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SOMMAIRE

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Un asile (Brunelda)

SYNOPSIS : § Arrivée en taxi § Delamarche apparaît § L'agent de police § Intervention de Delamarche § Karl s'enfuit § Karl sauvé par Delamarche § Dans le couloir § Brunelda § Sur le balcon § Récit de Robinson § Les gens sur leurs balcons § Suite du récit de Robinson § Le défilé électoral § Karl tente de s'enfuir § L'étudiant sur son balcon

§ Arrivée en taxi

Es mußte wohl eine entlegene Vorstadtstraße sein, in der das Automobil haltmachte, denn ringsherum herrschte Stille, am Trottoirrand hockten Kinder und spielten. Ein Mann mit einer Menge alter Kleider über den Schultern rief beobachtend zu den Fenstern der Häuser empor. In seiner Müdigkeit fühlte sich Karl unbehaglich, als er aus dem Automobil auf den Asphalt trat, den die Vormittagssonne warm und hell beschien.
»Wohnst du wirklich hier?« rief er ins Automobil hinein.
Robinson, der während der ganzen Fahrt friedlich geschlafen hatte, brummte irgendeine undeutliche Bejahung und schien darauf zu warten, daß Karl ihn hinaustragen werde.
»Dann habe ich hier also nichts mehr zu tun. Leb wohl«, sagte Karl und machte sich daran, die ein wenig sich senkende Straße abwärts zu gehen.

La rue dans laquelle la voiture s'arrêta devait être une petite rue perdue dans une banlieue, car tout était silencieux aux alentours, et des enfants jouaient, accroupis au bord du trottoir. Un homme qui portait un sac rempli de hardes sur l'épaule criait quelque chose en scrutant les fenêtres des immeubles. À cause de sa fatigue, Karl se sentait mal à l'aise tandis qu'il s'extrayait de la voiture et mettait le pied sur le bitume que le soleil du matin faisait luire et réchauffait.
— C'est vraiment là que tu habites ? lança-t-il en direction de la voiture.
Robinson, qui avait dormi tranquillement pendant tout le trajet émit un grognement indistinct et semblait attendre que Karl vienne le porter pour l'aider à descendre.
— Eh bien ! Je crois que je n'ai plus rien à faire ici. Adieu ! dit Karl en s'apprêtant à descendre la rue un peu en pente.

»Aber Karl, was fällt dir denn ein?« rief Robinson und stand schon vor lauter Sorge ziemlich aufrecht, nur mit noch etwas unruhigen Knien, im Wagen.
»Ich muß doch gehen«, sagte Karl, der der raschen Gesundung Robinsons zugesehen hatte.
»In Hemdärmeln?« fragte dieser.
»Ich werde mir schon noch einen Rock verdienen«, antwortete Karl, nickte Robinson zuversichtlich zu, grüßte mit erhobener Hand und wäre wirklich fortgegangen, wenn nicht der Chauffeur gerufen hätte: »Noch einen kleinen Augenblick Geduld, mein Herr!«

— Mais Karl, qu'est-ce qui te prend ? s'écria Robinson. Et déjà la contrariété l'avait fait se lever dans la voiture, avec les genoux quand même encore un peu faibles.
— Il faut que j'y aille, dit Karl, qui avait remarqué le rapide rétablissement de Robinson.
— Comme ça, en bras de chemise ?
— J'arriverai bien à gagner de quoi m'acheter une autre veste, répondit Karl.
Il fit un petit signe de tête pour le rassurer, le salua de la main, et serait vraiment parti si le chauffeur ne l'avait pas interpellé :
— Une minute, s'il vous plaît !

Es zeigte sich unangenehmerweise, daß der Chauffeur noch Ansprüche auf eine nachträgliche Bezahlung stellte, denn die Wartezeit vor dem Hotel war noch nicht bezahlt.
»Nun ja«, rief aus dem Automobil Robinson in Bestätigung der Richtigkeit dieser Forderung, »ich habe ja dort so lange auf dich warten müssen. Etwas mußt du ihm noch geben.«
»Ja, freilich«, sagte der Chauffeur.
»Ja, wenn ich nur noch etwas hätte«, sagte Karl und griff in die Hosentaschen, obwohl er wußte, daß es nutzlos war.
»Ich kann mich nur an Sie halten«, sagte der Chauffeur und stellte sich breitbeinig auf, »von dem kranken Mann dort kann ich nichts verlangen.«

Il s'avéra que le Chauffeur attendait un petit supplément, en rétribution du temps passé à attendre devant l'hôtel qui n'était pas inclus dans le prix de la course.
— Ben oui, dit Robinson du fond de la voiture, à l'appui de cette exigence. J'ai attendu si longtemps après toi ! Tu dois vraiment lui donner quelque chose de plus.
— C'est vrai, quand même, dit le chauffeur.
— Oui, si j'avais encore quelque chose, dit Karl, qui fouillait dans les poches de son pantalon en sachant pertinemment que cela n servait à rien.
— Je ne peux faire appel qu'à vous, dit le chauffeur, en se levant, bien d'aplomb sur ses jambes écartées ; je ne peux rien attendre de cet homme malade !

Vom Tor her näherte sich ein junger Bursch mit zerfressener Nase und hörte aus einer Entfernung von einigen Schritten zu. Gerade machte durch die Straße ein Polizeimann die Runde, faßte mit gesenktem Gesicht den hemdärmeligen Menschen ins Auge und blieb stehen.
Robinson, der den Polizeimann auch bemerkt hatte, machte die Dummheit, aus dem anderen Fenster ihm zuzurufen: »Es ist nichts, es ist nichts!«, als ob man einen Polizeimann wie eine Fliege verscheuchen könnte. Die Kinder, welche den Polizeimann beobachtet hatten, wurden nun durch sein Stillstehen auch auf Karl und den Chauffeur aufmerksam und liefen im Trab herbei. Im Tor gegenüber stand eine alte Frau und sah starr hinüber.

Un jeune homme au nez rongé par la maladie sortit de la porte de l'immeuble et tendait l'oreille à quelques pas de là. Et justement, un agent de police qui faisait sa ronde regarda fixement, la tête un peu penchée, cet homme en bras de chemise, et s'immobilisa.
Robinson, qui avait remarqué le policier lui aussi, eut la sottise de crier par l'autre portière « Ce n'est rien ! Ce n'est rien du tout ! » - comme si l'on pouvait chasser un agent comme on le ferait avec une mouche. Les gamins, qui avaient remarqué l'agent, furent intrigués par le fait qu'il se soit arrêté, et leur attention attirée de ce fait sur Karl et le chauffeur, accoururent en vitesse. À la porte d'en face, une vieille femme se tenait immobile, regardant fixement la scène.

»Roßmann!« rief da eine Stimme aus der Höhe. Es war Delamarche, der das vom Balkon des letzten Stockwerks rief. Er selbst war nur schon recht undeutlich gegen den weißlich blauen Himmel zu sehen, hatte offenbar einen Schlafrock an und beobachtete mit einem Operngucker die Straße. Neben ihm war ein roter Sonnenschirm aufgespannt, unter dem eine Frau zu sitzen schien. »Halloh!« rief er mit größter Anstrengung, um sich verständlich zu machen, »ist Robinson auch da?«
»Ja«, antwortete Karl, von einem zweiten, viel lauteren »Ja« Robinsons aus dem Wagen kräftig unterstützt.
»Halloh!« rief es zurück, »ich komme gleich!«

— Rossmann ! cria une voix qui venait d'en haut. C'était Delamarche, qui l'appelait du balcon du dernier étage. On ne le voyait pas distinctement sur le fond du ciel bleu très clair. Il était apparemment vêtu d'une robe de chambre, et observait la rue avec des jumelles de théâtre. Auprès de lui était ouvert un grand parasol rouge, sous lequel une femme semblait être assise.
— Hello ! cria-t-il en faisant des efforts pour qu'on le comprenne bien - Robinson est-il là aussi ?
— Oui, répondit Karl, soutenu par un second « Oui », bien plus énergique, émanant de Robinson depuis la voiture.
— Hello ! s'écria alors Delamarche. Je descends tout de suite !

Robinson beugte sich aus dem Wagen. »Das ist ein Mann«, sagte er, und dieses Lob Delamarches war an Karl gerichtet, an den Chauffeur, an den Polizeimann und an jeden, der es hören wollte. Oben auf dem Balkon, den man aus Zerstreutheit noch ansah, obwohl ihn Delamarche schon verlassen hatte, erhob sich nun unter dem Sonnenschirm tatsächlich eine starke Frau in rotem, taillenlosem Kleid, nahm den Operngucker von der Brüstung und sah durch ihn auf die Leute hinunter, die nur allmählich die Blicke von ihr wandten. Karl sah in Erwartung Delamarches in das Haustor und weiterhin in den Hof, den eine fast ununterbrochene Reihe von Geschäftsdienern durchquerte, von denen jeder eine kleine, aber offenbar sehr schwere Kiste auf der Achsel trug. Der Chauffeur war zu seinem Wagen getreten und putzte, um die Zeit auszunutzen, mit einem Fetzen die Wagenlaternen. Robinson befühlte seine Gliedschmerzen, schien erstaunt über die geringen Schmerzen zu sein, die er trotz größter Aufmerksamkeit fühlen konnte, und begann vorsichtig, mit tief geneigtem Gesicht, einen der dicken Verbände am Bein zu lösen.

Robinson se pencha hors de la voiture :
— Ça c'est un homme, dit-il.
Et cet éloge s'adressait à Karl, au Chauffeur, à l'agent de police, et à tous ceux qui voulaient bien l'entendre.
Là-haut, sur le balcon, que l'on regardait encore, un peu par distraction, bien que Delamarche l'eût déjà quitté, on vit alors sous le parasol rouge, une forte femme dans une ample robe rouge se lever, prendre des jumelles de théâtre sur la balustrade, et observer les gens en bas, qui ne la quittèrent des yeux que peu à peu. En attendant l'arrivée de Delamarche, Karl observait la porte de l'immeuble et plus loin, dans la cour, une file presqu'ininterrompue d'employés, où chacun portait sur l'épaule une caisse, petite, mais qui semblait très lourde. le chauffeur avait regagné sa voiture et pour ne pas perdre son temps, astiquait se phares avec un chiffon. Robinson tâtait ses membres douloureux, et bientôt étonné de ne pas en ressentir plus de souffrance, malgré l'extrême attention qu'il y mettait, il commença, avec précaution et en penchant un peu la tête, à dérouler une des épaisses bandes qui entouraient ses jambes.

§ Delamarche apparaît

Der Polizeimann hielt sein schwarzes Stöckchen quer vor sich und wartete still, mit der großen Geduld, die Polizeileute haben müssen, ob sie nun im gewöhnlichen Dienst oder auf der Lauer sind. Der Bursche mit der zerfressenen Nase setzte sich auf einen Torstein und streckte die Beine von sich. Die Kinder näherten sich Karl allmählich mit kleinen Schritten, denn dieser schien ihnen, obwohl er sie nicht beachtete, wegen seiner blauen Hemdärmel der Wichtigste von allen zu sein.

L'agent de police tenait son bâton noir droit devant lui, et attendait tranquillement, avec toute la patience qu'on exige de ces gens-là, qu'ils soient en service normal ou en train de faire le guet. Le type au nez rongé s'assit sur les marches d'une porte, et entendit les jambes. Les enfants s'approchèrent tout doucement de Karl, à petits pas, car il leur semblait être le plus important, à cause de ses manches de chemise bleues, même s'il ne leur prêtait pas la moindre attention.

An der Länge der Zeit, die bis zur Ankunft Delamarches verging, konnte man die große Höhe dieses Hauses ermessen. Und Delamarche kam sogar sehr eilig, mit nur flüchtig zugezogenem Schlafrock. »Also, da seid ihr!« rief er erfreut und streng zugleich. Bei seinen großen Schritten enthüllte sich stets für einen Augenblick seine farbige Unterkleidung. Karl begriff nicht ganz, warum Delamarche hier, in der Stadt, in der riesigen Mietskaserne, auf der offenen Straße, so bequem angezogen herumging, als sei er in seiner Privatvilla. Ebenso wie Robinson hatte auch Delamarche sich sehr verändert. Sein dunkles, glatt rasiertes, peinlich reines, von roh ausgearbeiteten Muskeln gebildetes Gesicht sah stolz und respekteinflößend aus. Der grelle Schein seiner jetzt immer etwas zusammengezogenen Augen überraschte. Sein violetter Schlafrock war zwar alt, fleckig und für ihn zu groß, aber aus diesem häßlichen Kleidungsstück bauschte sich oben eine mächtige, dunkle Krawatte aus schwerer Seide.

Au temps qui s'écoula avant l'arrivée de Delamarche on put mesurer la hauteur de l'immeuble. Et Delamarche apparut pourtant avoir fait vite, sa robe de chambre à peine fermée.
— Alors vous voilà ! s'écria-t-il, d'un ton joyeux et sévère à la fois.
Comme il marchait à grands pas, on pouvait apercevoir par instant ses sous-vêtements colorés. Karl ne comprenait pas bien pourquoi Delamarche, ici, en ville, dans ce grand ensemble, et en pleine rue, se promenait dans une tenue aussi négligée que s'il avait été dans sa propre villa. Delamarche avait lui aussi beaucoup changé, tout comme Robinson. Son visage glabre et net, bien bronzé, musculeux, respirait la fierté et inspirait le respect. Sous ses sourcils toujours un peu froncés maintenant, ses yeux avaient un éclat perçant qui surprenait. Sa robe de chambre mauve était plutôt vieille, tachée, et trop grande pour lui, mais l'échancrure de ce vilain vêtement laissait voir une énorme cravatte de soie sombre et épaisse.

»Nun?« fragte er alle insgesamt. Der Polizeimann trat ein wenig näher und lehnte sich an den Motorkasten des Automobils. Karl gab eine kleine Erklärung.
»Robinson ist ein wenig marod, aber wenn er sich Mühe gibt, wird er schon die Treppen hinaufgehen können; der Chauffeur hier will noch eine Nachzahlung zum Fahrgeld, das ich schon bezahlt habe. Und jetzt gehe ich. Guten Tag.«
»Du gehst nicht«, sagte Delamarche.
»Ich habe es ihm auch schon gesagt«, meldete sich Robinson aus dem Wagen.
»Ich gehe doch«, sagte Karl und machte ein paar Schritte.

— Alors ? demanda-t-il, s'adressant à tout le monde.
L'agent de police s'approcha un peu et s'accouda au capot de la voiture. Karl donna une petite explication :
— Robinson est un peu mal en point, mais s'il se donne un peu de peine, il pourra certainement monter les escaliers. Le chauffeur ici présent réclame encore un supplément pour la course que j'ai déjà payée. Et maintenant, je m'en vais. Au revoir.
— Non, tu ne t'en vas pas, dit Delamarche.
— C'est ce que je lui ai déja dit ! fit Robinson du fond de la voiture.
— Si, je m'en vais, dit Karl. Et il fit quelques pas.

Aber Delamarche war schon hinter ihm und schob ihn mit Gewalt zurück.
»Ich sage, du bleibst!« rief er.
»Aber laßt mich doch«, sagte Karl und machte sich bereit, wenn es nötig sein sollte, mit den Fäusten sich die Freiheit zu verschaffen, so wenig Aussicht auf Erfolg gegenüber einem Mann wie Delamarche auch war. Aber da stand doch der Polizeimann, da war der Chauffeur, hie und da gingen Arbeitergruppen durch die sonst freilich ruhige Straße; würde man es denn dulden, daß ihm von Delamarche ein Unrecht geschehe? In einem Zimmer hätte er mit ihm nicht allein sein wollen, aber hier? Delamarche zahlte jetzt ruhig dem Chauffeur, der unter vielen Verbeugungen den unverdient großen Betrag einsteckte und aus Dankbarkeit zu Robinson ging und mit diesem offenbar darüber sprach, wie er am besten herausbefördert werden könnte. Karl sah sich unbeobachtet, vielleicht duldete Delamarche ein stillschweigendes Fortgehen leichter; wenn Streit vermieden werden konnte, war es natürlich am besten, und so ging Karl einfach in die Fahrbahn hinein, um möglichst rasch wegzukommen.

Mais Delamarche le rattrapa aussitôt, et le força brutalement à revenir sur ses pas.
— J'ai dit que tu restais ici ! cria-t-il.
— Mais lâchez-moi donc ! dit Karl, et il se tenait prêt, si c'était nécessaire, à faire usage de ses poings pour se libérer, même s'il avait peu de chances d'y réussir en face d'un individu comme Delamarche. Mais il y avait là tout de même un agent de police, et aussi le chauffeur, des groupes d'ouvriers passaient ici et là dans cette rue généralement plutôt tranquille. Allait-on tolérer qu'il soit maltraité par Delamarche ? Il n'aurait pas voulu se trouver seul dans une pièce avec lui, - mais là ? Delamarche payait maintenant tranquillement le chauffeur, qui le remerciait avec force courbettes en empochant un pourboire qu'il ne méritait pas, et comme pris de gratitude, s'approcha de Robinson et discuta apparemment avec lui de la meilleure façon de le sortir de là. Karl vit qu'on ne faisait pas attention à lui, et il se dit que peut-être Delamarche aimerait mieux qu'il s'éclipse en douce. Ce serait mieux, naturellement, si on pouvait éviter une dispute, et il traversa les rails du tramway pour disparaître au plus vite.

