, aber Karl war doch in großer Verlegenheit. Langsam strich er, nachdem das Essen bezahlt war, das Geld wieder ein, noch aus seiner Hand nahm Delamarche ein Geldstück, das er für die Kellnerin als Trinkgeld brauchte, die er umarmte und an sich drückte, um ihr dann, von der anderen Seite her, das Geld zu überreichen. |
Pendant ce temps Karl, que ses efforts mettaient en nage, déposait dans la main qu'il cachait sous la table, l'argent qu'il extrayait avec l'autre, pièce par pièce, de sa poche secrète. Enfin, bien que ne connaissant pas encore très bien la monnaie américaine, mais d'après le nombre des pièces, il pensa avoir réuni une somme suffisante, et la posa sur la table. Le bruit des pièces stoppa net la rigolade : à la stupeur de tous, et au grand dam de Karl, et il apparut qu'il y avait là presque un dollar ! Certes, personne ne lui demanda comment il se faisait que, disposant d'une somme suffisante pour un confortable voyage en train vers Butterford il n'en ait jamais parlé jusqu'ici, mais Karl n'en fut pas moins dans un grand embarras. Quand le repas fut payé, il remis lentement la monnaie dans sa poche, non sans que Delamarche vienne prendre dans sa main une pièce pour le pourboire qu'il destinait à la serveuse, qu'il enlaça et serra contre lui, en lui tendant cet argent de sa main libre. | ||
Karl war ihnen dankbar, daß sie auf dem Weitermarsch keine Bemerkungen über das Geld machten, und er dachte sogar eine Zeitlang daran, ihnen sein ganzes Vermögen einzugestehen, unterließ das aber doch, da sich keine rechte Gelegenheit fand. Gegen Abend kamen sie in eine mehr ländliche, fruchtbare Gegend. Ringsherum sah man ungeteilte Felder, die sich in ihrem ersten Grün über sanfte Hügel legten, reiche Landsitze umgrenzten die Straße, und stundenlang ging man zwischen den vergoldeten Gittern der Gärten, mehrmals kreuzten sie den gleichen langsam fließenden Strom und vielemal hörten sie über sich die Eisenbahnzüge auf den hoch sich schwingenden Viadukten donnern. |
Quand ils eurent repris la route, Karl leur fut reconnaissant de ne lui faire aucune remarque à propos de cet argent, et il pensa même un moment leur révéler tout ce qu'il possédait. Mais l'occasion ne s'en présenta pas, et il y renonça. Vers le soir, ils arrivèrent dans une région plus agricole et plus fertile. Aux alentours, on ne voyait des champs que d'un seul tenant, recouvrant de douces collines de leur vert tendre. De riches propriétés bordaient la route, et des heures durant, ils marchèrent entre les grilles dorées des jardins ; plusieurs fois, ils franchirent le même fleuve tranquille, et plusieurs fois ils entendirent gronder les trains passant au-dessus d'eux sur des viaducs aux arches hautes et élancées. | ||
Eben ging die Sonne an dem geraden Rande ferner Wälder nieder, als sie sich auf einer Anhöhe inmitten einer kleinen Baumgruppe ins Gras hinwerfen, um sich von den Strapazen auszuruhen. Delamarche und Robinson lagen da und streckten sich nach Kräften. Karl saß aufrecht und sah auf die ein paar Meter tiefer führende Straße, auf der immer wieder Automobile, wie schon während des ganzen Tages, leicht aneinander vorübereilten, als würden sie in genauer Anzahl immer wieder von der Ferne abgeschickt und in der gleichen Anzahl in der anderen Ferne erwartet. Während des ganzen Tages seit dem frühesten Morgen hatte Karl kein Automobil halten, keinen Passagier aussteigen gesehen. |
Le soleil allait tout juste se coucher sur la bordure rectiligne des forêts lointaines, quand ils se jetèrent dans l'herbe, exténués, au milieu d'un bosquet situé en haut d'une petite pente, pour se reposer un peu. Delamarche et Robinson restaient étendus là, et s'étiraient le plus qu'ils pouvaient. Karl restait assis, et regardait la route quelques mètres en contrebas, sur laquelle les voitures ne cessaient de circuler avec régularité et fluidité, comme durant toute la journée, comme si constamment on en envoyait, à un bout, un nombre précis, et que le même nombre en était attendu, au loin, à l'autre bout. Et durant toute la journée, depuis le petit matin, Karl n'avait vu aucune de ces voitures s'arrêter, aucun passager en descendre. | ||