§ L'agent de police

Die Kinder strömten zu Delamarche, um ihn auf Karls Flucht aufmerksam zu machen, aber er mußte selbst gar nicht eingreifen, denn der Polizeimann sagte mit vorgestrecktem Stabe: »Halt!«
»Wie heißt du?« fragte er, schob den Stab unter den Arm und zog langsam ein Buch hervor. Karl sah ihn jetzt zum erstenmal genauer an, es war ein kräftiger Mann, hatte aber schon fast ganz weißes Haar.
»Karl Roßmann«, sagte er.
»Roßmann«, wiederholte der Polizeimann, zweifellos nur, weil er ein ruhiger und gründlicher Mensch war, aber Karl, der es hier eigentlich zum erstenmal mit amerikanischen Behörden zu tun bekam, sah schon in dieser Wiederholung das Aussprechen eines gewissen Verdachtes. Und tatsächlich konnte seine Sache nicht gut stehen, denn selbst Robinson, der doch so sehr mit seinen eigenen Sorgen beschäftigt war, bat aus dem Wagen heraus mit stummen lebhaften Handbewegungen den Delamarche, er möge Karl doch helfen. Aber Delamarche wehrte ihn mit hastigem Kopfschütteln ab und sah untätig zu, die Hände in seinen übergroßen Taschen. Der Bursche auf dem Türstein erklärte einer Frau, die jetzt erst aus dem Tore trat, den ganzen Sachverhalt von allem Anfang an. Die Kinder standen in einem Halbkreis hinter Karl und sahen still zum Polizeimann hinauf.

Les gamins se pressèrent autour de Delamarche pour lui faire remarquer que Karl s'enfuyait, mais il n'eut même pas à intervenir, car l'agent de police étendit son bâton et dit :
— Halte-là ! Comment t'appelles-tu ?
Puis il glissa son bâton sous son bras et extirpa tranquillement un carnet de sa poche. Karl le regarda alors de près, pour la première fois : c'était un homme solide, dont les cheveux étaient déjà presque tous blancs.
— Karl Rossmann, dit Karl.
— Rossmann, répéta l'agent, comme pour en être sûr, en homme sérieux et posé qu'il était. Mais Karl, qui se trouvait pour la première confronté aux autorités américaines, vit dans cette répétition une forme de suspicion. Et en effet, son affaire s'annonçait sûrement mal, puisque Robinson lui-même, tellement occupé avec ses propres ennuis, fasse depuis la voiture de grands gestes muets à l'adresse de Delamarche, pour qu'il vienne au secours de Karl. Mais Delamarche ne répondit qu'en secouant la tête négativement, et continua à regarder la scène, les mains au fond de ses immenses poches. Le type assis sur la borne expliqua toute l'affaire depuis le commencement à une femme qui sortait du porche à ce moment-là. Les gamins se tenaient en demi-cercle derrière Karl et, la tête levée, regardaient en silence l'agent de police.

»Zeig deine Ausweispapiere«, sagte der Polizeimann. Das war wohl nur eine formelle Frage; denn wenn man keinen Rock hat, wird man auch nicht viel Ausweispapiere bei sich haben. Karl schwieg deshalb, um lieber auf die nächste Frage ausführlich zu antworten und so den Mangel der Ausweispapiere möglichst zu vertuschen.
Aber die nächste Frage war: »Du hast also keine Ausweispapiere?« und Karl mußte antworten: »Bei mir nicht.«
»Das ist aber schlimm«, sagte der Polizeimann, sah nachdenklich im Kreise umher und klopfte mit zwei Fingern auf den Deckel seines Buches. »Hast du irgendeinen Verdienst?« fragte der Polizeimann schließlich.
»Ich war Liftjunge«, sagte Karl.
»Du warst Liftjunge, bist es also nicht mehr, und wovon lebst du denn jetzt?«
»Jetzt werde ich mir eine neue Arbeit suchen.«
»Ja, bist du denn entlassen worden?«
»Ja, vor einer Stunde.«
»Plötzlich?«
»Ja«, sagte Karl und hob wie zur Entschuldigung die Hand.

— Montre-moi tes papiers, dit l'agent de police.
Ce n'était qu'une simple formule, pour la forme : quand on est sans veste, on ne peut sûrement pas avoir de papiers d'identité sur soi. Karl resta donc sans rien dire, préférant se réserver pour répondre par le menu à la prochaine question, et ainsi faire oublier autant que possible le fait qu'il n'avait pas de papiers. Mais la question suivante fut celle-ci :
— Tu n'as donc pas de papiers ?
Et Karl dut bien répondre :
— Je ne les ai pas sur moi.
— C'est embêtant, ça, dit l'agent. Et il regarda tout autour de lui avec un air méditatif, en tapotant avec deux doigts la couverture de son carnet, pour demander, finalement :
— As-tu un travail quelconque ?
— J'étais garçon d'ascenseur, dit Karl.
— Tu étais garçon d'ascenseur, et tu ne l'es plus, alors de quoi vis-tu, maintenant ?
— Je vais me chercher un autre travail.
— Tu viens donc tout juste d'être renvoyé ?
— Oui, il y a une heure.
— Brutalement ?
— Oui, dit Karl, en faisant un geste, comme pour s'excuser.

Die ganze Geschichte konnte er hier nicht erzählen, und wenn es auch möglich gewesen wäre, so schien es doch ganz aussichtslos, ein drohendes Unrecht durch Erzählung eines erlittenen Unrechts abzuwehren. Und wenn er sein Recht nicht von der Güte der Oberköchin und von der Einsicht des Oberkellners erhalten hatte, von der Gesellschaft hier auf der Straße hatte er es gewiß nicht zu erwarten.

Il ne pouvait pas raconter ici toute cette histoire ; et même si cela avait été possible, il ne lui semblait pas qu'il y eût un espoir d'éviter une injustice qu'il sentait venir en racontant une injustice qu'il avait subie. Et s'il n'avait pas pu faire valoir son bon droit devant la brave cuisinière en chef non plus que devant le Chef du Personnel si perspicace, il n'y avait sûrement rien à attendre de ces gen rassemblés ici, dans la rue.

»Und ohne Rock bist du entlassen worden?« fragte der Polizeimann.
»Nun ja«, sagte Karl; also auch in Amerika gehörte es zur Art der Behörden, das, was sie sahen, noch eigens zu fragen. (Wie hatte sein Vater bei der Beschaffung des Reisepasses über die nutzlosen Fragereien der Behörden sich ärgern müssen!) Karl hatte große Lust wegzulaufen, sich irgendwo zu verstecken und keine Fragen mehr anhören zu müssen. Und nun stellte gar der Polizeimann jene Frage, vor der sich Karl am meisten gefürchtet und in deren unruhiger Voraussicht er sich bisher wahrscheinlich unvorsichtiger benommen hatte, als es sonst geschehen wäre.
»In welchem Hotel warst du denn angestellt?«

 — Et tu as été renvoyé comme ça, sans ta veste ?
— Eh oui, dit Karl. Ainsi, même en Amérique, c'était la méthode des autorités que de vous faire dire ce qu'elles savent déjà. (Et combien son père, en faisant les démarches pour lui obtenir un passeport, avait-il été irrité d'avoir à répondre aux incessantes questions inutiles des autorités !) Karl avait très envie de déguerpir, d'aller se cacher quelque part, et de n'avoir plus à répondre à des questions. Et voilà que justement l'agent posait la question que Karl redoutait le plus, et c'était justement la crainte d'avoir à y faire face qui l'avait fait se comporter bien plus imprudemment qu'il ne l'eût fait sans cela.
— Dans quel hôtel étais-tu employé ?

§ Intervention de Delamarche

Er senkte den Kopf und antwortete nicht, auf diese Frage wollte er unbedingt nicht antworten. Es durfte nicht geschehen, daß er, von einem Polizeimann eskortiert, wieder ins Hotel Occidental zurückkäme, daß dort Verhöre stattfanden, zu denen seine Freunde und Feinde beigezogen würden, daß die Oberköchin ihre schon sehr schwach gewordene gute Meinung über Karl gänzlich aufgab, da sie ihn, den sie in der Pension Brenner vermutete, von einem Polizeimann aufgegriffen, in Hemdärmeln, ohne ihre Visitenkarte, zurückgekehrt fand, während der Oberkellner vielleicht nur voll Verständnis nicken und der Oberportier dagegen von der Hand Gottes sprechen würde, die den Lumpen endlich gefunden habe.
»Er war im Hotel Occidental angestellt«, sagte Delamarche und trat an die Seite des Polizeimannes.
»Nein«, rief Karl und stampfte mit dem Fuße auf, »es ist nicht wahr!«

Karl baissa la tête sans répondre. C'était une question à laquelle il ne voulait répondre à aucun prix. Il ne pouvait supporter l'idée de revenir, accompagné d'un agent de police, à l'Hôtel Occidental, pour y subir un interrogatoire auquel ses amis tout comme ses ennemis seraient convoqués ; la cuisinière en chef y perdrait du coup la bonne opinion qu'elle avait eue jusqu'ici de lui - quoique déjà bien affaiblie - car elle le croyait employé à la pension Brenner, et elle le verrait revenir tenu par un agent, en bras de chemise, sans la carte de visite de recommandation qu'elle lui avait donnée... Et quant au Chef du Personnel, il se contenterait peut-être de hocher la tête d'un air entendu, mais le Portier en Chef, lui, invoquerait la main de Dieu qui s'était enfin abattue sur cette racaille.
— Il était employé à l'Hôtel Occidental, dit Delamarche, en s'avançant à côté de l'agent.
— Non ! s'écria Karl en tapant du pied, ce n'est pas vrai !

Delamarche sah ihn mit spöttisch zugespitztem Munde an, als könne er noch ganz andere Dinge verraten. Unter die Kinder brachte die unerwartete Aufregung Karls große Bewegung, und sie zogen zu Delamarche hin, um lieber von dort aus Karl genau anzusehen. Robinson hatte den Kopf völlig aus dem Wagen gesteckt und verhielt sich vor Spannung ganz ruhig; hie und da ein Augenzwinkern war seine einzige Bewegung. Der Bursche im Tor schlug in die Hände vor Vergnügen, die Frau neben ihm gab ihm einen Stoß mit dem Ellbogen, damit er ruhig sei. Die Gepäckträger hatten gerade Frühstückspause und erschienen sämtlich mit großen Töpfen schwarzen Kaffees, in dem sie mit Stangenbroten herumrührten. Einige setzten sich auf den Trottoirrand, alle schlurften den Kaffee sehr laut.

Delamarche le regarda avec une moue ironique, comme pour signifier qu'il pourrait raconter encore bien d'autres choses. Le comportement inattendu de Karl provoqua un grand remous dans le groupe de gamins, et il se dirigèrent vers Delamarche pour pouvoir mieux observer Karl. Robinson avait maintenant la tête tout à fait en dehors de la voiture, et la curiosité faisait qu'il se tenait tout à fait tranquille : son seul mouvement visible se résumait à un clind'œil par-ci, par-là. Le type du porche se frottait les mains de contentement, et la femme qui se trouvait à côté lui donna un coup de coude pour qu'il arrête. Les ouvriers qui transportaient des sacs faisaient la pause pour le casse-croûte du matin, et surgissient tous en portant de grands pots de café noir dans lesquels ils trempaient et remuaient des baguettes de pain entières. quelques uns s'étaient assis sur le bord du trottoir, et tous buvaient leur café en l'aspirant bruyamment.

»Sie kennen wohl den Jungen?« fragte der Polizeimann den Delamarche.
»Besser, als mir lieb ist«, sagte dieser. »Ich habe ihm seinerzeit viel Gutes getan, er aber hat sich dafür sehr schlecht bedankt, was Sie wohl, selbst nach dem ganz kurzen Verhör, das Sie mit ihm angestellt haben, leicht begreifen werden.«
 »Ja«, sagte der Polizeimann, »er scheint ein verstockter Junge zu sein.«
 »Das ist er«, sagte Delamarche, »aber es ist das noch nicht seine schlechteste Eigenschaft.«
 »So?« sagte der Polizeimann.

— Vous connaissez sûrement ce jeune homme ? demanda l'agent à Delamarche.
— Je ne le connais que trop bien ! répondit celui-ci. J'ai souvent fait preuve de gentillesse envers lui à une certaine époque, mais j'en ai été très mal remercié, ce que vous ne devez avoir aucune peine à comprendre après l'interrogatoire auquel vous l'avez soumis, même s'il a été très superficiel
— Oui, dit l'agent. C'est quelqu'un de très buté, il me semble.
— Il l'est, dit Delamarche ; mais ce n'est pas son pire défaut.
— Ah bon ? dit l'agent.

»Ja«, sagte Delamarche, der nun im Reden war und dabei mit den Händen in den Taschen seinen ganzen Mantel in schwingende Bewegung brachte, »das ist ein feiner Hecht. Ich und mein Freund dort im Wagen, wir haben ihn zufällig im Elend aufgegriffen, er hatte damals keine Ahnung von amerikanischen Verhältnissen, er kam gerade aus Europa, wo man ihn auch nicht hatte brauchen können; nun, wir schleppten ihn mit uns, ließen ihn mit uns leben, erklärten ihm alles, wollten ihm einen Posten verschaffen, dachten, trotz allen Anzeichen, die dagegen sprachen, noch einen brauchbaren Menschen aus ihm zu machen, da verschwand er einmal in der Nacht, war einfach weg, und das unter Begleitumständen, die ich lieber verschweigen will. War es so oder nicht?« fragte Delamarche schließlich und zupfte Karl am Hemdärmel.

— Oui, dit Delamarche, maintenant lancé et qui, les mains au fond des poches, imprimait maintenant à sa robe de chambre un continuel va-et-vient. C'est un sacré filou. Avec mon ami qui est là dans la voiture, nous l'avons par hasard secouru quand il était en pleine détresse ; il n'avait alors aucune idée du mode de vie américain, il venait tout juste de débarquer d'Europe, où on n'avait déjà rien pu faire de lui. Bref, nous l'avons traîné avec nous, il a vécu avec nous, nous lui avons tout expliqué, nous avons essayé de lui trouver un emploi ; nous pensions, contre tout ce qui pourtant nous prouvait le contraire, que nous allions pouvoir faire quelque chose de lui. Et une nuit, il a disparu tout simplement, et dans des circonstances que je ne tiens pas à évoquer. Est-ce vrai, oui ou non ? dit-il pour finir, en s'adressant à Karl, qu'il tira par la manche.

 »Zurück, ihr Kinder!« rief der Polizeimann, denn diese hatten sich so weit vorgedrängt, daß Delamarche fast über eines gestolpert wäre.
 Inzwischen waren auch die Gepäckträger, die bisher die Interessantheit dieses Verhörs unterschätzt hatten, aufmerksam geworden und hatten sich in dichtem Ring hinter Karl versammelt, der nun auch nicht einen Schritt hätte zurücktreten können und überdies unaufhörlich in den Ohren das Durcheinander der Stimmen dieser Gepäckträger hatte, die in einem gänzlich unverständlichen, vielleicht mit slawischen Worten untermischten Englisch mehr polterten als redeten.

— Reculez donc, les enfants ! s'écria l'agent.
Les enfants en effet s'étaient tellement avancés que pour un peu, Delamarche leur aurait marché dessus.
Entre-temps, les débardeurs, qui jusque-là n'avaient pas accordé grand intérêt à cet interrogatoire, étaient devenus plus attentifs eux aussi, et s'étaient rassemblés, formant un arc-de-cercle dense derrière Karl, si bien que celui-ci n'aurait même pas pu faire un pas en arrière, et que de plus il avait dans les oreilles le brouhaha des voix de ces gens, qui émettaient plutôt des sortes de grognements incompréhensibles dans lesquels des mots slaves se mêlaient peut-être à de l'anglais.

»Danke für die Auskunft«, sagte der Polizeimann und salutierte vor Delamarche. »Jedenfalls werde ich ihn mitnehmen und dem Hotel Occidental zurückgeben lassen.« Aber Delamarche sagte: »Dürfte ich die Bitte stellen, mir den Jungen vorläufig zu überlassen, ich hätte einiges mit ihm in Ordnung zu bringen. Ich verpflichte mich, ihn dann selbst ins Hotel zurückzuführen.«
»Das kann ich nicht tun«, sagte der Polizeimann.
Delamarche sagte: »Hier ist meine Visitenkarte«, und reichte ihm ein Kärtchen.
Der Polizeimann sah es anerkennend an, sagte aber, verbindlich lächelnd: »Nein, es ist vergeblich.«

— Merci pour le renseignement, dit l'agent, en adressant un salut à Delamarche. De toutes façons, je vais l'emmener et le faire reconduire à l'“l'Hôtel Occidental”. Mais Delamarche reprit :
— Puis-je vous demander qu'on me confie un instant ce jeune homme ? J'ai quelques affaires à régler avec lui, et je m'engage à le ramener moi-même ensuite à l'Hôtel.
— Je ne peux pas faire ça, dit l'agent.
— Voici ma carte de visite, dit Delamarche ; et il lui tendit un bristol.
L'agent l'examina avec attention et sourit aimablement mais insista  :
— Non, ce n'est pas possible.

So sehr sich Karl bisher vor Delamarche gehütet hatte, jetzt sah er in ihm die einzig mögliche Rettung. Es war zwar verdächtig, wie sich dieser beim Polizeimann um Karl bewarb, aber jedenfalls würde sich Delamarche leichter als der Polizeimann bewegen lassen, ihn nicht ins Hotel zurückzuführen. Und selbst wenn Karl an der Hand des Delamarche ins Hotel zurückkam, so war es viel weniger schlimm, als wenn es in Begleitung des Polizeimannes geschah. Vorläufig aber durfte natürlich Karl nicht zu erkennen geben, daß er tatsächlich zu Delamarche wollte, sonst war alles verloren. Und unruhig sah er auf die Hand des Polizeimannes, die sich jeden Augenblick erheben konnte, um ihn zu fassen.