Robinson machte den Vorschlag, die Nacht hier zu verbringen, da sie alle genügend müde wären, da sie dann desto früher ausmarschieren könnten und da sie schließlich kaum ein billigeres und besser gelegenes Nachtlager vor Einbruch völliger Dunkelheit finden könnten. Delamarche war einverstanden, und nur Karl glaubte zu der Bemerkung verpflichtet zu sein, daß er Geld genug habe, um das Nachtlager für alle auch in einem Hotel zu bezahlen. Delamarche sagte, sie würden das Geld noch brauchen, er solle es nur gut aufheben. Delamarche verbarg nicht im geringsten, daß man mit Karls Geld schon rechnete. Da sein erster Vorschlag angenommen war, erklärte nun Robinson weiter, nun müßten sie aber vor dem Schlafen, um sich für morgen zu kräftigen, etwas Tüchtiges essen, und einer solle das Essen für alle aus dem Hotel holen, das in nächster Nähe an der Landstraße mit der Aufschrift »Hotel Occidental« leuchtete. Als der Jüngste, und da sich auch sonst niemand meldete, zögerte Karl nicht, sich für diese Besorgung anzubieten, und ging, nachdem er eine Bestellung auf Speck, Brot und Bier erhalten hatte, ins Hotel hinüber. |
Robinson proposa de passer la nuit ici, car ils étaient tous suffisamment fatigués, ils pourraient repartir plus tôt le lendemain matin et on ne pouvait guère espérer trouver avant la tombée de la nuit un gîte moins cher et mieux situé. Delamarre était de cet avis, et seul Karl se crut obligé de faire observer qu'il avait assez d'argent pour payer une nuit à l'hôtel pour tout le monde. Delamarche déclara qu'ils en auraient encore besoin, et qu'il valait mieux qu'il le garde pour l'instant - sans cacher le moins du monde qu'on comptait désormais sur cet argent. Sa première proposition ayant été adoptée, Robinson expliqua qu'il leur fallait maintenant, avant de dormir, manger quelque chose de consistant, et que l'un d'entre eux devait aller chercher à manger pour tout le monde à l'hôtel le plus proche, dont on voyait sur le bord de la route briller l'enseigne : « Hôtel Occidental ». Parce qu'il était le plus jeune, et que d'ailleurs personne d'autre ne se proposait pour cela, Karl n'hésita pas à se proposer pour cette mission, et il partit vers l'hôtel avec une commande de lard, de pain et de bière. | ||
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Es mußte eine große Stadt in der Nähe sein, denn gleich der erste Saal des Hotels, den Karl betrat, war von einer lauten Menge erfüllt, und an dem Büfett, das sich an einer Längswand und an den zwei Seitenwänden hinzog, liefen unaufhörlich viele Kellner mit weißen Schürzen vor der Brust und konnten doch die ungeduldigen Gäste nicht zufriedenstellen, denn immer wieder hörte man an den verschiedensten Stellen Flüche und Fäuste, die auf den Tisch schlugen. Karl wurde von niemandem beachtet; es gab auch im Saale selbst keine Bedienung, die Gäste, die an winzigen, bereits zwischen drei Tischnachbarn verschwindenden Tischen saßen, holten alles, was sie wünschten, beim Büfett. Auf allen Tischchen stand eine große Flasche mit Öl, Essig oder dergleichen, und alle Speisen, die vom Büfett geholt wurden, wurden vor dem Essen aus dieser Flasche übergossen. Wollte Karl überhaupt erst zum Büfett kommen, wo ja dann wahrscheinlich, besonders bei seiner großen Bestellung, die Schwierigkeiten erst beginnen würden, mußte er sich zwischen vielen Tischen durchdrängen, was natürlich bei aller Vorsicht nicht ohne grobe Belästigung der Gäste durchzuführen war, die jedoch alles wie gefühllos hinnahmen, selbst als Karl einmal, allerdings gleichfalls von einem Gast, gegen ein Tischchen gestoßen wurde, das er fast umgeworfen hätte. Er entschuldigte sich zwar, wurde aber offenbar nicht verstanden, verstand übrigens auch nicht das geringste von dem, was man ihm zurief. |
Il devait y avoir une grande ville dans les environs car, quand il pénétra dans la première salle de l'hôtel, Karl vit qu'elle était déjà pleine d'une foule bruyante, et que le long du buffet, qui s'étendait sur tout le mur du fond et sur les deux côtés, couraient sans arrêt quantité de serveurs en tabliers blancs qui ne parvenaient pourtant pas à satisfaire les clients impatients : on les entendait de tous les côtés frapper du poing sur les tables en lançant des jurons. Personne ne prêta attention à Karl. On ne servait d'ailleurs pas dans la salle elle-même : les clients assis à des tables si petites que trois personnes suffisaient à les dissimuler, allaient chercher eux-mêmes au buffet ce dont ils avaient besoin. Sur toutes les tables, on voyait une grande bouteille d'huile, de vinaigre, ou de choses de ce genre, et dont on arrosait d'abord tous les plats avant de les manger. Karl voulait évidemment se diriger vers le buffet, où probablement, les ennuis commenceraient à cause de l'importance de sa commande ; mais pour cela il lui fallait d'abord se frayer un chemin entre les tables, ce qui, même avec toutes les précautions, ne se ferait certainement pas sans bousculer les clients qui s'y trouvaient ; ceux-ci pourtant ne protestèrent même pas lorsqu'il fut projeté par un autre client contre une table qu'il avait bien failli renverser. Il s'était aussitôt excusé, mais visiblement on ne le comprit pas, pas plus qu'il ne comprit lui-même rien de ce qui lui fut crié. | ||
Beim Büfett fand er mit Mühe ein kleines freies Plätzchen, auf dem ihm eine lange Weile die Aussicht durch die aufgestützten Ellbogen seiner Nachbarn genommen war. Es schien hier überhaupt eine Sitte, die Ellbogen aufzustützen und die Faust an die Schläfe zu drücken; Karl mußte daran denken, wie der Lateinprofessor Dr. Krumpal gerade diese Haltung gehaßt hatte und wie er immer heimlich und unversehens herangekommen war und mittels eines plötzlich erscheinenden Lineals mit scherzhaftem Ruck die Ellbogen von den Tischen gestreift hatte. |
Parvenu au buffet, il parvint péniblement à trouver une petite place libre, mais pendant longtemps il ne put rien voir à cause des coudes que ses voisins avaient posés sur le comptoir. Il semblait d'ailleurs que ce fût l'habitude ici de se caler les coudes sur le bord, les poings sur les tempes. Karl pensa aussitôt à son professeur de latin, le Dr. Krumpal, qui avait horreur de cette façon de se tenir, et à la façon dont il s'approchait de vous en douce, et brandissant soudain une règle, vous faisait quitter d'un coup sec les coudes de dessus la table. | ||
Karl stand eng ans Büfett gedrängt, denn kaum hatte er sich angestellt, war hinter ihm ein Tisch aufgestellt worden, und der eine der dort sich niederlassenden Gäste streifte schwer, wenn er sich nur ein wenig beim Reden zurückbog, mit seinem großen Hut Karls Rücken. Und dabei war so wenig Hoffnung, vom Kellner etwas zu bekommen, selbst als die beiden plumpen Nachbarn befriedigt weggegangen waren. Einigemal hatte Karl einen Kellner über den Tisch hin bei der Schürze gefaßt, aber immer hatte sich der mit verzerrtem Gesicht losgerissen. Keiner war zu halten, sie liefen nur und liefen nur. Wenn wenigstens in der Nähe Karls etwas Passendes zum Essen und Trinken gewesen wäre, er hätte es genommen, sich nach dem Preis erkundigt, das Geld hingelegt und wäre mit Freude weggegangen. Aber gerade vor ihm lagen nur Schüsseln mit heringartigen Fischen, deren schwarze Schuppen am Rande goldig glänzten. Die konnten sehr teuer sein und würden wahrscheinlich niemanden sättigen. Außerdem waren kleine Fäßchen mit Rum erreichbar, aber Rum wollte er seinen Kameraden nicht bringen, sie schienen schon sowieso bei jeder Gelegenheit nur auf den konzentriertesten Alkohol auszugehen und darin wollte er sie nicht noch unterstützen. |
Karl était pressé contre le buffet, car à peine l'avait-il atteint qu'on avait installé derrière lui une petite table, et l'un des clients qui s'y étaient assis lui râclait déjà le dos avec le bord de son grand chapeau quand il se renversait un peu en arrière en parlant. Et avec tout ça, il y avait fort peu de chances d'obtenir quelque chose du serveur, même lorsque les deux gros lourdauds qui le coinçaient s'en allèrent. Plusieurs fois, Karl avait attrapé un serveur par son tablier en passant la main par dessus le comptoir, mais à chaque fois le serveur s'était débarrassé de lui avec une grimace de contrariété. Pas moyen d'en attraper un : ils couraient, couraient sans arrêt. Si par hasard quelque chose à manger ou à boire était passé à proximité, Karl se serait servi, il aurait demandé le prix et aurait posé l'argent, et serait parti bien content ! Mais il n'y avait devant lui que des plateaux avec des espèces de poissons dont les écailles noires avaient des reflets dorés sur les bords. Ils coûtaient certainement cher, et ne pouvaient certainement rassasier personne. À part cela, il y avait de petits flacons de rhum qu'il aurait pu attraper, mais il ne voulait pas rapporter de rhum à ses camarades : ils lui semblaient déjà portés sur l'alcool le plus raide à la moindre occasion, et il ne voulait pas les encourager dans cette voie. | ||