Autant Karl avait jusqu'ici éprouvé de la méfiance à l'égard de Delamarche, autant maintenant il lui apparaissait comme le seul recours possible. Bien sûr, sa tentative de le soustraire à l'agent de police était un peu suspecte ; mais d'un autre côté, il étair sûr que Delamarche se laisserait plus facilement convaincre que l'agent de ne pas le ramener à l'Hôtel. Et même s'il devait y revenir sous la garde de Delamarche, ce serait bien moins grave que s'il s'agissait d'un agent de police. Mais pour le moment, il ne fallait pas, bien sûr donner l'impression qu'il était prêt à partir avec Delamarche, sinon tout serait perdu. et il regardait avec inquiétude la main de l'agent qui pouvait à tout instant s'abattre sur lui.

»Ich müßte doch wenigstens erfahren, warum er plötzlich entlassen worden ist«, sagte schließlich der Polizeimann, während Delamarche mit verdrießlichem Gesicht beiseite sah und die Visitenkarte zwischen den Fingerspitzen zerdrückte.
»Aber er ist doch gar nicht entlassen!« rief Robinson zu allgemeiner Überraschung und beugte sich, auf den Chauffeur gestützt möglichst weit aus dem Wagen. »Im Gegenteil, er hat ja dort einen guten Posten. Im Schlafsaal ist er der Oberste und kann hineinführen, wen er will. Nur ist er riesig beschäftigt, und wenn man etwas von ihm haben will, muß man lange warten. Immerfort steckt er beim Oberkellner, bei der Oberköchin und ist Vertrauensperson. Entlassen ist er auf keinen Fall. Ich weiß nicht, warum er das gesagt hat. Wie kann er denn entlassen sein? Ich habe mich im Hotel schwer verletzt, und da hat er den Auftrag bekommen, mich nach Hause zu schaffen, und weil er gerade ohne Rock war, ist er eben ohne Rock mitgefahren. Ich konnte nicht noch warten, bis er den Rock holt.«

— Il faudrait tout de même que je sache pourquoi il a été congédié si vite, dit finalement l'agent, tandis que Delamarche regardait de côté, l'air contrarié, et agitait sa carte de visite du bout des doigts.
— Mais il n'a pas du tout été renvoyé, s'écria Robinson, à la surprise générale ; et il se penchait du mieux qu'il pouvait en dehors de la voiture, en prenant appui sur le chauffeur. Au contraire ! Il a une très bonne place là-bas. Au dortoir, c'est lui qui commande, et il peut y faire venir qui il veut. Mais il est toujours très occupé, et quand on veut obtenir quelque chose de lui, il faut attendre longtemps. Il est toujours fourré chez le Chef du Personnel, chez la cuisinière en chef, c'est un homme de confiance. Renvoyé, lui ? Sûrement pas. Je ne sais pas pourquoi il a dit ça. Comment cela se pourrait-il ? Je me suis gravement blessé dans cet Hôtel, et c'est lui qui a été chargé de me ramener chez moi ; et s'il n'a pas sa veste sur lui, c'est qu'il est parti sans la prendre. Je ne pouvais tout de même pas attendre qu'il aille la chercher !

»Nun also«, sagte Delamarche mit ausgebreiteten Armen, in einem Ton, als werfe er dem Polizeimann Mangel an Menschenkenntnis vor, und diese seine zwei Worte schienen in die Unbestimmtheit der Aussage Robinsons eine widerspruchslose Klarheit zu bringen.
»Ist das aber auch wahr?« fragte der Polizeimann schon schwächer. »Und wenn es wahr ist, warum gibt der Junge vor, entlassen zu sein?«
»Du sollst antworten«, sagte Delamarche.
Karl sah den Polizeimann an, der hier zwischen fremden, nur auf sich selbst bedachten Leuten Ordnung schaffen sollte, und etwas von seinen allgemeinen Sorgen ging auch auf Karl über. Er wollte nicht lügen und hielt die Hände fest verschlungen auf dem Rücken.

— Vous voyez ! dit Delamarche, en ouvrant les bras, d'une façon qui avait l'air d'un reproche à l'égard de l'agent, pour son manque de psychologie ; et ces deux mots parurent jeter une clarté définitive sur le dicours confus que venait de tenir Robinson.
— Mais est-ce bien vrai, ça aussi ? demanda l'agent, déjà plus faiblement. Et si c'est vrai, alors pourquoi ce gars-là prétend-il avoir été mis à la porte ?
— Allons, réponds ! fit Delamarche.
Karl regarda l'agent qui devait faire régner l'ordre parmi tous ces inconnus ne pensant qu'à eux-mêmes, et il perçut quelque chose de l'ampleur de sa tâche. Il ne voulut pas mentir, et serra les poings derrière son dos.

§ Karl s'enfuit

In dem Tore erschien ein Aufseher und klatschte in die Hände, zum Zeichen, daß die Gepäckträger wieder an ihre Arbeit gehen sollten. Sie schütteten den Bodensatz aus ihren Kaffeetöpfen und zogen verstummend mit schwankenden Schritten ins Haus.
»So kommen wir zu keinem Ende«, sagte der Polizeimann und wollte Karl am Arm fassen. Karl wich unwillkürlich noch ein wenig zurück, fühlte den freien Raum, der sich ihm infolge des Abmarsches der Gepäckträger eröffnet hatte, wandte sich um und setzte sich unter einigen großen Anfangssprüngen in Lauf. Die Kinder brachen in einen einzigen Schrei aus und liefen mit ausgestreckten Ärmchen ein paar Schritte mit.

Un contremaître parut sous le porche et frappa dans ses mains pour signifier aux débardeurs qu'il était temps de reprendre leur travail. Ils vidèrent le reste de leurs pots de café, et sans un mot, traînant un peu les pieds, entrèrent dans l'immeuble.
— On n'en sortira pas comme ça, dit l'agent ; et il voulut attraper Karl par le bras.
Karl recula un peu sans le vouloir et sentit que l'espace était libre du fait que les débardeurs étaient partis ; il se retourna, fit quelques bonds pour prendre son élan, et se mit à courir aussi vite qu'il pouvait. Les gamins poussèrent un grand cri tous ensemble, et se mirent à courir avec lui quelques pas en tendant leurs petits bras.

»Haltet ihn!« rief der Polizeimann die lange, fast leere Gasse hinab und lief unter gleichmäßigem Ausstoßen dieses Rufes in geräuschlosem, große Kraft und Übung verratendem Lauf hinter Karl her. Es war ein Glück für Karl, daß die Verfolgung in einem Arbeiterviertel stattfand. Die Arbeiter halten es nicht mit den Behörden. Karl lief mitten in der Fahrbahn, weil er dort die wenigsten Hindernisse hatte, und sah nun hie und da auf dem Trottoir Arbeiter stehenbleiben und ihn ruhig beobachten, während der Polizeimann ihnen sein »Haltet ihn!« zurief und in seinem Lauf, er hielt sich klugerweise auf dem glatten Trottoir, unaufhörlich den Stab gegen Karl hin ausstreckte.

— Arrêtez-le ! cria l'agent en dévalant la longue rue en pente et à peu près déserte.
Et en répétant cela sans arrêt, il se mit à poursuivre Karl à grandes enjambées silencieuses, qui trahissaient chez lui une grande force et un grand entraînement. Ce fut une chance pour Karl que cette poursuite se fassse dans un quartier ouvrier, car les ouvriers ne sont pas du côté des autorités. Il courait au milieu de la rue, car c'était là qu'il rencontrait le moins d'obstacles, et il voyait seulement, de temps en temps sur le trottoir, des ouvriers qui s'arrêtaient et qui le regardaient tranquillement, tandis que l'agent leur adressait ses “Arrêtez-le !”, et tandis qu'il courait en restant habilement sur le trottoirt bien lisse, il brandissait sans cesse son bâton vers Karl.

Karl hatte wenig Hoffnung und verlor sie fast ganz, als der Polizeimann nun, da sie sich Quergassen näherten, die gewiß auch Polizeipatrouillen enthielten, geradezu betäubende Pfiffe ausstieß. Karls Vorteil war lediglich seine leichte Kleidung, er flog, oder besser stürzte, die sich immer mehr senkende Straße hinab, nur machte er, zerstreut infolge seiner Verschlafenheit, oft zu hohe, zeitraubende und nutzlose Sprünge. Außerdem aber hatte der Polizeimann sein Ziel, ohne nachdenken zu müssen, immer vor Augen, für Karl dagegen war der Lauf doch eigentlich Nebensache, er mußte nachdenken, unter verschiedenen Möglichkeiten auswählen, immer neu sich entschließen.

Karl avait peu d'espoir, et il n'en eut même presque plus du tout quand l'agent, approchant des rues transversales, où se trouvaient probablement des patrouilles de Police, se mit à lancer des coups de sifflet assourdissants. Le seul avantage de Karl était d'être vêtu légérement : il dévalait, ou plutôt dégringolait la rue dont la pente s'accentuait de plus en plus. Mais à cause de son manque de sommeil il était distrait, et faisait souvent des bonds trop hauts, qui ne servaient à rien et lui faisaient seulement perdre du temps. L'agent avait toujours son objectif devant les yeux, sans avoir à s'en préoccuper, alors que pour Karl, au contraire, le fait de courir n'était qu'un aspect secondaire : il devait surtout sans cesse choisir entre diverses possibilités, sans cesse prendre des décisions nouvelles.

Sein etwas verzweifelter Plan war vorläufig, die Quergassen zu vermeiden, da man nicht wissen konnte, was in ihnen steckte, vielleicht würde er da geradewegs in eine Wachstube hineinlaufen; er wollte sich, solange es nur ging, an diese weithin übersichtliche Straße halten, die erst tief unten in eine Brücke auslief, die, kaum begonnen, in Wasser- und Sonnendunst verschwand.

Son plan de la dernière chance consistait pour le moment à éviter les rues transversales, car il ne pouvait jamais savoir si elle ne recélaient pas des dangers et si elles n'allaient pas le conduire dierctement à un poste de police ; il lui fallait aussi longtemps qu'il le pourrait, rester sur cette rue bien dégagée, où il pouvait voir très loin, et qui ne débouchait tout en bas que sur un pont qui se perdait aussitôt dans un brouillard d'eau et de soleil. Au moment d'accélerer sa course, après avoir pris ce parti, pour dépasser le plus vite possible la première rue transversale qui se présentait, il s'aperçut qu'il y avait tout près de lui un agent qui le guettait, caché dans l'ombre, collé contre le mur sombre d'un immeuble, et prêt à bondir sur lui.

Gerade wollte er sich nach diesem Entschluß zu schnellerem Lauf zusammennehmen, um die erste Querstraße besonders eilig zu passieren, da sah er nicht allzu weit vor sich einen Polizeimann, lauernd an die dunkle Mauer eines im Schatten liegenden Hauses gedrückt, bereit, im richtigen Augenblick auf Karl loszuspringen. Jetzt blieb keine Hilfe als die Quergasse, und als er gar aus dieser Gasse ganz harmlos beim Namen gerufen wurde - es schien ihm zwar zuerst eine Täuschung zu sein, denn ein Sausen hatte er schon die ganze Zeit lang in den Ohren -, zögerte er nicht mehr länger und bog, um die Polizeileute möglichst zu überraschen, auf einem Fuß sich schwenkend, rechtwinklig in diese Gasse ein.

Il n'y avait plus alors d'autre salut pour lui que dans la rue transversale... Et quand, juste à ce moment, il s'entendit appeler aimablement par son nom depuis cette rue, il crut d'abord qu'il s'agissait d'une hallucination (car il avait eu en permanence un bourdonnement dans les oreilles durant toute sa course), alors il n'hésita plus un seul instant et pour surprendre au maximum les agents de police, il se lança dans cette rue en pivotant brutalement sur un seul pied, à angle droit.

§ Karl sauvé par Delamarche

Kaum war er zwei Sprünge weit gekommen - daß man seinen Namen gerufen hatte, hatte er schon wieder vergessen, nun pfiff auch der zweite Polizeimann, man merkte seine unverbrauchte Kraft, ferne Passanten in dieser Querstraße schienen eine raschere Gangart anzunehmen -, da griff aus einer kleinen Haustüre eine Hand nach Karl und zog ihn mit den Worten »Still sein!« in einen dunklen Flur. Es war Delamarche, ganz außer Atem, mit erhitzten Wangen, seine Haare klebten ihm rings um den Kopf. Den Schlafrock trug er unter dem Arm und war nur mit Hemd und Unterhose bekleidet. Die Türe, welche nicht das eigentliche Haustor war, sondern nur einen unscheinbaren Nebeneingang bildete, hatte er gleich geschlossen und versperrt.

À peine avait-il fait deux bonds - et il avait déjà oublié qu'on l'avait appelé par son nom - que le deuxième agent se mit à siffler - on sentait bien qu'il disposait de toutes ses forces, lui... Et voilà que des gens qui se trouvaient loin semblaient maintenant accélérer l'allure... Quand une main jaillit soudain d'une petite porte et tira Karl dans un obscur couloir avec ces mots :
— Tais-toi !
C'était Delamarche, hors d'haleine, les joues en feu, les cheveux collés au crâne par la sueur. Il portait sa robe de chambre sous le bras et n'était qu'en chemise et en sous-vêtements. Il eut bientôt fait de refermer et tirer le verrou de la porte qui n'était pas une entrée d'immeuble, mais simplement une petite porte de service, presque invisible.

»Einen Augenblick«, sagte er dann, lehnte sich mit hochgehaltenem Kopf an die Wand und atmete schwer. Karl lag fast in seinen Armen und drückte halb besinnungslos das Gesicht an seine Brust.
»Da laufen die Herren«, sagte Delamarche und streckte den Finger aufhorchend gegen die Tür. Wirklich liefen jetzt die zwei Polizeileute vorbei, ihr Laufen klang in der leeren Gasse, wie wenn Stahl gegen Stein geschlagen wird.
»Du bist aber ordentlich hergenommen«, sagte Delamarche zu Karl, der noch immer an seinem Atem würgte und kein Wort herausbringen konnte. Delamarche setzte ihn vorsichtig auf den Boden, kniete neben ihm nieder, strich ihm mehrmals über die Stirn und beobachtete ihn.
»Jetzt geht es schon«, sagte Karl und stand mühsam auf.
»Dann also los«, sagte Delamarche, der seinen Schlafrock wieder angezogen hatte, und schob Karl, der noch vor Schwäche den Kopf gesenkt hielt, vor sich her. Von Zeit zu Zeit schüttelte er Karl, um ihn frischer zu machen.

— Un instant, dit Delamarche.
Il se rejeta en arrière, la tête appuyée contre le mur, et reprit son souffle. Karl se trouvait presque dans ses bras, à la limite de l'évanouissement, le visage contre sa poitrine.
— Les voilà qui courent ! dit Delamarche en montrant la porte du doigt et en y prêtant l'oreille.
Et effectivement, on entendait résonner dans la rue déserte les pas des deux agents qui passaient en courant, comme si on tapait sur une pierre avec de l'acier.
— Tu l'as échappé belle ! dit Delamarche à l'adresse de Karl, qui haletait encore et ne pouvait proférer un seul mot, et il le fit s'asseoir sur le sol avec précaution. Il s'agenouilla près de lui, lui tâta plusieurs fois le front, et l'observa.
— Ça va déjà mieux, maintenant, dit Karl en se relevant péniblement.
— Alors, allons-y, dit Delamarche.
Il avait repassé sa robe de chambre, et il poussa devant lui Karl, trop faible encore pour relever la tête. De temps en temps, il le secouait, pour lui redonner un peu d'allant.

»Du willst müde sein?« sagte er. »Du konntest doch im Freien laufen wie ein Pferd, ich aber mußte hier durch die verfluchten Gänge und Höfe schleichen. Glücklicherweise bin ich aber auch ein Läufer.« Vor Stolz gab er Karl einen weit ausgeholten Schlag auf den Rücken. »Von Zeit zu Zeit ist ein solches Wettrennen mit der Polizei eine gute Übung.«
»Ich war schon müde, wie ich zu laufen anfing«, sagte Karl.
»Für schlechtes Laufen gibt es keine Entschuldigung«, sagte Delamarche. »Wenn ich nicht wäre, hätten sie dich schon längst gefaßt.«
»Ich glaube auch«, sagte Karl. »Ich bin Ihnen sehr verpflichtet.«
»Kein Zweifel«, sagte Delamarche.

— Tu prétends que tu es fatigué ? Pourtant, à l'air libre, tu pouvais galoper comme un cheval , tandis que moi je devais me faufiler dans ces satanées ruelles et leurs portes. Par chance, je suis un bon coureur, moi aussi. (Et par fierté, il flanqua un grand coup dans le dos de Karl.) Une petite course comme ça avec les agents, de temps en temps, c'est bon pour la forme !
— J'étais déjà fatigué, quand je me suis mis à courir, dit Karl.
— Il n'y a pas d'excuse à mal courir, dit Delamarche. Si je n'avais pas été là, il y a longtemps qu'ils t'auraient attrapé.
— Je le crois aussi, dit Karl. Je vous dois une fière chandelle.
— Ça, tu peux le dire, fit Delamarche.

Sie gingen durch einen langen, schmalen Flurgang, der mit dunklen, glatten Steinen gepflastert war. Hie und da öffnete sich rechts oder links ein Treppenaufgang oder man erhielt einen Durchblick in einen anderen, größeren Flur. Erwachsene waren kaum zu sehen, nur Kinder spielten auf den leeren Treppen. An einem Geländer stand ein kleines Mädchen und weinte, daß ihr vor Tränen das ganze Gesicht glänzte. Kaum hatte sie Delamarche bemerkt, als sie, mit offenem Munde nach Luft schnappend, die Treppe hinauflief und sich erst hoch oben beruhigte, als sie nach häufigem Umdrehen sich überzeugt hatte, daß ihr niemand folge oder folgen wolle.
»Die habe ich vor einem Augenblick niedergerannt«, sagte Delamarche lachend und drohte ihr mit der Faust, worauf sie schreiend weiter hinauflief.