Es blieb also Karl nichts übrig, als einen anderen Platz zu suchen und mit seinen Bemühungen von vorne anzufangen. Nun aber war auch schon die Zeit sehr vorgerückt. Die Uhr am anderen Ende des Saales, deren Zeiger man bei scharfem Hinsehen durch den Rauch gerade noch erkennen konnte, zeigte schon neun vorüber. Anderswo am Büfett war aber das Gedränge noch größer als an dem früheren, ein wenig abgelegenen Platz. Außerdem füllte sich der Saal desto mehr, je später es wurde. Immer wieder zogen durch die Haupttüre mit großem Hallo neue Gäste ein. An manchen Stellen räumten Gäste selbstherrlich das Büfett ab und setzten sich aufs Pult und tranken einander zu, es waren die besten Plätze, man übersah den ganzen Saal. |
Il ne restait plus à Karl que de se chercher une autre place, et de repartir à zéro. Mais il s'était déjà écoulé beaucoup de temps : le pendule, à l'autre bout de la salle, dont on pouvait apercevoir les aiguilles à travers la fumée si on avait de bons yeux, indiquait déjà neuf heures. Et malgré cela, la bousculade autour du buffet était encore plus grande qu'à sa place précédente, qui était un peu à l'écart. Et par dessus le marché, plus l'heure avançait, et plus la salle se remplissait ! Sans cesse, de nouveaux clients arrivaient par la porte principale, en poussant de grands « Hello ! » à la cantonnade. En bien des endroits, ils se frayaient d'autorité un chemin jusqu'au buffet et s'asseyaient sur le comptoir, et trinquaient entre eux : c'était la meilleure place, celle d'où l'on pouvait voir toute la salle. | ||
Karl drängte sich zwar noch weiter durch, aber eine eigentliche Hoffnung, etwas zu erreichen, hatte er nicht mehr. Er machte sich Vorwürfe darüber, daß er, der die hiesigen Verhältnisse nicht kannte, sich zu dieser Besorgung angeboten hatte. Seine Kameraden würden ihn mit vollem Rechte auszanken und gar noch denken, daß er, nur um Geld zu sparen, nichts mitgebracht hatte. Nun stand er gar in einer Gegend, wo ringsherum an den Tischen warme Fleischspeisen mit schönen, gelben Kartoffeln gegessen wurden; es war ihm unbegreiflich, wie sich die Leute das verschafft hatten. |
Karl continua à se faufiler, mais il n'avait vraiment plus aucun espoir d'obtenir quelque chose. Il se reprochait de s'être porté volontaire pour cette mission, lui qui ne connaissait pas les usages du pays. Ses camarades allaient le disputer, et à juste titre ; ils penseraient même peut-être que c'était seulement parce qu'il avait voulu garder son argent qu'il ne rapportait rien. Là où il se trouvait en ce moment, à toutes les tables alentour on mangeait des plats de viande chauds avec de belles pommes de terre bien jaunes - et il ne parvenait pas à comprendre comment ces gens se les étaient procurées. | ||
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Da sah er ein paar Schritte vor sich eine ältere, offenbar zum Hotelpersonal gehörige Frau, die lachend mit einem Gaste redete. Dabei arbeitete sie fortwährend mit einer Haarnadel in ihrer Frisur herum. Sofort war Karl entschlossen, seine Bestellung bei dieser Frau vorzubringen, schon weil sie ihm als die einzige Frau im Saal eine Ausnahme vom allgemeinen Lärm und Jagen bedeutete und dann auch aus dem einfachen Grunde, weil sie die einzige Hotelangestellte war, die man erreichen konnte, vorausgesetzt allerdings, daß sie nicht beim ersten Wort, das er an sie richten würde, in Geschäften fortlief. Aber ganz das Gegenteil trat ein. Karl hatte sie noch gar nicht angeredet, sondern nur ein wenig belauert, als sie, wie man eben manchmal mitten im Gespräch beiseiteschaut, zu Karl hinsah und ihn, ihre Rede unterbrechend, freundlich und in einem Englisch, klar wie die Grammatik, fragte, ob er etwas suche. |
C'est alors qu'il aperçut à quelques pas devant lui une femme d'un certain âge, qui manifestement faisait partie du personnel, et qui bavardait en riant avec un client, et qui ne cessait de fourrager dans ses mèches avec son épingle à cheveux. Karl décida aussitôt de donner sa commande à cette femme, puisqu'elle constituait ici une exception, étant la seule femme dans ce vacarme et cette agitation ; et de plus, elle était la seule personne de l'hôtel que l'on pouvait atteindre, si toutefois elle ne disparaissait au premier mot qu'il lui adresserait, reprise par ses occupations. Mais ce fut tout le contraire : Karl n'avait encore presque rien dit, il l'avait seulement observée un peu, et elle, qui regardait autour d'elle comme on le fait parfois tout en bavardant avec quelqu'un, l'aperçut. Interrompant sa conversation, elle demanda à Karl ce qu'il voulait, aimablement, et dans un anglais si clair qu'il semblait sortir d'un livre de grammaire. | ||
»Allerdings«, sagte Karl, »Ich kann hier gar nichts bekommen.« |
— Eh bien ! dit Karl, je n'arrive pas à me faire servir ! | ||
»Also, was wollen Sie denn?« fragte sie und beugte sich dienstbereit zu ihm herab. Sie war sehr dick, ihr Leib schaukelte sich, aber ihr Gesicht hatte eine, natürlich im Verhältnis, fast zarte Bildung. Karl war fast versucht, im Anblick der vielen Eßwaren, die hier sorgfältig in Regalen und auf Tischen aufgerichtet lagen, für seine Bestellung rasch ein feineres Nachtessen auszudenken, besonders da er erwarten konnte, von dieser einflußreichen Frau billiger bedient zu werden, schließlich aber nannte er doch wieder, da ihm nichts Passendes einfiel, nur Speck, Brot und Bier. |
— Alors, qu'est-ce que vous voulez ? dit-elle, et elle se penchait vers lui avec complaisance. Elle était très grosse, ses rondeurs ballotaient mais - toutes proportions gardées bien sûr -, son visage avait quelque chose de délicat. À la vue de toutes ces provisions empilées sur des rayonnages ou entassées sur des tables, Karl était tenté de modifier sa commande pour en faire quelque chose de plus raffiné, d'autant plus qu'il comptait bien obtenir, de la part de cette femme influente, un prix intéressant ; mais finalement, n'ayant pas pu trouver de meilleure idée, il s'en tint au lard, au pain et à la bière. | ||
»Nichts weiter?« fragte die Frau. |
— Rien d'autre ? demanda la femme. | ||
Zwischendurch erklärte sie Karl, sie habe ihn deshalb hierhergeführt, weil die Eßwaren draußen auf dem Büfett im Rauch und in den vielen Ausdünstungen trotz dem schnellen Verbrauch immer die Frische verlieren. Für die Leute draußen sei aber alles gut genug. Karl sagte nun gar nichts mehr, denn er wußte nicht, wodurch er diese auszeichnende Behandlung verdiene. Er dachte an seine Kameraden, die vielleicht, so gute Kenner Amerikas sie auch waren, doch nicht bis in diese Vorratskammer gedrungen wären und sich mit den verdorbenen Eßwaren auf dem Büfett hätten begnügen müssen. Man hörte hier keinen Laut aus dem Saal, die Mauern mußten sehr dick sein, um diese Gewölbe genügend kühl zu erhalten. Karl hatte schon den Strohkorb ein Weilchen lang in der Hand, dachte aber nicht ans Zahlen und rührte sich auch nicht. Nur als die Frau noch nachträglich eine Flasche, ähnlich denen, die draußen auf den Tischen standen, in den Korb legen wollte, dankte er schaudernd. |
Pendant ce temps, elle expliquait à Karl que si elle l'avait amené ici, c'est parce que les plats, au buffet, étaient exposés à la fumée et à toutes sortes d'autres choses, et qui si rapide que soit le service, ils ne gardaient pas longtemps leur fraîcheur. Mais pour les gens de la salle, c'était toujours bien assez bon ! Karl ne dit rien de plus, car il ne savait quoi penser de ce comportement de faveur. Il songeait à ses camarades, et se disait que malgré toute leur connaissance de l'Amérique, ils ne seraient peut-être pas parvenus jusque dans cette réserve, et se seraient contentés des plats défraîchis du buffet. On n'entendait de là aucun des bruits de la salle : les murs devaient être très épais, pour parvenir à conserver la fraîcheur sous ces voutes. Karl tenait la corbeille à la main depuis un moment déjà ; il ne songeait pas à payer, et ne semblait pas vouloir s'en aller non plus. Ce n'est que quand la femme voulut, après coup, ajouter encore dans la corbeille une bouteille comme celle qui se trouvaient sur les tables de la grande salle qu'il remercia, comme effrayé. | ||
»Haben Sie noch einen weiten Marsch?« fragte die Frau. |
— Avez-vous encore beaucoup de chemin à faire ? demanda la femme. | ||
Das war für Karl sehr verlockend, besonders da er die vorige Nacht so schlecht verbracht hatte. |
Voilà qui était très tentant pour Karl. D'autant plus qu'il avait très mal dormi la nuit précédente. | ||
Er stellte sich vor, welchen Lärm die beiden auf den Gängen dieses feinen Hotels machen würden; Robinson würde alles verunreinigen und Delamarche unfehlbar selbst diese Frau belästigen. |