Ils avancèrent dans un long corridor étroit, dont les pavés étaient sombres et luisants. Ici et là s'ouvrait à droite ou à gauche, un escalier, ou bien on apercevait un autre couloir, plus large. On ne voyait guère d'adultes : seulement des enfants qui jouaient sur les escaliers déserts. Debout contre une rampe, une petite fille pleurait et son visage brillait, inondé de larmes. À peine eut-elle aperçu Karl qu'elle grimpa dans l'escalier, la bouche grande ouverte et suffocant presque, et ne se calma que lorsqu'elle fut arrivée en haut, après s'être retournéee plusieurs fois, comme si elle voulait s'assurer que personne ne la suivait ou ne s'apprêtait à la suivre.
— Je l'ai fichue par terre tout à l'heure, en courant pour descendre, dit Delamarche en riant.
Et il la menaça du poing, ce qui la fit monter encore plus haut en hurlant.

Auch die Höfe, durch die sie kamen, waren fast gänzlich verlassen. Nur hie und da schob ein Geschäftsdiener einen zweirädrigen Karren vor sich her, eine Frau füllte an der Pumpe eine Kanne mit Wasser, ein Briefträger durchquerte mit ruhigen Schritten den ganzen Hof, ein alter Mann mit weißem Schnauzbart saß mit übergeschlagenen Beinen vor einer Glastür und rauchte eine Pfeife, vor einem Speditionsgeschäft wurden Kisten abgeladen, die unbeschäftigten Pferde drehten gleichmütig die Köpfe, ein Mann in einem Arbeitsmantel überwachte mit einem Papier in der Hand die ganze Arbeit; in einem Büro war das Fenster geöffnet, und ein Angestellter, der an seinem Schreibpult saß, hatte sich von ihm abgewendet und sah nachdenklich hinaus, wo gerade Karl und Delamarche vorübergingen.

Les cours qu'ils traversaient étaient étaient elles aussi presque désertes. Ils ne rencontrèrent ici et là qu'un employé de commerce poussant devant lui un chariot à deux roues, une femme qui remplissait à la pompe un broc d'eau, un facteur qui traversait toute une cour d'un pas égal, un vieil homme à moustaches blanches, fumant sa pipe, les jambes croisées devant une porte vitrée ; devant une entreprise de transport on déchargeait des caisses, des chevaux inoccupés secouaient la tête avec indifférence, un homme en blouse, une feuille de papier à la main, surveillait le travail ; la fenêtre d'un bureau était ouverte, et un employé, assis à sa table, avait tourné la tête pour regarder Karl et Delamarche qui passaient juste à ce moment-là.

»Eine ruhigere Gegend kann man sich gar nicht wünschen«, sagte Delamarche. »Am Abend ist ein paar Stunden lang großer Lärm, aber während des Tages geht es hier musterhaft zu.«
Karl nickte, ihm schien die Ruhe zu groß zu sein.
»Ich könnte gar nicht anderswo wohnen«, sagte Delamarche, »denn Brunelda verträgt absolut keinen Lärm. Kennst du Brunelda? Nun, du wirst sie ja sehen. Jedenfalls empfehle ich dir, dich möglichst still aufzuführen.«

— On ne peut pas rêver d'un endroit plus tranquille, dit Delamarche. Le soir, il y a une heure ou deux où il y a beaucoup de bruit, mais le reste de la journée, c'est parfait.
Karl acquiesça de la tête : il trouvait même le calme trop grand.
— Je ne pourrais pas habiter ailleurs, dit Delamarche, car Brunelda ne supporte absolument aucun bruit. Connais-tu Brunelda ? Tu vas la voir dans un instant. Toutefois je te le conseille : arrange-toi pour faire le moins de bruit possible.

Als sie zu der Treppe kamen, die zur Wohnung Delamarches führte, war das Automobil bereits weggefahren, und der Bursche mit der zerfressenen Nase meldete, ohne über Karls Wiedererscheinen irgendwie zu staunen, er habe Robinson die Treppe hinaufgetragen. Delamarche nickte ihm bloß zu, als sei er sein Diener, der eine selbstverständliche Pflicht erfüllt habe, und zog Karl, der ein wenig zögerte und auf die sonnige Straße sah, mit sich die Treppe hinauf. »Wir sind gleich oben«, sagte Delamarche einige Male während des Treppensteigens, aber seine Voraussage wollte sich nicht erfüllen, immer wieder setzte sich an eine Treppe eine neue in nur unmerklich veränderter Richtung an. Einmal blieb Karl sogar stehen, nicht eigentlich vor Müdigkeit, aber vor Wehrlosigkeit gegenüber dieser Treppenlänge. »Die Wohnung liegt ja sehr hoch«, sagte Delamarche, als sie weitergingen, »aber auch das hat seine Vorteile. Man geht sehr selten aus, den ganzen Tag ist man im Schlafrock, wir haben es sehr gemütlich. Natürlich kommen in diese Höhe auch keine Besuche herauf.«
›Woher sollten denn die Besuche kommen?‹ dachte Karl.

En arrivant à l'escalier qui montait à l'appartement de Delamarche, le taxi était déjà reparti, et le type au nez rongé, sans s'étonner le moins du monde de voir réapparaître Karl, leur dit qu'il avait porté Robinson jusqu'en haut. Delamarche fit seulement un signe de tête, comme si l'autre était son domestique et qu'il n'avait fait qu'accomplir une tâche qui allait de soi. Karl traînait un peu à regarder la rue ensoleillée, mais Delamarche l'entraîna dans l'escalier.
— On y est presque, dit-il plusieurs fois tandis qu'ils gravissaient les marches.
Mais sa prédiction ne se réalisait pas : quand on était en haut d'un escalier, il y en avait toujours un autre, avec une direction à peine différente. Si bien qu'une fois, Karl s'arrêta, non pas tant à cause de la fatigue que du désarroi dans lequel le plongeait l'immensité de ces escaliers.
— L'appartement est tout en haut, dit Delamarche, tandis qu'ils continuaient à grimper. Mais cela offre aussi des avantages. On en sort très peu, on peut rester en robe de chambre toute la journée, nous trouvons ça très bien. Et naturellement, aucun visiteur ne se risque jusqu'ici.
— D'où les visiteurs pourraient-ils bien venir ? se dit Karl.

Endlich erschien auf einem Treppenabsatz Robinson vor einer geschlossenen Wohnungstür, und nun waren sie angelangt; die Treppe war noch nicht einmal zu Ende, sondern führte im Halbdunkel weiter, ohne daß irgend etwas auf ihren baldigen Abschluß hinzudeuten schien.
»Ich habe es mir ja gedacht«, sagte Robinson leise, als bedrückten ihn noch Schmerzen. »Delamarche bringt ihn! Roßmann, was wärest du ohne Delamarche!« Robinson stand in Unterkleidung da und suchte sich nur, soweit es möglich war, in die kleine Bettdecke einzuwickeln, die man ihm aus dem Hotel Occidental mitgegeben hatte; es war nicht einzusehen, warum er nicht in die Wohnung ging, statt hier vor möglicherweise vorüberkommenden Leuten sich lächerlich zu machen.

Finalement, sur un palier, Robinson apparut, devant une porte d'appartement fermée : cette fois, ils y étaient. Mais ce n'était même pas la fin de l'escalier, il continuait encore dans la pénombre, et rien ne semblait indiquer qu'il allait s'arrêter bientôt.
— Je me le disais bien, fit Robinson d'une voix faible, comme s'il souffrait encore de ses blessures. Delamarche va le ramener ! Rossmann, que serais-tu sans Delamarche ?
Robinson était en petite tenue, et cherchait du mieux qu'il le pouvait à s'envelopper dans une petite couverture qu'on lui avait donnée à “l'Hôtel Occidental”. On ne voyait pas très bien pourquoi il n'entrait pas dans l'appartement, au risque de se rendre ridicule aux yeux de ceux qui pourraient passer.

§ Dans le couloir

»Schläft sie?« fragte Delamarche.
»Ich glaube nicht«, sagte Robinson, »aber ich habe doch lieber gewartet, bis du kommst.«
»Zuerst müssen wir schauen, ob sie schläft«, sagte Delamarche und beugte sich zum Schlüsselloch.
Nachdem er lange unter verschiedenartigen Kopfdrehungen hindurchgeschaut hatte, erhob er sich und sagte:
 »Man sieht sie nicht genau, das Rouleau ist heruntergelassen. Sie sitzt auf dem Kanapee, aber vielleicht schläft sie.«
»Ist sie denn krank?« fragte Karl, denn Delamarche stand da, als bitte er um Rat. Nun aber fragte er in scharfem Tone zurück: »Krank?«
»Er kennt sie ja nicht«, sagte Robinson entschuldigend.

— Elle dort ? demanda Delamarche.
— Je ne crois pas, dit Robinson, mais j'ai préféré attendre que tu reviennes.
— Il faut d'abord qu'on regarde si elle dort, dit Delamarche, et il se pencha vers le trou de la serrure.
Après avoir regardé un long moment en se tortillant le cou dans tous les sens, il se redressa et dit :
— On ne la voit pas très bien, le rideau est baissé. Elle est assise sur le canapé, mais peut-être qu'elle dort.
— Elle est donc malade ? demanda Karl, voyant que Delamarche restait là, comme s'il attendait qu'on lui dise quoi faire. Mais celui-ci répondit d'un ton sec :
— Malade ?
— Il ne la connaît pas, dit Robinson, pour excuser Karl.

Ein paar Türen weiter waren zwei Frauen auf den Korridor getreten, sie wischten die Hände an ihren Schürzen rein, sahen auf Delamarche und Robinson und schienen sich über sie zu unterhalten. Aus einer Tür sprang ein noch ganz junges Mädchen mit glänzendem blondem Haar und schmiegte sich zwischen die zwei Frauen, indem es sich in ihre Arme einhängte.
»Das sind widerliche Weiber«, sagte Delamarche leise, aber offenbar nur aus Rücksicht auf die schlafende Brunelda, »nächstens werde ich sie bei der Polizei anzeigen und werde für Jahre Ruhe vor ihnen haben. Schau nicht hin«, zischte er dann Karl an, der nichts Böses daran gefunden hatte, die Frauen anzuschauen, wenn man nun schon einmal auf dem Gang auf das Erwachen Bruneldas warten mußte.

À quelques portes de là, deux femmes étaient sorties dans le couloir ; elles s'essuyaient les mains à leur tablier, et regardaient Delamarche et Robinson qui semblaient les amuser. D'une autre porte sortit une toute jeune fille aux brillants cheveux blonds, qui se glissa entre les deux femmes, et se pendit à leurs bras.
— Quelles sales bonnes femmes, dit Delamarche, mais à voix basse, manifestement pour ne pas gêner le sommeil de Brunelda. Un de ces jours, je vais les signaler à la police, et j'en serai débarrassé pour des années. Ne les regarde pas... souffla-t-il à Karl, qui regardait ces femmes sans penser à mal, puisqu'on ne faisait rien d'autre dans ce couloir que d'attendre le réveil de Brunelda.

Und ärgerlich schüttelte er den Kopf, als habe er von Delamarche keine Ermahnungen anzunehmen, und wollte, um dies noch deutlicher zu zeigen, auf die Frauen zugehen, da hielt ihn aber Robinson mit den Worten »Roßmann, hüte dich!« am Ärmel zurück, und Delamarche, schon durch Karl gereizt, wurde über ein lautes Auflachen des Mädchens so wütend, daß er mit großem Anlauf, Arme und Beine werfend, auf die Frauen zueilte, die jede in ihre Türe wie weggeweht verschwanden.

Karl secoua la tête avec irritation, comme pour signifier à Delamarche qu'il n'avait pas à lui faire de remontrances. Et pour bien le montrer, il voulait même se diriger vers ces femmes, mais Robinson le retint par la manche en disant :
— Rossmann ! Fais attention !
 Alors Delamarche, que Karl agaçait déjà, rendu encore plus furieux par un grand éclat de rire de la fille, prit son élan et se précipita en agitant bras et jambes vers les femmes - qui disparurent chacune par leur porte, comme balayées par un coup de vent.

»So muß ich hier öfters die Gänge reinigen«, sagte Delamarche, als er mit langsamen Schritten zurückkehrte; da erinnerte er sich an Karls Widerstand und sagte: »Von dir aber erwarte ich ein ganz anderes Benehmen, sonst könntest du mit mir schlechte Erfahrungen machen.«
Da rief aus dem Zimmer eine fragende Stimme in sanftem, müdem Tonfall:
»Delamarche?«
»Ja«, antwortete Delamarche und sah freundlich die Tür an, »können wir eintreten?«
»O ja«, hieß es, und Delamarche öffnete, nachdem er noch die zwei hinter ihm Wartenden mit einem Blick gestreift hatte, langsam die Tür.

— C'est comme ça que je suis obligé de nettoyer les couloirs de temps en temps, dit Delamarche, en revenant tranquillement. Puis il se rappela la résistance que Karl avait manifestée, et il ajouta :
— J'attends de toi un tout autre comportement, sinon tu pourrais le regretter !
 Alors on entendit venir de la pièce une voix qui demandait, dans un registre faible et las :
— Delamarche ?
— Oui, répondit Delamarche, en regardant la porte d'un air aimable : on peut entrer ?
— Oh oui, répondit la voix, et Delamarche ouvrit la porte, lentement, après avoir jeté un coup d'œil en arrière sur les deux autres qui attendaient.

Man trat in vollständiges Dunkel ein. Der Vorhang der Balkontür, ein Fenster war nicht vorhanden, war bis zum Boden hinabgelassen und wenig durchscheinend, außerdem aber trug die Überfüllung des Zimmers mit Möbeln und herumhängenden Kleidern viel zu seiner Verdunkelung bei. Die Luft war dumpf, und man roch geradezu den Staub, der sich hier in Winkeln, die offenbar für jede Hand unzugänglich waren, angesammelt hatte. Das erste, was Karl beim Eintritt bemerkte, waren drei Kasten, die knapp hintereinander aufgestellt waren.

Ils pénétrèrent dans une complète obscurité. Il n'y avait pas de fenêtre, et le volet roulant du balcon était descendu jusqu'en bas, laissant passer fort peu de jour ; et de plus, l'encombrement de la pièce, avec des meubles et des vêtements qui pendaient un peu partout, contribuait encore beaucoup à l'assombrir. L'air était lourd, et l'on sentait tout de suite la poussière accumulée dans les recoins inaccessibles à qui que ce fût. La première chose que Karl remarqua en entrant, ce fut que trois armoires étaient disposées presque l'une derrière l'autre.

§ Brunelda

Auf dem Kanapee lag die Frau, die früher vom Balkon hinuntergeschaut hatte. Ihr rotes Kleid hatte sich unten ein wenig verzogen und hing in einem großen Zipfel bis auf den Boden, man sah ihre Beine fast bis zu den Knien, sie trug dicke weiße Wollstrümpfe; Schuhe hatte sie keine.
»Das ist eine Hitze, Delamarche«, sagte sie, wandte das Gesicht von der Wand, hielt ihre Hand lässig in Schwebe gegen Delamarche hin, der sie ergriff und küßte. Karl sah nur ihr Doppelkinn an, das bei der Wendung des Kopfes auch mitrollte.
»Soll ich den Vorhang vielleicht hinaufziehen lassen?« fragte Delamarche.
»Nur das nicht«, sagte sie mit geschlossenen Augen und wie verzweifelt, »dann wird es ja noch ärger.«

Sur un canapé était allongée la femme qui tout à l'heure avait regardé du haut du balcon. Sa robe rouge tombait jusqu'au sol en faisant de larges ondulations, elle était un peu retroussée dans le bas, et l'on voyait ses jambes presque jusqu'aux genoux ; elle portait de gros bas de laine blanche, et n'avait pas de chaussures.
— Quelle chaleur, hein, Delamarche ? dit-elle. Elle cessa de regarder du côté du mur, laissa pendre mollement sa main en direction de Delamarche, qui la saisit et la baisa. Karl ne vit que son double menton, qui sembla rouler en suivant le mouvement de la tête.
— Faut-il que je relève le rideau ? demanda Delamarche.
— Surtout pas ! dit-elle, les yeux clos, et sur un ton désespéré ; ce serait encore pire !

Karl war zum Fußende des Kanapees getreten, um die Frau genauer anzusehen, er wunderte sich über ihre Klagen, denn die Hitze war gar nicht außerordentlich.
»Warte, ich werde es dir ein wenig bequem machen«, sagte Delamarche ängstlich, öffnete oben am Hals ein paar Knöpfe und zog dort das Kleid auseinander, so daß der Hals und der Ansatz der Brust frei wurde und ein zarter, gelblicher Spitzensaum des Hemdes erschien.
»Wer ist das«, sagte die Frau plötzlich und zeigte mit dem Finger auf Karl, »warum starrt er mich so an?«
»Du fängst bald an, dich nützlich zu machen«, sagte Delamarche und schob Karl beiseite, während er die Frau mit den Worten beruhigte: »Es ist nur der Junge, den ich zu deiner Bedienung mitgebracht habe.«

Karl s'était approché au pied du canapé pour mieux la voir. Il était étonné de l'entendre se plaindre ainsi, car la chaleur n'avait rien d'exceptionnel.
— Attends, je vais t'installer un peu mieux, dit Delamarche avec anxiété. Et pour lui dégager le cou il défit quelques boutons du col de la robe, l'entrouvrit un peu, ce qui laissa voir la naissance de sa gorge et un bout de dentelle un peu jaunie de sa chemise.
— Qui est-ce ? dit soudain la femme en montrant Karl du doigt. Pourquoi est-ce qu'il me regarde comme ça ?
— Toi au moins, tu ne perds pas ton temps, dit Delamarche en tirant Karl sur le côté, en prodiguant à la femme des paroles rassurantes : Ce n'est rien, c'est seulement le jeune homme que j'ai ramené pour qu'il soit à ton service.