Il se représentait déjà le vacarme qu'allait provoquer l'arrivée de ces deux-là dans les couloirs d'un hôtel aussi bien tenu. Robinson allait évidemment tout salir, et Delamarche ne manquerait pas d'importuner cette femme. | ||
Karl sah das alles ein, aber er wußte keinen Ausweg, so sagte er nur noch: »Meinen besten Dank für Ihre Freundlichkeit.« |
Karl savait bien qu'elle avait raison, mais il ne voyait pas le moyen de s'en sortir. Il dit seulement : | ||
Kaum war er draußen, hörte er auch schon wieder aus dem Saal den ungeschwächten Lärm, in den sich jetzt auch Klänge eines Blasorchesters mischten. Er war froh, daß er nicht durch den Saal hatte hinausgehen müssen. Das Hotel war jetzt in allen seinen fünf Stockwerken beleuchtet und machte die Straße davor in ihrer ganzen Breite hell. Noch immer fuhren draußen, wenn auch schon in unterbrochener Folge, Automobile, rascher aus der Ferne her anwachsend als bei Tage, tasteten mit den weißen Strahlen ihrer Laternen den Boden der Straße ab, kreuzten mit erblassenden Lichtern die Lichtzone des Hotels und eilten aufleuchtend in das weitere Dunkel. |
À peine était-il dehors qu'il entendit de nouveau le vacarme venant de la grande salle, et auquel se mêlait maintenant les flonflons d'une fanfare. Il était content de ne pas avoir eu à repasser par là pour sortir. Les cinq étages de l'hôtel était maintenant tous illuminés, et la route entière en était éclairée. Le flot des voitures continuait, mais de façon moins continue. Elles surgissaient plus vite de l'horizon que dans la journée, semblaient tâter la route avec les rayons blancs de leurs phares, dont la lumière pâlissait en traversant la zone éclairée de l'hôtel et reprenait vigueur en s'enfonçant de nouveau dans la nuit. | ||
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Die Kameraden fand Karl schon in tiefem Schlaf, er war aber auch zu lange ausgeblieben. Gerade wollte er das Mitgebrachte appetitlich auf Papiere ausbreiten, die er im Korb vorfand, um erst, wenn alles fertig wäre, die Kameraden zu wecken, als er zu seinem Schrecken seinen Koffer, den er abgesperrt zurückgelassen hatte und dessen Schlüssel er in der Tasche trug, vollständig geöffnet sah, während der halbe Inhalt ringsherum im Gras verstreut war. |
Karl retrouva ses camarades profondément endormis : il avait été bien trop long ! Il voulait tout de suite étaler de façon appétissante ce qu'il avait rapporté sur les papiers qu'il avait trouvé dans la corbeille, et ne réveiller ses camarades que quand tout serait prêt, quand il découvrit avec terreur que sa valise, qu'il avait pourtant laissée fermée, et dont il avait la clé dans sa poche, était complètement ouverte, et tout ce qu'elle contenait répandu sur l'herbe. | ||
Delamarche und Robinson lachten, und der erstere sagte: »Sie dürfen eben nächstens nicht so lange fortbleiben. Das Hotel ist zehn Schritte entfernt, und Sie brauchen zum Hin- und Herweg drei Stunden. Wir haben Hunger gehabt, haben gedacht, daß Sie in Ihrem Koffer etwas zum Essen haben könnten, und haben das Schloß so lange gekitzelt, bis es sich aufgemacht hat. Im übrigen war ja gar nichts darin, und Sie können alles wieder ruhig einpacken.« |
Delamarche et Robinson se mirent à rire, et Delamarche déclara : « La prochaine fois, tâchez d'être parti moins longtemps. L'hôtel n'est qu'à dix pas d'ici, et pour y aller et revenir, cela vous a pris trois heures ! On avait faim, et on s'est dit qu'il devait y avoir quelque chose à manger dans votre valise ; on a tripoté la serrure jusqu'à ce qu'elle finisse par lâcher. Mais en fait il n'y avait rien presque rien là-dedans, et vous pouvez tout remettre tranquillement. | ||
»Der scheint Launen zu haben«, sagte Delamarche zu Robinson. |
— Il a l'air d'être en boule, dit Delamarche à Robinson. | ||
Karl, der seine Sachen packte, ohne sich umzuwenden: »Reden Sie nur so weiter und erleichtern Sie mir das Weggehen. Ich weiß ganz gut, was Kameradschaft ist. Ich habe in Europa auch Freunde gehabt, und keiner kann mir vorwerfen, daß ich mich falsch oder gemein gegen ihn benommen hätte. Wir sind jetzt natürlich außer Verbindung, aber wenn ich noch einmal nach Europa zurückkommen sollte, werden mich alle gut aufnehmen und mich sofort als ihren Freund anerkennen. Und Sie, Delamarche, und Sie, Robinson, Sie hätte ich verraten sollen, da Sie doch, was ich niemals vertuschen werde, so freundlich waren, sich meiner anzunehmen und mir eine Lehrlingsstelle in Butterford in Aussicht zu stellen? Aber es ist etwas anderes. Sie haben nichts, und das erniedrigt Sie in meinen Augen nicht im geringsten, aber Sie mißgönnen mir meinen kleinen Besitz und suchen mich deshalb zu demütigen, das kann ich nicht aushalten. Und nun, nachdem Sie meinen Koffer aufgebrochen haben, entschuldigen Sie sich mit keinem Wort, sondern beschimpfen mich noch und beschimpfen weiter mein Volk - damit nehmen Sie mir aber auch jede Möglichkeit, bei Ihnen zu bleiben. Übrigens gilt das alles nicht eigentlich von Ihnen, Robinson. Gegen Ihren Charakter habe ich nur einzuwenden, daß Sie von Delamarche zu sehr abhängig sind.« |
Tout en ramassant ses affaires, et sans se retourner vers eux, Karl répondit : | ||
»Da sehen wir ja«, sagte Delamarche, indem er zu Karl trat und ihm einen leichten Stoß gab, wie um ihn aufmerksam zu machen, »da sehen wir ja, wie Sie sich entpuppen. Den ganzen Tag sind Sie hinter mir gegangen, haben sich an meinem Rock gehalten, haben mir jede Bewegung nachgemacht und waren sonst still wie ein Mäuschen. Jetzt aber, da Sie im Hotel irgendeinen Rückhalt spüren, fangen Sie große Reden zu halten an. Sie sind ein kleiner Schlaumeier, und ich weiß noch gar nicht, ob wir das so ruhig hinnehmen werden. Ob wir nicht das Lehrgeld für das verlangen werden, was Sie uns während des Tages abgeschaut haben. Du, Robinson, wir beneiden ihn - meint er - um seinen Besitz. Ein Tag Arbeit in Butterford - von Kalifornien gar nicht zu reden -, und wir haben zehnmal mehr, als Sie uns gezeigt haben und als Sie in Ihrem Rockfutter noch versteckt haben mögen. Also, nur immer Achtung aufs Maul!« |
— Ah, on voit bien maintenant, dit Delamarche, en s'avançant vers Karl et en lui donnant une bourrade pour attirer son attention, on voit bien ce que vous êtes pour de vrai ! Toute la journée vous avez couru derrière moi comme un petit chien, à vous accrocher à moi, à imiter tout ce que je fais, muet comme une carpe. Et maintenant que vous avez assuré vos arrières à l'Hôtel, voilà que vous nous faites de grands discours ! Vous n'êtes qu'un petit roublard, et je ne sais pas si on va tolérer ça encore longtemps. On devrait peut-être exiger des compensations pour tout ce que vous avez appris à nous regarder faire toute la journée. Eh, Robinson, il paraît que nous en avons après son argent, à ce qu'il dit ! Une seule journée de travail à Butterford - sans parler de la Californie -, et on s'en fera dix fois plus que ce que vous nous avez montré et que ce que vous pouvez bien avoir caché dans votre doublure de veste ! Alors, fermez votre gueule, hein ? | ||
Karl hatte sich vom Koffer erhoben und sah nun auch den verschlafenen, aber vom Bier ein wenig belebten Robinson herankommen. »Wenn ich noch lange hierbleibe«, sagte er, »könnte ich vielleicht noch weitere Überraschungen erleben. Sie scheinen Lust zu haben, mich durchzuprügeln.« |
Karl avait délaissé sa valise, et s'étant relevé, voyait maintenant Robinson venir vers lui, encore ensommeillé, mais un peu remonté par la bière. “Si je m'attarde encore ici”, se dit-il, “je rique d'avoir des surprises... On dirait bien qu'ils ont envie de me casser la figure !” | ||
»Fällt mir nicht ein«, sagte Karl. »Ich bin froh, daß ich fortgehe, und ich will mit keinem von Ihnen mehr etwas zu tun haben. Nur eines will ich noch sagen, Sie haben mir den Vorwurf gemacht, daß ich Geld besitze und es vor Ihnen versteckt habe. Angenommen, daß es wahr ist, war es nicht sehr richtig Leuten gegenüber gehandelt, die ich erst ein paar Stunden kannte, und bestätigen Sie nicht noch durch Ihr jetziges Benehmen die Richtigkeit einer derartigen Handlungsweise?« |
— Sûrement pas ! dit Karl. Je suis bien content de m'en aller, et je ne veux plus avoir affaire à aucun d'entre vous. Je veux seulement dire encore ceci : vous m'avez reproché d'avoir de l'argent, et de vous l'avoir caché. À supposer que cela soit vrai, est-ce que ce n'était pas justifié avec des gens que je ne connaissais que depuis quelques heures, et votre comportement à présent ne vient-il pas confirmer que j'avais raison ? | ||
Wie zur Antwort stieg von der Straße her ein Mann mit einer stark leuchtenden Taschenlampe zu der Gruppe herauf. Es war ein Kellner aus dem Hotel. Kaum hatte er Karl erblickt, sagte er: »Ich suche Sie schon fast eine halbe Stunde. Alle Böschungen auf beiden Straßenseiten habe ich schon abgesucht. Die Frau Oberköchin läßt Ihnen nämlich sagen, daß sie den Strohkorb, den sie Ihnen geborgt hat, dringend braucht.« |