»Aber ich will doch niemanden haben!« rief sie. »Warum bringst du mir fremde Leute in die Wohnung?«
»Aber die ganze Zeit wünschst du dir doch eine Bedienung«, sagte Delamarche und kniete nieder; auf dem Kanapee war trotz seiner großen Breite neben Brunelda nicht der geringste Platz.
»Ach, Delamarche«, sagte sie, »du verstehst mich nicht und verstehst mich nicht.«
»Dann verstehe ich dich also wirklich nicht«, sagte Delamarche und nahm ihr Gesicht zwischen beide Hände. »Aber es ist ja nichts geschehen, wenn du willst, geht er augenblicklich fort.«

— Mais je n'ai besoin de personne ! cria-t-elle. Pourquoi amènes-tu des étrangers dans la maison ?
— Mais tu dis toujours que tu voudrais quelqu'un pour te servir, dit Delamarche, en s'agenouillant - car sur le canapé, pourtant très large, il ne restait pas la moindre place à côté de Brunelda.
— Ah ! Delamarche, dit-elle, tu ne me comprends pas, tu ne comprends rien !
— Eh bien ! Je ne te comprends donc vraiment pas, dit Delamarche, en lui prenant le visage entre ses deux mains. Mais il n'y a rien de décidé : si tu le veux, je le renvoie tout de suite.

»Wenn er schon einmal hier ist, soll er bleiben«, sagte sie nun wieder, und Karl war ihr in seiner Müdigkeit für diese vielleicht gar nicht freundlich gemeinten Worte so dankbar, daß er, immer in undeutlichen Gedanken an diese endlose Treppe, die er nun vielleicht gleich wieder hätte Abwärtssteigen müssen, über den auf seiner Decke friedlich schlafenden Robinson hinwegtrat und trotz allem ärgerlichen Händefuchteln Delamarches sagte: »Ich danke Ihnen jedenfalls dafür, daß Sie mich noch ein wenig hier lassen wollen. Ich habe wohl schon vierundzwanzig Stunden nicht geschlafen, dabei genug gearbeitet und verschiedene Aufregungen gehabt. Ich bin schrecklich müde. Ich weiß gar nicht recht, wo ich bin. Wenn ich aber ein paar Stunden geschlafen habe, können Sie mich ohne Rücksichtnahme fortschicken, und ich werde gerne gehen.«

— Puisqu'il est là, maintenant, alors qu'il reste, dit-elle alors.
Karl était tellement fatigué qu'il lui fut très reconnaissant de ces mots - qui n'étaient peut-être même pas vraiment aimables - et que, songeant aux escaliers sans fin que sinon il lui aurait peut-être fallu resdescendre, il alla vers elle en passant par dessus Robinson qui dormait sur sa couverture, et malgré les grands gestes irrités de Delamarche, il dit :
— Je vous remercie de bien vouloir que je reste encore un peu ici. Cela fait bien vingt-quatre heures que je n'ai pas dormi, tout en étant passablement occupé, et j'ai eu bien des émotions. Je suis vraiment épuisé , et je ne sais pas trop où j'en suis. Mais quand j'aurai dormi quelques heures, vous pourrez me renvoyer à votre guise, et je m'en irai volontiers.

»Du kannst überhaupt hierbleiben«, sagte die Frau und fügte ironisch hinzu, »Platz haben wir ja in Überfluß, wie du siehst.«
»Du mußt also fortgehen«, sagte Delamarche, »wir können dich nicht brauchen.«
»Nein, er soll bleiben«, sagte die Frau nun wieder im Ernste. Und Delamarche sagte zu Karl wie in Ausführung dieses Wunsches: »Also leg dich schon irgendwo hin.«
»Er kann sich auf die Vorhänge legen, aber er muß sich die Stiefel ausziehen, damit er nichts zerreißt.«

— Tu peux bien rester, dit la femme. Et elle ajouta ironiquement : comme tu vois, nous avons de la place à revendre, ici.
— Allons, il faut que tu partes, dit Delamarche. Nous n'avons pas besoin de toi.
— Non, qu'il reste, dit la femme, en parlant sérieusement cette fois-ci.
Et Delamarche dit alors à Karl, comme pour tirer la conclusion de son souhait :
— Alors allonge toi quelque part.
— Il peut s'allonger sur les rideaux, mais il doit d'abord retirer ses bottines, pour ne rien déchirer.

Delamarche zeigte Karl den Platz, den sie meinte. Zwischen der Türe und den drei Schränken war ein großer Haufen von verschiedenartigsten Fenstervorhängen hingeworfen. Wenn man alle regelmäßig zusammengefaltet, die schweren zu unterst und weiter hinauf die leichteren gelegt und schließlich die verschiedenen in den Haufen gesteckten Bretter und Holzringe herausgezogen hätte, so wäre es ein erträgliches Lager geworden, so war es nur eine schaukelnde und gleitende Masse, auf die sich aber Karl trotzdem augenblicklich legte, denn zu besonderen Schlafvorbereitungen war er zu müde und mußte sich auch mit Rücksicht auf seine Gastgeber hüten, viel Umstände zu machen.

Delamarche montra à Karl l'endroit dont elle parlait : entre la porte et les trois armoires, toutes sortes de rideaux jetés là en un grand tas. Si on les avait pliés convenablement, en mettant les plus lourds au dessous, et les plus légers au dessus, si on avait retiré de ce tas, pour finir, toutes les tringles et anneaux de bois, on aurait pu en faire une couchette acceptable. Mais tel que cela était, ce n'était qu'une masse branlante qui oscillait en tous sens, et sur laquelle, Karl s'étendit pourtant tout de suite, car il était bien trop fatigué pour prendre de telles dispositions avant de dormir, et de plus, eu égard à ses hôtes, il lui était difficile de faire trop de manières.

Er war schon fast im eigentlichen Schlaf, da hörte er einen lauten Schrei, erhob sich und sah die Brunelda aufrecht auf dem Kanapee sitzen, die Arme weit ausbreiten und Delamarche, der vor ihr kniete, umschlingen. Karl, dem der Anblick peinlich war, lehnte sich wieder zurück und versenkte sich in die Vorhänge zur Fortsetzung des Schlafes. Daß er es hier auch nicht zwei Tage aushalten würde, schien ihm klar zu sein, desto nötiger aber war es, sich zuerst gründlich auszuschlafen, um sich dann bei völligem Verstande schnell und ruhig entschließen zu können.

Il allait sombrer dans un profond sommeil quand il entendit un grand cri ; il se redressa, et vit Brunelda assise maintenant bien droite sur le canapé, les bras largement ouverts, étreignant Delamarche, agenouillé devant elle. Karl, que ce spectacle gênait, se laissa retomber et s'enfouit dans les rideaux pour continuer son somme. Il était clair pour lui qu'il ne pourrait demeurer ici plus de deux jours ; mais il était d'autant plus nécessaire de dormir un bon coup, pour pouvoir ensuite retrouver complètement ses esprits et prendre rapidement la bonne décision.

Aber Brunelda hatte schon Karls vor Müdigkeit groß aufgerissene Augen, die sie schon einmal erschreckt hatten, bemerkt und rief: »Delamarche, ich halte es vor Hitze nicht aus, ich brenne, ich muß mich ausziehen, ich muß baden, schick die beiden aus dem Zimmer, wohin du willst, auf den Gang, auf den Balkon, nur daß ich sie nicht mehr sehe! Man ist in seiner eigenen Wohnung und immerfort gestört. Wenn ich mit dir allein wäre, Delamarche! Ach Gott, sie sind noch immer da! Wie dieser unverschämte Robinson sich in Gegenwart einer Dame in seiner Unterkleidung streckt! Und wie dieser fremde Junge, der mich vor einem Augenblick ganz wild angeschaut hat, sich wieder gelegt hat, um mich zu täuschen! Nur weg mit ihnen, Delamarche, sie sind mir eine Last, sie liegen mir auf der Brust, wenn ich jetzt umkomme, ist es ihretwegen.«

Mais voilà que Brunelda venait de remarquer les yeux de Karl agrandis par la fatique, ces yeux qui déjà l'avaient effrayée une première fois, et elle s'écria :
— Delamarche, je n'en peux plus de chaleur, je brûle, il faut que je me déshabille et que je prenne un bain. Fais sortir ces deux-là, envoie-les où tu veux, dans le couloir ou sur le balcon, mais que je ne les voie plus ! On est chez soi, et on est toujours dérangé ! Si seulement je n'étais qu'avec toi, Delamarche ! Mais bon sang, ils sont encore là ! Et ce Robinson qui se montre sans vergogne en sous-vêtements devant une dame ! Et ce jeune-là, cet inconnu, qui il y a un instant encore me regardait d'un air furieux, et qui vient de se recoucher, croit-il que je suis dupe ? Mets-moi ça dehors, Delamarche, ils me pèsent sur la poitrine, ils m'oppressent, et si je meurs là maintenant, ce sera de leur faute !

»Sofort sind sie draußen, zieh dich nur aus«, sagte Delamarche, ging zu Robinson hin und schüttelte ihn mit dem Fuß, den er ihm auf die Brust setzte. Gleichzeitig rief er Karl zu: »Roßmann, aufstehen! Ihr müßt beide auf den Balkon! Und wehe euch, wenn ihr hereinkommt, ehe man euch ruft! Und jetzt flink, Robinson« - dabei schüttelte er Robinson stärker -, »und du, Roßmann, gib acht, daß ich nicht auch über dich komme«, dabei klatschte er laut zweimal in die Hände.

Je les mets dehors tout de suite, tu peux commencer à te déshabiller, dit Delamarche. Il alla vers Robinson, qu'il secoua du bout du pied qu'il lui avait posé sur la poitrine. En même temps, il criait à Rossmann :
— Rossmann, debout ! Et tous les deux, filez sur le balcon ! Malheur à vous si vous rentrez avant que je ne vous aie appelés ! Et maintenant, Robinson, ouste ! - Et il le secouait encore plus fort - Et toi, Rossmann, prends garde à ce que je ne te tombe pas dessus ! Et il frappa deux fois dans ses mains.

»Wie lange das dauert!« rief Brunelda auf dem Kanapee, sie hatte beim Sitzen die Beine weit auseinandergestellt, um ihrem übermäßig dicken Körper mehr Raum zu verschaffen, nur mit größter Anstrengung, unter vielem Schnappen und häufigem Ausruhen, konnte sie sich so weit bücken, um ihre Strümpfe am obersten Ende zu fassen und ein wenig hinunterzuziehen, gänzlich ausziehen konnte sie sich nicht, das mußte Delamarche besorgen, auf den sie nun ungeduldig wartete.

Que c'est long ! cria Brunelda depuis le canapé. En s'asseyant, elle avait largement écarté les jambes, pour donner plus de place à son corps énorme, et c'est seulement au prix d'efforts extrêmes, en soufflant beaucoup et en s'arrêtant souvent qu'elle parvint à se pencher suffisamment pour attraper le haut de ses bas et les faire descendre un peu sur ses pieds, sans réussir à les enlever complètement : elle en était incapable, et c'était Delamarche qui devait s'en occuper, ce qu'elle attendait avec impatience.

Ganz stumpf vor Müdigkeit war Karl von dem Haufen hinuntergekrochen und ging langsam zur Balkontüre, ein Stück Vorhangstoff hatte sich ihm um den Fuß gewickelt, und er schleppte es gleichgültig mit. In seiner Zerstreutheit sagte er sogar, als er an Brunelda vorüberkam: »Ich wünsche gute Nacht« und wanderte dann an Delamarche vorbei, der den Vorhang der Balkontüre ein wenig zurückzog, auf den Balkon hinaus. Gleich hinter Karl kam Robinson, wohl nicht minder schläfrig, denn er summte vor sich hin: »Immerfort malträtiert man einen! Wenn Brunelda nicht mitkommt, gehe ich nicht auf den Balkon.« Aber trotz dieser Versicherung ging er ohne jeden Widerstand hinaus, wo er sich, da Karl schon in den Lehnstuhl gesunken war, sofort auf den Steinboden legte.

Encore hébété de fatigue, Karl s'était laissé couler au bas du tas de rideaux, et il se dirigeait lentement vers la porte-fenêtre du balcon ; un pan de rideau s'était accroché à son pied, et il le traînait nonchalamment. Dans sa distraction, il dit même, en passant devant Brunelda :
— Je vous souhaite une bonne nuit.
et il s'avança vers le balcon, en passant devant Delamarche, qui entr'ouvrait le rideau de la porte-fenêtre. Robinson, tout aussi endormi, était sur ses talons car il marmonnait pour lui-même :
— C'est toujours pareil ! Toujours les mêmes brimades ! Si Brunelda ne vient pas aussi, je ne vais pas sur le balcon.
Mais malgré ces récriminations, il ne tarda pas à sortir, et à se coucher par terre, puisque Karl s'était déjà laissé tomber dans le fauteuil.

§ Sur le balcon

Als Karl erwachte, war es schon Abend, die Sterne standen schon am Himmel, hinter den hohen Häusern der gegenüberliegenden Straßenseite stieg der Schein des Mondes empor. Erst nach einigem Umherschauen in der unbekannten Gegend, einigem Aufatmen in der kühlen, erfrischenden Luft wurde sich Karl dessen bewußt, wo er war. Wie unvorsichtig war er gewesen, alle Ratschläge der Oberköchin, alle Warnungen Theresens, alle eigenen Befürchtungen hatte er vernachlässigt, saß hier ruhig auf dem Balkon Delamarches und hatte hier gar den halben Tag verschlafen, als sei nicht hier hinter dem Vorhang Delamarche, sein großer Feind.

Quand Karl se réveilla, c'était déjà le soir, les étoiles brillaient déjà dans le ciel, et derrière les hauts immeubles qui se trouvaient de l'autre côté de la rue, on voyait s'élever la lumière de la lune. Après avoir jeté un regard circulaire sur le paysage inconnu tout autour, avoir respiré plusieurs fois l'air frais et tonique, Karl se rendit compte de l'endroit où il se trouvait. Comme il avait été imprudent ! Il avait négligé tous les conseils que lui avait donnés la cuisinière en chef, tous les avertissements que lui avait prodigués Thérèse, et toutes ses propres craintes... Il était là, sur le balcon de Delamarche, où il avait dormi la moitié de la journée, comme s'il n'y avait pas eu, derrière le rideau, Delamarche, son grand ennemi.

Auf dem Boden wand sich der faule Robinson und zog Karl am Fuße, er schien ihn auch auf diese Weise geweckt zu haben, denn er sagte: »Du hast einen Schlaf, Roßmann! Das ist die sorglose Jugend. Wie lange willst du denn noch schlafen? Ich hätte dich ja noch schlafen lassen, aber erstens ist es mir da auf dem Boden zu langweilig und zweitens habe ich einen großen Hunger. Ich bitte dich, steh ein wenig auf, ich habe da unten, im Sessel drin, etwas zum Essen aufgehoben, ich möchte es gern herausziehen. Du bekommst dann auch etwas.«

Robinson, sur le sol, s'étirait avec indolence, et l'avait saisi par le pied ; il semblait bien l'avoir réveillé de cette façon, car il dit :
— Tu as un sacré sommeil, Rossmann ! C'est bien là l'insouciance de la jeunesse... Combien de temps comptais-tu dormir encore ? je t'aurais bien laissé dormir encore, mais j'en ai assez d'être par terre, et en plus, j'ai très faim. Je t'en prie, lève-toi un peu : j'ai caché là, dans le siège du fauteuil, quelque chose à manger, et je voudrais bien l'extirper ! Tu en auras ta part.

Und Karl, der aufstand, sah nun, wie Robinson, ohne aufzustehen, sich auf dem Bauch herüberwälzte und mit ausgestreckten Händen unter dem Sessel eine versilberte Schale hervorzog, wie sie etwa zum Aufbewahren von Visitenkarten dient. Auf dieser Schale lag aber eine halbe, ganz schwarze Wurst, einige dünne Zigaretten, eine geöffnete, aber noch gut gefüllte und von Öl überfließende Sardinenbüchse und eine Menge meist zerdrückter und zu einem Ballen gewordener Bonbons. Dann erschien noch ein großes Stück Brot und eine Art Parfümflasche, die aber etwas anderes als Parfüm zu enthalten schien, denn Robinson zeigte mit besonderer Genugtuung auf sie und schnalzte zu Karl hinauf.

Karl, qui s'était redressé, vit alors comment Robinson, sans se lever, en se tortillant sur le ventre, tendit le bras sous le siège et en tira une sorte de coupe argentée, comme celles que l'on utilise pour y mettre des cartes de visite. Et dans celle-ci se trouvait une moitié d'une saucisse noirâtre, quelques minces cigarettes, une boîte de sardines ouverte et encore bien remplie, dont l'huile dégoulinait, et des bonbons en grande quantité, dont la plupart étaient écrasés et collés les uns aux autres. Apparut encore, ensuite, un gros morceau de pain, ainsi qu'une sorte de flacon de parfum, mais qui semblait contenir autre chose que du parfum, car Robinson l'exhiba avec un contentement tout particulier et se pourlécha les babines en regardant Karl.