Comme en réponse à celle-ci, surgit un homme montant vers eux depuis la route, avec une forte lampe de poche. C'était un des serveurs de l'hôtel, et dès qu'il eut aperçu Karl, il dit : | ||
»Da die Frau Oberköchin so freundlich ist, werde ich ihre Einladung doch annehmen«, sagte Karl und wartete auf eine Äußerung seiner Kameraden. Aber Robinson stand stumpf da, und Delamarche hatte die Hände in den Hosentaschen und schaute zu den Sternen hinauf. Beide bauten offenbar darauf, daß Karl sie ohne weiteres mitnehmen werde. |
Puisque Madame la cuisinière en chef est si aimable, dit Karl, je vais donc accepter son invitation. Et il attendait que les autres disent quelque chose... Mais Robinson restait planté là comme un piquet, et Delamarche regardait les étoiles, les deux mains dans les poches. Manifestement, ils escomptaient bien que Karl les emmènerait sans plus de façons. | ||
Daraufhin sagte der Kellner laut, ohne jede Beschönigung: »Vielleicht könnten wir noch die Taschen der Herren untersuchen.« |
Là-dessus, le serveur dit à haute voix, sans ménagements : | ||
Sofort machte sich der Kellner daran, Delamarche zu untersuchen, der ihm schwieriger zu behandeln schien als Robinson, den er Karl überließ. Er machte Karl darauf aufmerksam, daß beide gleichzeitig untersucht werden müßten, da sonst einer unbeobachtet die Photographie beiseiteschaffen könnte. Gleich beim ersten Griff fand Karl in Robinsons Tasche eine ihm gehörige Krawatte, aber er nahm sie nicht an sich und rief dem Kellner zu: »Was Sie bei Delamarche auch finden mögen, lassen Sie ihm, bitte, alles. Ich will nichts als die Photographie, nur die Photographie.« |
Le serveur se mit aussitôt à fouiller Delamarche, qui paraissait moins bien disposé à cela que Robinson, qu'il laissa à Karl. Il attira d'ailleurs l'attention de ce dernier sur le fait qu'il fallait les fouiller tous les deux en même temps, pour que l'un d'eux ne puisse pas se débarrasser en douce de la photo. Karl découvrit tout de suite une cravate qui lui appartenait dans une poche de Robinson, et il appela le serveur : | ||
Beim Durchsuchen der Brusttaschen gelangte Karl mit der Hand an die heiße, fettige Brust Robinsons, und es kam ihm zu Bewußtsein, daß er an seinen Kameraden vielleicht ein großes Unrecht begehe. Er beeilte sich nun nach Möglichkeit. Im übrigen war alles umsonst, weder bei Robinson noch bei Delamarche fand sich die Photographie vor. |
En fouillant les poches intérieures de Robinson, Karl sentit sa poitrine chaude et grasse, et il lui vint à l'esprit que peut-être il commettait une grave injustice envers ses camarades. Alors il s'efforça d'en finir le plus vite possible. D'ailleurs, tout cela était inutile, la photo ne se trouvait ni sur Robinson, ni sur Delamarche. | ||
Es war natürlich gar nicht mehr die Rede davon, daß die beiden in das Hotel mitgenommen werden könnten. Der Kellner schwang den Koffer auf die Achsel, Karl nahm den Strohkorb, und sie gingen. Karl war schon auf der Straße, als er, im Nachdenken sich unterbrechend, stehenblieb und in das Dunkel hinaufrief: »Hören Sie einmal, sollte doch einer von Ihnen die Photographie noch haben und mir ins Hotel bringen wollen - er bekommt den Koffer noch immer und wird, ich schwöre es, nicht angezeigt.« Es kam keine eigentliche Antwort herunter, nur ein abgerissenes Wort war zu hören, der Beginn eines Zurufs Robinsons, dem aber offenbar Delamarche sofort den Mund stopfte. Noch eine lange Weile wartete Karl, ob man sich oben nicht doch noch anders entscheiden würde. Zweimal rief er in Abständen: »Ich bin noch immer da!« Aber kein Laut antwortete, nur einmal rollte ein Stein den Abhang herab, vielleicht durch Zufall, vielleicht in einem verfehlten Wurf. |
Il ne pouvait naturellement plus être question d'emmener ces deux-là à l'hôtel avec lui. Le serveur chargea la malette sur son épaule, Karl prit la corbeille, et ils s'en allèrent. Karl était déjà sur la route quand, au mileu de ses réflexions, il s'arrêta brusquement et s'écria en se tournant vers le haut dans l'obscurité : « Écoutez ! Encore une fois, si l'un de vous a cette photo et qu'il me la rapporte à l'hôtel, la valise sera à lui pour de bon, et il ne sera pas dénoncé, je le jure. » |