»Siehst du, Roßmann«, sagte Robinson, während er Sardine nach Sardine hinunterschlang und hie und da die Hände vom Öl an einem Wolltuch reinigte, das offenbar Brunelda auf dem Balkon vergessen hatte. »Siehst du, Roßmann, so muß man sich sein Essen aufheben, wenn man nicht verhungern will. Du, ich bin ganz beiseitegeschoben. Und wenn man immerfort als Hund behandelt wird, denkt man schließlich, man ist's wirklich. Gut, daß du da bist, Roßmann, ich kann wenigstens mit jemandem reden. Im Hause spricht ja niemand mit mir. Wir sind verhaßt. Und alles wegen der Brunelda. Sie ist ja natürlich ein prächtiges Weib. Du -« und er winkte Karl zu sich herab, um ihm zuzuflüstern - »ich habe sie einmal nackt gesehen. O!« Und in der Erinnerung an diese Freude fing er an, Karls Beine zu drücken und zu schlagen, bis Karl ausrief: »Robinson, du bist ja verrückt«, seine Hände packte und zurückstieß.

— Tu vois, Rossmann, dit Robinson, pendant qu'il engloutissait sardine après sardine et essuyait de temps à autre ses mains pleines d'huile sur un châle de laine oublié là probablement par Brunelda, tu vois, il faut se mettre de côté des provisions, si on ne veut pas mourir de faim. Moi, je suis complètement laissé à l'écart. Et quand on est constamment traité comme un chien, on finit par croire qu'on en est vraiment un. C'est heureux que tu sois là, Rossmann, car au moins je peux parler avec quelqu'un. Dans l'immeuble personne ne m'adresse la parole. On nous déteste. Et tout ça, c'est à cause de Brunelda. Bien sûr, c'est une femme superbe. Tu sais (et il fit signe à Karl de se pencher vers lui, pour lui parler à l'oreille) un jour je l'ai vue toute nue. Oh la la..
Et en se souvenant de ce plaisir extrême, il se mit à serrer et taper sur les jambes de Karl, qui finit par s'écrier :
— Mais tu es fou, Robinson !
Et il dut lui prendre les mains pour les séparer violemment.

»Du bist eben noch ein Kind, Roßmann«, sagte Robinson, zog einen Dolch, den er an seiner Halsschnur trug, unter dem Hemd hervor, nahm die Dolchkappe ab und zerschnitt die harte Wurst. »Du mußt noch viel zulernen. Bist aber bei uns an der richtigen Quelle. Setz dich doch. Willst du nicht auch etwas essen? Nun vielleicht bekommst du Appetit, wenn du mir zuschaust. Trinken willst du auch nicht? Du willst aber rein gar nichts. Und gesprächig bist du gerade auch nicht besonders. Aber es ist ganz gleichgültig, mit wem man auf dem Balkon ist, wenn nur überhaupt jemand da ist.

— Tu n'es encore qu'un enfant, Rossmann, dit Robinson.
Il tira de dessous sa chemise un poignard qu'il portait suspendu à son cou par un lacet, le sortit de son fourreau, et se mit à couper la saucisse, qui était dure.
— Tu as encore beaucoup de choses à apprendre. Mais avec nous tu es bien tombé. Assieds-toi donc. Tu ne veux pas manger quelque chose, toi aussi ? Peut-être que de me voir , cela va te mettre en appétit. Tu ne veux pas boire quelque chose non plus ? Tu ne veux donc vraiment rien...Et tu n'es pas très bavard non plus ! Mais peu importe avec qui on est sur ce balcon, du moment qu'il y a quelqu'un.

Ich bin nämlich sehr oft auf dem Balkon. Das macht der Brunelda solchen Spaß. Es muß ihr nur etwas einfallen, einmal ist es ihr kalt, einmal heiß, einmal will sie schlafen, einmal will sie sich kämmen, einmal will sie das Mieder öffnen, einmal will sie es anziehen, und da werde ich immer auf den Balkon geschickt. Manchmal tut sie wirklich das, was sie sagt, aber meistens liegt sie nur so wie früher auf dem Kanapee und rührt sich nicht. Früher habe ich öfters den Vorhang so ein wenig weggezogen und durchgeschaut, aber seit einmal Delamarche bei einer solchen Gelegenheit - ich weiß genau, daß er es nicht wollte, sondern es nur auf Bruneldas Bitte tat - mir mit der Peitsche einige Male ins Gesicht geschlagen hat - siehst du die Striemen? -, wage ich nicht mehr, durchzuschauen.

C'est que je suis vraiment souvent sur ce balcon. Ça amuse tellement Brunelda ! Il suffit que quelque chose lui passe par le tête... Une fois c'est parce quelle a froid, une autre parce qu'elle veut dormir, ou bien qu'elle veut se peigner, ou enlever son corset, ou qu'elle veut le remettre, et à chaque fois, elle m'expédie sur le balcon. Parfois elle fait vraiment ce qu'elle a prétendu faire, mais la plupart du temps, elle reste étendue là, sur le canapé, comme d'habitude, sans bouger. Autrefois j'écartais souvent un peu le rideau, comme ça, pour regarder ; mais une fois que je faisais ça, Delamarche m'a donné quelques coups de fouet sur la figure... Tu vois les marques ? Je sais bien qu'il ne le faisait pas de lui-même, c'est Brunelda qui le lui a demandé, mais maintenant je n'ose plus.

Und so liege ich dann hier auf dem Balkon und habe kein Vergnügen außer essen. Vorgestern, wie ich des Abends so allein gelegen bin, damals war ich noch in meinen eleganten Kleidern, die ich leider in deinem Hotel verloren habe - diese Hunde; reißen einem die teuren Kleider vom Leib! -, wie ich also da so allein gelegen bin und durch das Geländer hinuntergeschaut habe, war mir alles so traurig und ich habe zu heulen angefangen.

Alors je reste couché là, sur le balcon et je n'ai d'autre plaisir que celui de manger. Avant-hier, je me sentais bien seul étendu là, et j'avais encore mes vêtements élégants, que j'ai malheureusement perdus dans ton hôtel - les chiens ! Ils t'arrachent même les vêtements chics que tu portes ! - donc je me sentais seul, j'ai regardé ce qui se passait en bas à travers la balustrade, et tout me semblait si triste, que je me suis mis à pleurer.

Da ist zufällig, ohne daß ich es gleich bemerkt habe, die Brunelda zu mir herausgekommen in dem roten Kleid - das paßt ihr doch von allen am besten -, hat mir ein wenig zugeschaut und hat endlich gesagt: ›Robinson, warum weinst du?‹ Dann hat sie ihr Kleid gehoben und hat mir mit dem Saum die Augen abgewischt. Wer weiß, was sie noch getan hätte, wenn nicht Delamarche nach ihr gerufen hätte und sie nicht sofort wieder ins Zimmer hätte hineingehen müssen. Natürlich habe ich gedacht, jetzt sei die Reihe an mir, und habe durch den Vorhang gefragt, ob ich schon ins Zimmer darf. Und was, meinst du, hat die Brunelda gesagt: ›Nein!‹ hat sie gesagt, und ›Was fällt dir ein?‹ hat sie gesagt.«

Et alors, par hasard, sans que je m'en aperçoive tout de suite, Brunelda est venue me voir avec sa robe rouge - c'est celle qui lui va le mieux -, elle m'a regardé un instant, puis elle a dit : « Robinson, pourquoi pleures-tu ? ». Puis elle m'a essuyé les yeux avec un pan de sa robe, qu'elle avait soulevée. Qui sait ce qu'elle aurait fait, encore, si Delamarche ne l'avait pas appelée, et si elle n'avait pas été obligée de rentrer dans la chambre aussitôt ? Alors bien sûr, j'ai pensé que c'était mon tour maintenant, et j'ai demandé, à travers le rideau, si je pouvais rentrer maintenant dans la chambre. Et tu sais ce qu'elle a dit, Brunelda ? Elle a dit « Non ! » et encore : « Qu'est-ce qui te prend ? »

»Warum bleibst du denn hier, wenn man dich so behandelt?« fragte Karl.
»Verzeih, Roßmann, du fragst nicht sehr gescheit«, antwortete Robinson. »Du wirst schon auch noch hierbleiben, und wenn man dich noch ärger behandelt. Übrigens behandelt man mich gar nicht so arg.«
»Nein«, sagte Karl, »Ich gehe bestimmt weg, und womöglich noch heute abend. Ich bleibe nicht bei euch.«
»Wie willst du denn zum Beispiel das anstellen, heute abend wegzugehen?« fragte Robinson, der das Weiche aus dem Brot herausgeschnitten hatte und sorgfältig in dem Öl der Sardinenbüchse tränkte. »Wie willst du weggehen, wenn du nicht einmal ins Zimmer hineingehen darfst?«

— Pourquoi donc restes-tu ici, dit Karl, si on te traite de cette façon ?
— Excuse-moi, Rossmann, mais ta question est idiote. Toi aussi tu vas rester, même si on te traite encore plus mal. Et d'ailleurs, on ne me traite pas si mal que ça.
— Non, dit Karl. Je vais certainement partir, et même dès ce soir, si possible. Je ne veux pas rester chez vous.
— Et comment feras-tu, par exemple, pour t'en aller ce soir ? demanda Robinson, qui avait extrait de la mie de pain et la trempait soigneusement dans l'huile de la boîte de sardines. Comment pourrais-tu t'en aller alors que tu n'as même pas le droit d'entrer dans la chambre ?

»Warum dürfen wir denn nicht hineingehen?
»Nun, solange es nicht geläutet hat, dürfen wir nicht hineingehen«, sagte Robinson, der mit möglichst weit geöffnetem Munde das fette Brot verspeiste, während er mit einer Hand das vom Brot herabtropfende Öl auffing, um von Zeit zu Zeit das noch übrige Brot in diese als Reservoir dienende hohle Hand zu tauchen.
»Es ist hier alles strenger geworden. Zuerst war da nur ein dünner Vorhang, man hat zwar nicht durchgesehen, aber am Abend hat man doch die Schatten erkannt. Das war der Brunelda unangenehm, und da habe ich einen ihrer Theatermäntel zu einem Vorhang umarbeiten und statt des alten Vorhangs hier aufhängen müssen. Jetzt sieht man gar nichts mehr. Dann habe ich früher immer fragen dürfen, ob ich schon hineingehen darf, und man hat mir, je nach den Umständen, ja oder nein geantwortet, aber dann habe ich das wahrscheinlich zu sehr ausgenutzt und zu oft gefragt. Brunelda konnte das nicht ertragen - und sie ist trotz ihrer Dicke sehr schwach veranlagt, Kopfschmerzen hat sie oft und Gicht in den Beinen fast immer -, und so wurde bestimmt, daß ich nicht mehr fragen darf, sondern daß, wenn ich hineingehen kann, auf die Tischglocke gedrückt wird. Das gibt ein solches Läuten, daß es mich selbst aus dem Schlafe weckt - ich habe einmal eine Katze zu meiner Unterhaltung hier gehabt, die ist vor Schrecken über dieses Läuten weggelaufen und nicht mehr zurückgekommen; also, geläutet hat es heute noch nicht, wenn es nämlich läutet, dann darf ich nicht nur, sondern muß hineingehen - und wenn es einmal so lange nicht läutet, dann kann es noch sehr lange dauern.«

— Et pourquoi donc n'avons-nous même pas le droit d'entrer ?
— C'est comme ça, tant que ça n'a pas sonné, on n'a pas le droit d'entrer, dit Robinson.
Il engoufrait un gros bout de pain bien gras dans sa bouche grande ouverte, tout en récupérant de l'autre main les gouttes d'huile qui tombaient, et de temps en temps, retrempait ce qui lui restait de pain dans le creux de sa main qui lui servait de réservoir.
— Tout est devenu plus sévère, ici. Au début, il n'y avait qu'un rideau léger ; on ne pouvait pas voir au travers, mais le soir, on reconnaissait les silhouettes. Ça ne plaisait pas à Brunelda. Alors j'ai dû transformer en rideau un de ses vieux manteaux de théâtre et l'accrocher ici à la place de l'autre. Maintenant on ne voit quasiment plus rien. Auparavant, je pouvais toujours demander si j'avais le droit de rentrer, et on me répondait toujours “oui” ou “non”, selon les circonstances ; mais j'en ai certainement abusé, j'ai demandé trop souvent, et Brunelda n'a pas supporté cela. Malgré sa corpulence, elle est fait très fragile, elle a souvent des maux de tête et souffre de la goutte dans les jambes presque tout le temps ; aussi a-t-il été décidé que je ne devais plus demander, mais que l'on appuierait sur le bouton de la sonnette qui est sur la table pour signifier que j'ai le droit de rentrer. Et cela déclenche un tel bruit que même moi, cela me réveille ! Un jour j'ai eu un chat pour me distraire, mais il a tellement été épouvanté par cette sonnerie, qu'il s'est sauvé et n'est jamais revenu. Aujourd'hui, elle n'a pas encore retenti, et quand elle sonne, non seulement je peux rentrer, mais je dois le faire ; et quand elle tarde autant à se faire entendre, c'est que cela peut durer encore très longtemps !

»Ja«, sagte Karl, »aber was für dich gilt, muß doch noch nicht für mich gelten. Überhaupt gilt so etwas nur für den, der es sich gefallen läßt.«
»Aber«, rief Robinson, »warum sollte denn das nicht auch für dich gelten? Selbstverständlich gilt es auch für dich. Warte hier nur ruhig mit mir, bis es läutet. Dann kannst du ja versuchen, ob du wegkommst.«
»Warum gehst du denn eigentlich nicht fort von hier? Nur deshalb, weil Delamarche dein Freund ist oder, besser, war. Ist denn das ein Leben? Wäre es da nicht in Butterford besser, wohin ihr zuerst wolltet? Oder gar in Kalifornien, wo du Freunde hast?«

— Oui, dit Karl. Mais ce qui est valable pour toi ne l'est pas forcément pour moi. D'ailleurs ce genre de choses ne vaut que pour ceux qui le veulent bien.
— Mais, demanda Robinson, pourquoi est-ce que cela ne vaudrait pas aussi pour toi ? Évidemment, que c'est vrai aussi pour toi ! Attends tranquillement ici avec moi que ça sonne. Alors tu verras bien si tu peux t'en aller.
— Pourquoi est-ce que toi, Robinson, tu ne pars pas d'ici, en fait ? Simplement parce que Delamarche est ton ami, ou plutôt était ton ami. Ce n'est pas une vie, ça ! Est-ce que ça ne serait pas mieux à Butterford, où tu voulais aller, avant ? Ou même en Californie, où tu as des amis ?

§ Récit de Robinson

»Ja«, sagte Robinson, »das konnte niemand voraussehen.« Und ehe er weiter erzählte, sagte er noch: »Auf dein Wohl, lieber Roßmann« und nahm einen langen Zug aus der Parfümflasche. »Wir waren ja damals, wie du uns so gemein hast sitzenlassen, sehr schlecht daran. Arbeit konnten wir in den ersten Tagen keine bekommen, Delamarche übrigens wollte keine Arbeit, er hätte sie schon bekommen, sondern schickte nur immer mich auf die Suche, und ich habe kein Glück. Er hat sich nur so herumgetrieben, aber es war schon fast Abend, da hatte er nur ein Damenportemonnaie mitgebracht. Es war zwar sehr schön, aus Perlen, jetzt hat er es der Brunelda geschenkt, aber es war fast nichts darin.
 Dann sagte er, wir sollten in die Wohnungen betteln gehen, bei dieser Gelegenheit kann man natürlich manches Brauchbare finden, wir sind also betteln gegangen, und ich habe, damit es besser aussieht, vor den Wohnungstüren gesungen. Und wie schon Delamarche immer Glück hat, kaum sind wir vor der zweiten Wohnung gestanden, einer sehr reichen Wohnung im Parterre, und haben an der Tür der Köchin und dem Diener etwas vorgesungen, da kommt die Dame, der diese Wohnung gehört, eben Brunelda, die Treppe herauf.

— Oui, dit Robinson. Personne n'aurait pu prévoir ça... (Avant de poursuivre, il ajouta : « À ta santé, mon cher Rossmann ! » Et il but une longue gorgée au flacon à parfum). Nous étions dans une très mauvaise passe quand tu nous a lâchement laissé tomber. Les premiers jours, nous n'avons pas réussi à trouver du travail. D'ailleurs, Delamarche ne voulait pas travailler, et pourtant lui, il aurait pu en trouver ; mais c'est moi qu'il envoyait en chercher, et moi je n'avais aucune chance pour ça. Lui se contentait de traînasser à droite et à gauche ; un soir, à la nuit tombante, il a rapporté quelque chose, mais ce n'était qu'un porte-monnaie de dame. Certes, il était très beau, avec des perles - maintenant il l'a donné à Brunelda - mais il n'y avait quasiment rien dedans.
Alors il a dit qu'il fallait aller dans les maisons pour mendier, car on peut, c'est vrai, y trouver bien des choses, et c'est ce que nous avons fait ; mais pour donner une meilleure impression, je me suis mis à chanter devant les portes. Et comme Delamarche a toujours de la chance, à peine étions-nous devant la porte de la deuxième maison, un appartement de riches, au rez-de chaussée, après avoir chanté pour la cuisinière et le valet de chambre, la Dame est arrivée, la propriétaire, qui s'apprête à monter les marches du perron : c'était Brunelda.

Sie war vielleicht zu stark geschnürt und konnte die paar Stufen gar nicht heraufkommen. Aber wie schön sie ausgesehen hat, Roßmann! Sie hat ein ganz weißes Kleid mit einem roten Sonnenschirm gehabt. Zum Ablecken war sie. Zum Austrinken war sie. Ach Gott, ach Gott, war sie schön! So ein Frauenzimmer! Nein, sag mir nur, wie kann es so ein Frauenzimmer geben? Natürlich ist das Mädchen und der Diener ihr gleich entgegengelaufen und haben sie fast hinaufgetragen. Wir sind rechts und links von der Tür gestanden und haben salutiert, das macht man hier so.
Sie ist ein wenig stehengeblieben, weil sie noch immer nicht genug Atem hatte, und nun weiß ich nicht, wie das eigentlich geschehen ist, ich war durch das Hungern nicht ganz bei Verstand, und sie war eben in der Nähe noch schöner und riesig breit und infolge eines besonderen Mieders, ich kann es dir dann im Kasten zeigen, überall so fest; kurz, ich habe sie ein bißchen hinten angerührt, aber ganz leicht, weißt du, nur so angerührt. Natürlich kann man das nicht dulden, daß ein Bettler eine reiche Dame anrührt. Es war ja fast keine Berührung, aber schließlich war es eben doch eine Berührung. Wer weiß, wie schlimm das ausgefallen wäre, wenn mir nicht Delamarche sofort eine Ohrfeige gegeben hätte, und zwar eine solche Ohrfeige, daß ich sofort meine beiden Hände für die Wange brauchte.«

Son corset était peut-être trop serré, mais elle n'a pas pu monter ces quelques marches... Mais comme elle était belle, Rossmann ! Elle était tout de blanc vêtue, avec une ombrelle rouge ! Elle était à croquer, que je te dis  ! À savourer... Ah là là, qu'est-ce qu'elle était belle ! Quelle femme ! Peux-tu me dire comment il peut exister une femme pareille ? Bien entendu la femme de chambre et le serviteur sont aussitôt accourus vers elle, et l'ont presque portée jusqu'en haut. Nous, on est restés debout de chaque côté de la porte et on l'a saluée au passage, comme on le fait ici.
Elle est restée un moment figée, car elle n'avait pas encore repris vraiment son souffle. Et puis je ne sais pas ce qui s'est passé au juste : j'avais tellement faim que je ne devais pas avoir toute ma tête à moi, elle était encore tellement plus belle étant si proche, tellement large, et à cause de son corset si bien ajusté (je pourrais te le montrer dans l'armoire), bref - je l'ai touchée un peu par derrière, juste un tout petit peu, tu vois, comme ça... Et naturellement, on ne peut pas admettre qu'un mendiant fasse ça à une dame riche. C'était à peine ce qu'on peut appeler “toucher”, mais enfin c'était ça quand même. Qui sait comment ça aurait pu tourner si Delamarche ne m'avait aussitôt collé une baffe, et une telle baffe, que j'ai dû me tenir la joue à deux mains !

»Was ihr getrieben habt!« sagte Karl, von der Geschichte ganz gefangen genommen, und setzte sich auf den Boden. »Das war also Brunelda?«
»Nun ja«, sagte Robinson, »das war Brunelda.«
»Sagtest du nicht einmal, daß sie eine Sängerin ist?« fragte Karl.
»Freilich ist sie eine Sängerin, und eine große Sängerin«, antwortete Robinson, der eine große Bonbonmasse auf der Zunge wälzte und hie und da ein Stück, das aus dem Mund gedrängt wurde, mit dem Finger wieder zurückdrückte. »Aber das wußten wir natürlich damals noch nicht, wir sahen nur, daß es eine reiche und sehr feine Dame war. Sie tat, als wäre nichts geschehen, und vielleicht hatte sie auch nichts gespürt, denn ich hatte sie tatsächlich nur mit den Fingerspitzen angetippt. Aber immerfort hat sie den Delamarche angesehen, der ihr wieder - wie er das schon trifft - gerade in die Augen zurückgeschaut hat. Darauf hat sie zu ihm gesagt: Komm mal auf ein Weilchen hinein, und hat mit dem Sonnenschirm in die Wohnung gezeigt, wohin Delamarche ihr vorangehen sollte. Dann sind sie beide hineingegangen, und die Dienerschaft hat hinter ihnen die Tür zugemacht. Mich haben sie draußen vergessen, und da habe ich gedacht, es wird nicht gar so lange dauern, und habe mich auf die Treppe gesetzt, um Delamarche zu erwarten.
Aber statt Delamarches ist der Diener herausgekommen und hat mir eine ganze Schüssel Suppe herausgebracht. ›Eine Aufmerksamkeit Delamarches!‹ sagte ich mir. Der Diener blieb noch, während ich aß, ein Weilchen bei mir stehen und erzählte mir einiges über Brunelda, und da habe ich gesehen, welche Bedeutung der Besuch bei Brunelda für uns haben könnte. Denn Brunelda war eine geschiedene Frau, hatte ein großes Vermögen und war vollständig selbständig! Ihr früherer Mann, ein Kakaofabrikant, liebte sie zwar noch immer, aber sie wollte von ihm nicht das geringste hören. Er kam sehr oft in die Wohnung, immer sehr elegant, wie zu einer Hochzeit, angezogen - das ist Wort für Wort wahr, ich kenne ihn selbst -, aber der Diener wagte trotz der größten Bestechung nicht, Brunelda zu fragen, ob sie ihn empfangen wollte, denn er hatte schon einige Male gefragt, und immer hatte ihm Brunelda das, was sie gerade bei der Hand hatte, ins Gesicht geworfen. Einmal sogar ihre große gefüllte Wärmflasche, und mit der hatte sie ihm einen Vorderzahn ausgeschlagen. Ja, Roßmann, da schaust du!«

— Vous en avez fait de belles ! dit Karl, complètement captivé par cette histoire. Et il s'assit sur le sol. C'était donc Brunelda ?
— Eh oui, c'était Brunelda, dit Robinson.
— N'as-tu pas dit une fois qu'elle était chanteuse ? demanda Karl.
— Bien sûr que oui ! C'est une chanteuse, c'est même une grande cantatrice, répondit Robinson, tandis qu'il mâchonnait une grosse masse de bonbons qu'il avait sur la langue, et poussait du doigt les morceaux qui dépassaient de temps en temps de sa bouche.
Mais bien sûr, on ne le savait pas encore, on voyait seulement que c'était une dame très riche et très distinguée. Elle a fait comme si rien ne s'était passé, et peut-être après tout n'avait-elle rien remarqué, car je l'ai vraiment touchée seulement du bout des doigts. mais elle n'arrêtait pas de regarder Delamarche, et lui la regardait aussi, droit dans les yeux, comme il sait le faire. Et alors elle lui a dit : « Entre donc ici un petit moment », et elle a montré l'appartement du bout de son ombrelle, pour que Delamarche y entre devant elle. Alors ils sont entrés tous les deux puis les domestiques ont refermé la porte derrière eux. Ils m'ont oublié tout seul dehors, et alors j'ai pensé que cela ne durerait pas trop longtemps, et je me suis assis sur l'escalier, pour attendre Delamarche.
Mais au lieu de Delamarche, c'est le domestique qui est venu, en m'apportant une grande assiette de soupe. “Une attention de Delamarche”, que je me suis dit. Le domestique est resté là encore un peu pendant que je mangeais, et il m'a raconté des choses sur Brunelda, et alors j'ai vu ce que la visite que nous lui avions faite pouvait signifier pour nous. Car Brunelda était divorcée, elle possédait une grande fortune, elle était complètement indépendante ! Son premier mari était un fabricant de cacao ; elle l'aimait toujours, mais elle ne voulait absolument plus en entendre parler. Il venait très souvent à l'appartement, toujours très élégant, vêtu comme pour aller à un mariage - c'est cela, mot pour mot, je le connais moi aussi ; mais le domestique, malgré de généreux pourboires, n'osait même pas demander à Brunelda si elle voulait le recevoir, car il le lui avait demandé plusieurs fois déjà, et à chaque fois, elle lui avait jeté à la figure ce qui lui était tombé sous la main. Ah ! Rossmann, tu es épaté, hein ?

»Woher kennst du den Mann?« fragte Karl.
»Er kommt manchmal auch herauf«, sagte Robinson.
»Herauf?« Karl schlug vor Staunen leicht mit der Hand auf den Boden.
»Du kannst ruhig staunen«, fuhr Robinson fort, »selbst ich habe gestaunt, wie mir das der Diener damals erzählt hat. Denk nur, wenn Brunelda nicht zu Hause war, hat sich der Mann von dem Diener in ihre Zimmer führen lassen und immer eine Kleinigkeit als Andenken mitgenommen und immer etwas sehr Teures und Feines für Brunelda zurückgelassen und dem Diener streng verboten zu sagen, von wem es ist. Aber einmal, als er etwas - wie der Diener sagte, und ich glaube es - geradezu Unbezahlbares aus Porzellan mitgebracht hatte, muß Brunelda es irgendwie erkannt haben, hat es sofort auf den Boden geworfen, ist darauf herumgetreten, hat es angespuckt und noch einiges andere damit gemacht, so daß es der Diener vor Ekel kaum hinaustragen konnte.«

— D'où connais-tu cet homme ? demanda Karl.
— Il monte de temps en temps ici aussi, dit Robinson.
— Ici ? Karl tapota le sol avec étonnement.
— Tu peux bien être étonné, continua Robinson. Je l'ai été moi-même aussi, au début, quand le domestique m'a raconté ça. Pense donc : quand Brunelda n'était pas là, cet homme-là se faisait conduire dans sa chambre par le domestique, et à chaque fois il emportait quelque bibelot en guise de souvenir, et chaque fois il laissait en partant un objet de grande valeur et très chic pour Brunelda, avec interdiction absolue pour le domestique de dire de qui cela venait.
Mais un jour, alors qu'il avait apporté - c'est le domestique qui me l'a dit, et je le crois - quelque chose de grande valeur, en porcelaine, Brunelda a dû comprendre, je ne sais comment, et elle a aussitôt jeté l'objet par terre, l'a piétiné, a craché dessus, et fait encore je ne sais quoi, au point que le domestique, de dégoût, n'osait même pas l'enlever.

»Was hat ihr denn der Mann getan?« fragte Karl.
»Das weiß ich eigentlich nicht«, sagte Robinson. »Ich glaube aber, nichts Besonderes, wenigstens weiß er es selbst nicht. Ich habe ja schon manchmal mit ihm darüber gesprochen. Er erwartet mich täglich dort an der Straßenecke, wenn ich komme, so muß ich ihm Neuigkeiten erzählen; kann ich nicht kommen, wartet er eine halbe Stunde und geht dann wieder weg. Es war für mich ein guter Nebenverdienst, denn er bezahlte die Nachrichten sehr vornehm, aber seit Delamarche davon erfahren hat, muß ich ihm alles abliefern, und so gehe ich seltener hin.«

— Qu'est-ce que cet homme a donc bien pu lui faire ? demanda Karl.
— Ah ça, je ne sais pas, dit Robinson. Mais rien de particulier, je crois, et du moins il ne le sait pas lui-même. J'en ai déjà parlé plusieurs fois avec lui. Tous les jours, il m'attend là-bas au coin de la rue, et quand je viens, je dois lui raconter tout ce qu'il y a eu de nouveau. Si je ne peux pas venir, il attend une demi-heure, et il s'en va. C'était pour moi un bon moyen de me faire un peu d'argent, car il paie très bien les informations que je lui donne. Mais depuis que Delamarche a eu vent de l'affaire, je dois lui reverser tout, alors j'y vais moins souvent !

»Aber was will der Mann haben?« fragte Karl. »Was will er denn haben? Er hört doch, sie will ihn nicht.«
»Ja«, seufzte Robinson, zündete sich eine Zigarette an und blies unter großen Armschwenkungen den Rauch in die Höhe. Dann schien er sich anders zu entschließen und sagte: »Was kümmert das mich? Ich weiß nur, er würde viel Geld dafür geben, wenn er so hier auf dem Balkon liegen dürfte wie wir.«

Mais qu'est-ce qu'il veut, cet homme ? demanda Karl. Qu'est-ce qu'il veut donc ? Il sait pourtant bien qu'elle ne veut pas de lui !
— Oui... fit Robinson avec un soupir ; il s'alluma une cigarette et souffla la fumée en l'air en faisant de grands moulinets avec ses bras. Puis il sembla changer d'idée, et dit : Qu'est-ce que ça peut me faire ? Mais ce que je sais, c'est qu'il donnerait beaucoup d'argent pour avoir le droit de s'allonger ici sur le balcon comme nous.

§ Les gens sur leurs balcons

Karl stand auf, lehnte sich ans Geländer und sah auf die Straße hinunter. Der Mond war schon sichtbar, in die Tiefe der Gasse drang sein Licht aber noch nicht. Die am Tag so leere Gasse war, besonders vor den Haustoren, gedrängt voll von Menschen, alle waren in langsamer, schwerfälliger Bewegung, die Hemdärmel der Männer, die hellen Kleider der Frauen hoben sich schwach vom Dunkel ab, alle waren ohne Kopfbedeckung.

Karl se leva, alla s'appuyer à la balustrade et regarda dans la rue, en bas. La lune était déjà visible, mais sa lumière ne pénétrait pas encore jusqu'au fond de la rue. Celle-ci, qui était si déserte dans la journée, était maintenant pleine de monde, surtout devant les porches des immeubles. Tous allaient lentement et d'un pas lourd ; les manches de chemise des hommes et les robes claires des femmes se détachaient faiblement sur l'obscurité ambiante, et personne ne portait de chapeau.

Die vielen Balkone ringsum waren nun insgesamt besetzt, dort saßen beim Licht einer Glühlampe die Familien, je nach der Größe des Balkons, um einen kleinen Tisch herum oder bloß auf Sesseln in einer Reihe oder sie steckten wenigstens die Köpfe aus dem Zimmer hervor. Die Männer saßen breitbeinig da, die Füße zwischen den Geländerstangen hinausgestreckt, und lasen Zeitungen, die fast bis auf den Boden reichten, oder spielten Karten, scheinbar stumm, aber unter starken Schlägen auf die Tische, die Frauen hatten den Schoß voll Näharbeit und erübrigten nur hier und da einen kurzen Blick für ihre Umgebung oder für die Straße.

Les nombreux balcons des alentours étaient maintenant tous occupés : selon la taille des balcons on voyait, à la lueur des ampoules électriques, les familles réunies autour d'une petite table, ou alignées sur des chaises, ou tendant simplement le cou vers l'extérieur. Les hommes étaient assis les jambes écartées, ayant passé les pieds à travers les balustrades, et lisaient des journaux qu'ils laissaient traîner presque par terre, ou bien ils jouaient aux cartes, en silence apparemment, mais en frappant de grands coups sur la table. Les femmes avaient les genoux encombrés de travaux de couture, et ne jetaient qu'un coup d'œil rapide ici ou là autour d'elles ou dans la rue.

Eine blonde, schwache Frau auf dem benachbarten Balkon gähnte immerfort, verdrehte dabei die Augen und hob immer vor den Mund ein Wäschestück, das sie gerade flickte; selbst auf den kleinsten Balkonen verstanden es die Kinder, einander zu jagen, was den Eltern sehr lästig fiel. Im Inneren vieler Zimmer waren Grammophone aufgestellt und bliesen Gesang oder Orchestralmusik hervor, man kümmerte sich nicht besonders um diese Musik, nur hie und da gab der Familienvater einen Wink, und irgend jemand eilte ins Zimmer hinein, um eine neue Platte einzulegen. An manchen Fenstern sah man vollständig bewegungslose Liebespaare, an einem Fenster Karl gegenüber stand ein solches Paar aufrecht, der junge Mann hatte seinen Arm um das Mädchen gelegt und drückte mit der Hand ihre Brust.

Une femme blonde et malingre, sur le balcon voisin, ne cessait de bâiller, les yeux à demi-fermés, en mettant à chaque fois devant sa bouche le linge qu'elle était en train de repriser. Même sur les plus petits balcons, les enfants trouvaient le moyen de se courir après, ce qui agaçait beaucoup les parents. Dans beaucoup d'appartements, on entendait des gramophones, qui diffusaient des chansons ou de la musique d'orchestre, mais on ne semblait pas s'y intéresser beaucoup : de temps en temps, le père de famille faisait seulement un signe de tête, et quelqu'un se précipitait alors à l'intérieur pour changer le disque.
On voyait des couples d'amoureux immobiles à de nombreuses fenêtres, et à l'une d'elles, en face de Karl, se tenait un de ces couples : le jeune homme avait le bras autour de la taille de la fille, et de sa main, il lui palpait la poitrine.

»Kennst du jemanden von den Leuten hier nebenan?« fragte Karl Robinson, der nun auch aufgestanden war, und, weil es ihn fröstelte, außer der Bettdecke auch noch die Decke Bruneldas um sich gewickelt hielt.
»Fast niemanden, das ist ja eben das Schlimme an meiner Stellung«, sagte Robinson und zog Karl näher zu sich, um ihm ins Ohr flüstern zu können, »sonst hätte ich mich augenblicklich nicht gerade zu beklagen. Die Brunelda hat ja Delamarches wegen alles, was sie hatte, verkauft und ist mit all ihren Reichtümern hierher in diese Vorstadtwohnung gezogen, damit sie sich ihm ganz widmen kann und damit sie niemand stört, übrigens war das auch der Wunsch Delamarches.«

Connais-tu quelqu'un parmi les gens qui sont là ? demanda Karl à Robinson, qui venait de se lever lui aussi, et parce qu'il frissonnait, s'était entortillé dans le châle de Brunelda en plus de sa couverture.
— Quasiment personne, et c'est bien ce qu'il y a de pénible dans ma situation, dit Robinson. Et il attira Karl plus près de lui pour lui murmurer à l'oreille : sinon, je n'aurais pas à me plaindre, pour l'instant. À cause de Delamarche, Brunelda a vendu tout ce qu'elle avait, et elle est venue s'installer ici avec toute sa fortune, dans ce logement de banlieue, pour pouvoir se consacrer totalement à lui, et que personne ne vienne les déranger ; et d'ailleurs c'est bien ce que veut Delamarche lui aussi.

§ Suite du récit de Robinson

»Und die Dienerschaft hat sie entlassen?« fragte Karl.
»Ganz richtig«, sagte Robinson. »Wo sollte man auch die Dienerschaft hier unterbringen? Diese Diener sind ja sehr anspruchsvolle Herren. Einmal hat Delamarche bei der Brunelda einen solchen Diener einfach mit Ohrfeigen aus dem Zimmer getrieben, da ist eine nach der andern geflogen, bis der Mann draußen war. Natürlich haben die anderen Diener sich mit ihm vereinigt und vor der Tür Lärm gemacht, da ist Delamarche herausgekommen (ich war damals nicht Diener, sondern Hausfreund, aber doch war ich mit den Dienern beisammen) und hat gefragt: ›Was wollt ihr?‹ Der älteste Diener, ein gewisser Isidor, hat daraufhin gesagt: ›Sie haben mit uns nichts zu reden, unsere Herrin ist die gnädige Frau.‹

— Et elle a chassé aussi les domestiques ? demanda Karl.
— Tout à fait, dit Robinson. Où voudrais-tu que l'on mette des domestiques ici ? Ce sont des gens exigeants. Une fois, chez Brunelda, Delamarche en a chassé un de la pièce en lui flanquant des claques, jusqu'à ce qu'il soit dehors. Et bien entendu, les autres domestiques ont fait cause commune avec lui, et ont fait du vacarme derrière la porte. Alors Delamarche est sorti (à l'époque, je n'étais pas un domestique, j'étais plutôt un ami de la famille, mais j'étais quand même avec eux), il est sorti et a demandé : « Que voulez-vous ? » Le plus âgé des domestiques, celui qu'on appelait Isidore, lui a répondu : « Nous n'avons rien à voir avec vous. Notre patronne, c'est Madame. »

» Wie du wahrscheinlich merkst, haben sie Brunelda verehrt. Aber Brunelda ist, ohne sich um sie zu kümmern, zu Delamarche gelaufen, sie war damals doch noch nicht so schwer wie jetzt, hat ihn vor allen umarmt, geküßt und ›Liebster Delamarche‹ genannt. ›Und schick doch schon diese Affen weg‹, hat sie endlich gesagt. Affen - das sollten die Diener sein; stell dir die Gesichter vor, die sie da machten. Dann hat die Brunelda die Hand Delamarches zu ihrer Geldtasche hingezogen, die sie am Gürtel trug, Delamarche hat hineingegriffen und also angefangen, die Diener auszuzahlen; die Brunelda hat sich nur dadurch an der Auszahlung beteiligt, daß sie mit der offenen Geldtasche im Gürtel dabei gestanden ist.

Comme tu le vois, ils avaient une grande déférence envers Brunelda. Mais sans s'occuper d'eux, Brunelda a couru vers Delamarche - elle n'était pas encore aussi grosse que maintenant - et devant eux, elle l'a embrassé en l'appelant :  « Delamarche, mon chéri ». Et finalement elle a dit : « Débarrasse-moi de cette bande de singes ». Les “singes”, c'étaient les domestiques, évidemment ; tu imagines la tête qu'ils faisaient.
Alors Brunelda a pris la main de Delamarche et l'a posée sur la bourse qu'elle portait à la ceinture ; Delamarche a pioché dedans pour payer les domestiques. Brunelda n'a participé à cela qu'en restant là debout, la bourse ouverte à sa ceinture.

» Delamarche mußte oft hineingreifen, denn er verteilte das Geld, ohne zu zählen und ohne die Forderungen zu prüfen. Schließlich sagte er: ›Da ihr also mit mir nicht reden wollt, sage ich euch nur im Namen Bruneldas: Packt euch, aber sofort.‹ So sind sie entlassen worden, es gab dann noch einige Prozesse, Delamarche mußte sogar einmal zu Gericht, aber davon weiß ich nichts Genaueres. Nur gleich nach dem Abschied der Diener hat Delamarche zu Brunelda gesagt: ›Jetzt hast du also keine Dienerschaft?‹ Sie hat gesagt: ›Aber da ist ja Robinson.‹ Daraufhin hat Delamarche gesagt und hat mir dabei einen Schlag auf die Achsel gegeben: ›Also gut, du wirst unser Diener sein.‹ Und Brunelda hat mir dann auf die Wange geklopft. Wenn sich die Gelegenheit findet, Roßmann, laß dir auch einmal von ihr auf die Wange klopfen. Du wirst staunen, wie schön das ist.«

Delamarche a dû y puiser plusieurs fois, car il distribuait sans compter, et sans vérifier ce qu'on lui demandait. Et finalement il a dit : « Puisque vous ne voulez pas discuter avec moi, je vous le dis au nom de Brunelda : fichez le camp, et vite ! » Voilà comment ils ont été mis à la porte. Il y a eu par la suite quelques procès, Delamarche a même dû se présenter une fois au tribunal, mais je n'en sais pas plus.
Après le départ des domestiques, Delamarche a dit à Brunelda : « Mais maintenant, tu n'as plus personne pour te servir ? » Elle a répondu : « Mais il y a Robinson ! » Là dessus, Delamarche m'a donné une tape sur l'épaule, en me disant : « Bon, eh bien, tu seras notre domestique. » Et Brunelda m'a donné une petite tape sur la joue. Si jamais cela se produit, Rossmann, laisse-la te tapoter la joue : tu n'en reviendras pas de sentir comme c'est bon.

»Du bist also Delamarches Diener geworden?« sagte Karl zusammenfassend.
Robinson hörte das Bedauern aus der Frage heraus und antwortete: »Ich bin Diener, aber das bemerken nur wenige Leute. Du siehst, du selbst wußtest es nicht, obwohl du doch schon ein Weilchen bei uns bist. Du hast ja gesehen, wie ich in der Nacht bei euch im Hotel angezogen war. Das Feinste vom Feinen hatte ich an. Gehen Diener so angezogen? Nur ist eben die Sache die, daß ich nicht oft weggehen darf, ich muß immer bei der Hand sein, in der Wirtschaft ist eben immer etwas zu tun. Eine Person ist eben zu wenig für die viele Arbeit. Wie du vielleicht bemerkt hast, haben wir sehr viele Sachen im Zimmer herumstehen; was wir eben bei dem großen Auszug nicht verkaufen konnten, haben wir mitgenommen. Natürlich hätte man es wegschenken können, aber Brunelda schenkt nichts weg. Denk dir nur, welche Arbeit es gegeben hat, diese Sachen die Treppe heraufzutragen.«

Tu es donc aussi devenu le domestique de Delamarche ? dit Karl, comme pour résumer.
Robinson ressentit la commisération qu'il y avait derrière la question, et répondit :
— Je suis le domestique, mais il y a très peu de gens qui s'en aperçoivent. Tu le vois bien : toi-même tu ne le savais pas, bien que tu sois ici depuis quelque temps déjà. Tu as bien vu, cette nuit, à l'hôtel, comment j'étais vêtu : c'était le fin du fin ! Est-ce que les domestiques sont aussi bien habillés ? Mais il y a pourtant quelque chose : c'est que je n'ai pas souvent le droit de sortir ; ils veulent toujours m'avoir sous la main, car il y a toujours quelque chose à faire dans le ménage. Et une seule personne, ce n'est pas assez pour le travail qu'il y a. Comme tu l'as sans doute remarqué, il y a quantité de choses dans cette pièce ; nous avons apporté tout ce qui n'a pas pu être vendu au moment du grand déménagement. Bien sûr, on aurait pu en donner, mais Brunelda ne donne rien. Alors, pense un peu à ce que ça a été de monter les escaliers avec tout ça...

»Robinson, du hast das alles heraufgetragen?« fragte Karl.
»Wer denn sonst?« sagte Robinson. »Es war noch ein Hilfsarbeiter da, ein faules Luder; ich habe die meiste Arbeit allein machen müssen. Brunelda ist unten beim Wagen gestanden, Delamarche hat oben angeordnet, wohin die Sachen zu legen sind, und ich bin immerfort hin und her gelaufen. Es hat zwei Tage gedauert, sehr lange, nicht wahr? Aber du weißt ja gar nicht, wieviel Sachen hier im Zimmer sind, alle Kasten sind voll und hinter den Kasten ist alles vollgestopft bis zur Decke hinauf. Wenn man ein paar Leute für den Transport aufgenommen hätte, wäre ja alles bald fertig gewesen, aber Brunelda wollte es niemandem außer mir anvertrauen. Das war ja sehr schön, aber ich habe damals meine Gesundheit für mein ganzes Leben verdorben, und was habe ich denn sonst gehabt als meine Gesundheit? Wenn ich mich nur ein wenig anstrenge, sticht es mich hier und hier und hier. Glaubst du, diese Jungen im Hotel, diese Grasfrösche - was sind sie denn sonst? -, hätten mich jemals besiegen können, wenn ich gesund wäre? Aber was mir auch fehlen sollte, dem Delamarche und der Brunelda sage ich kein Wort, ich werde arbeiten, solange es gehen wird, und wenn es nicht mehr gehen wird, werde ich mich hinlegen und sterben, und dann erst, zu spät, werden sie sehen, daß ich krank gewesen bin und trotzdem immerfort und immerfort weitergearbeitet und mich in ihren Diensten zu Tode gearbeitet habe. Ach, Roßmann -«, sagte er schließlich und trocknete die Augen an Karls Hemdärmel. Nach einem Weilchen sagte er:
»Ist dir denn nicht kalt, du stehst da so im Hemd?«

Et c'est toi, Robinson, qui a monté tout ça ? s'étonna Karl.
— Qui veux-tu que ce soit d'autre ? dit Robinson. Il y avait là quelqu'un pour m'aider, mais un bon à rien : j'ai dû faire ça presque tout seul. Brunelda est restée en bas près du camion ;Delamarche, en haut, décidait de l'endroit où il fallait déposer les choses, et moi je faisais la navette sans arrêt.Ça a duré deux jours - c'est beaucoup, n'est-ce pas ? Mais tu ne peux pas savoir tout ce qu'il y a ici, dans cette chalbre, toutes les armoires sont pleines, et derrière les armoires, tout est entassé jusqu'au plafond. Si on avait embauché quelques personnes pour le déménagement, tout aurait été bien vite fini, mais Brunelda ne faisait confiance à personne d'autre que moi. C'est bien beau, mais je me suis ruiné la santé pour le restant de mes jours, et qu'est-ce que je possède d'autre que ma santé ? Quand je fais seulement un petit effort, j'ai des points de côté ici et là. Crois-tu donc que ces jeunes, à l'hôtel, ces garnements - qu'est-ce qu'ils sont d'autre ? - crois-tu donc qu'ils auraient pu me maltraiter comme ils l'ont fait si j'avais été en bonne santé ? Mais quoi qu'il puisse m'arriver, je n'en dirai jamais rien à Delamarche ni à Brunelda ; je continuerai à travailler, aussi longtemps que je le pourrai, et quand je ne pourrai plus, je m'allongerai et je mourrai. Et alors cette fois, mais trop tard, ils verront bien que j'étais malade, et que pourtant j'ai travaillé, travaillé sans arrêt, que je me suis crevé à la tâche pour eux. Ah, Rossmann... dit il pour finir, et il s'essuya les yeux avec la manche de chemise de Karl. Puis il ajouta : Tu n'as pas froid, comme ça, en chemise ?

»Geh, Robinson«, sagte Karl, »immerfort weinst du. Ich glaube nicht, daß du so krank bist. Du siehst ganz gesund aus, aber weil du immerfort da auf dem Balkon liegst, hast du dir so verschiedenes ausgedacht. Du hast vielleicht manchmal einen Stich in der Brust, das habe ich auch, das hat jeder. Wenn alle Menschen wegen jeder Kleinigkeit so weinen wollten wie du, müßten die Leute auf allen Balkonen weinen.«
»Ich weiß es besser«, sagte Robinson und wischte nun die Augen mit dem Zipfel seiner Decke. »Der Student, der nebenan bei der Vermieterin wohnt, die auch für uns kochte, hat mir letzthin, als ich das Eßgeschirr zurückbrachte, gesagt: ›Hören Sie einmal, Robinson, sind Sie nicht krank?‹ Mir ist verboten, mit den Leuten zu reden, und so habe ich nur das Geschirr hingelegt und wollte weggehen. Da ist er zu mir gegangen und hat gesagt: ›Hören Sie, Mann, treiben Sie die Sache nicht zum Äußersten, Sie sind krank.‹ ›Ja, also, ich bitte, was soll ich denn machen?‹ habe ich gefragt. ›Das ist Ihre Sache‹, hat er gesagt und hat sich umgedreht. Die anderen dort bei Tisch haben gelacht, wir haben ja hier überall Feinde, und so bin ich lieber weggegangen.«

Allons, Robinson, dit Karl, tu pleurniches toujours. je ne crois pas que tu sois aussi malade que tu le dis. Tu sembles plutôt bien portant, mais à force de rester là sur ce balcon, tu t'es mis des idées en tête. Tu as peut-être en effet quelques points de côté, mais moi j'en ai aussi, tout le monde en a. Si tout le monde se mettait à pleurer pour de si petites choses que ça, comme toi, tous les gens qui sont là sur leur balcon seraient en train de pleurer !
— Je sais bien ce que je dis, fit Robinson, qui s'essuyait maintenant les yeux avec les coins de sa couverture. Il n'y a pas si longtemps, l'étudiant qui habite à côté de la logeuse, celle qui autrefois nous faisait aussi la cuisine, m'a dit, quand je lui ai rapporté la vaisselle : « Dites donc, Robinson, est-ce que vous ne seriez pas malade ? » On m'a défendu de parler avec les gens ; j'ai donc posé la vaisselle, et j'ai voulu m'en aller. Mais il est venu vers moi et m'a dit : « Dites donc, mon vieux, n'abusez pas trop de vous, vous êtes malade ! » « Et qu'est-ce que je devrais faire, s'il vous plaît ? » que je lui ai demandé. « Ça c'est votre affaire », a-t-il répondu, et il s'est retourné vers les autres qui étaient à la table et qui riaient. Nous avons des ennemis partout, ici, et c'est pourquoi j'ai préféré me sauver.

»Also Leuten, die dich zum Narren halten, glaubst du, und Leuten, die es gut mit dir meinen, glaubst du nicht.«
»Aber ich muß doch wissen, wie mir ist«, fuhr Robinson auf, kehrte aber gleich wieder zum Weinen zurück.
»Du weißt eben nicht, was dir fehlt, du solltest irgendeine ordentliche Arbeit für dich suchen, statt hier Delamarches Diener zu machen. Denn soweit ich nach deinen Erzählungen und nach dem, was ich selbst gesehen habe, urteilen kann, ist das hier kein Dienst, sondern eine Sklaverei. Das kann kein Mensch ertragen, das glaube ich dir. Du aber denkst, weil du Delamarches Freund bist, darfst du ihn nicht verlassen. Das ist falsch; wenn er nicht einsieht, was für ein elendes Leben du führst, so hast du ihm gegenüber nicht die geringsten Verpflichtungen mehr.«
»Du glaubst also wirklich, Roßmann, daß ich mich wieder erholen werde, wenn ich das Dienen hier aufgebe?«
»Gewiß«, sagte Karl.
»Gewiß?« fragte nochmals Robinson.
 »Ganz gewiß«, sagte Karl lächelnd.
 »Dann könnte ich ja gleich anfangen, mich zu erholen«, sagte Robinson und sah Karl an.

En somme, tu crois les gens qui se moquent de toi, et pas ceux qui te veulent du bien.
— Je sens tout de même bien comment je suis, protesta Robinson - mais il se remit aussitôt à pleurnicher.
— Tu ne sais même pas ce que tu as. Tu devrais plutôt te chercher un travail sérieux, au lieu de rester là à faire le domestique de Delamarche. Car si j'en crois ce que tu m'as dit, et ce que j'ai pu voir par moi-même, il ne s'agit pas d'un travail, mais d'un véritable esclavage. Et personne ne pourrait supporter ça, je suis bien d'accord là dessus ! Mais toi, parce que tu es l'ami de Delamarche, tu penses que tu n'as pas le droit de l'abandonner. C'est faux ! Puisqu'il ne voit même pas quelle vie misérable tu as, tu n'as plus envers lui la moindre obligation.
— Tu crois donc vraiment, Rossmann, que je me remettrais si je cessais de faire le domestique ici ?
— Bien sûr, dit Karl.
— Vraiment ? insista encore Robinson.
— Tout à fait, dit Karl en souriant.
— Alors... Je pourrais commencer tout de suite à me rétablir, dit Robinson en regardant Karl.

»Wieso denn?« fragte dieser.
»Nun, weil du doch meine Arbeit hier übernehmen sollst«, antwortete Robinson.
»Wer hat dir denn das gesagt?« fragte Karl.
»Das ist doch ein alter Plan. Davon wird ja schon seit einigen Tagen gesprochen. Es hat damit angefangen, daß Brunelda mich ausgezankt hat, weil ich die Wohnung nicht sauber genug halte. Natürlich habe ich versprochen, daß ich alles gleich in Ordnung bringen werde. Nun, das ist aber sehr schwer. Ich kann zum Beispiel in meinem Zustand nicht überallhin kriechen, um den Staub wegzuwischen, man kann sich schon in der Mitte des Zimmers nicht rühren, wie erst dort zwischen den Möbeln und den Vorräten? Und wenn man alles genau reinigen will, muß man doch auch die Möbel von ihrem Platz wegschieben, und das soll ich allein machen? Außerdem müßte das alles ganz leise geschehen, weil doch Brunelda, die ja das Zimmer kaum verläßt, nicht gestört werden darf. Ich habe also zwar versprochen, daß ich alles rein machen werde, aber rein gemacht habe ich es tatsächlich nicht.

Comment ça ? demanda celui-ci.
— Eh bien, parce que c'est toi qui vas me remplacer.
— Mais qui t'a dit ça ? demanda Karl.
— Oh, c'est un projet qui n'est pas nouveau. On en parle depuis plusieurs jours déjà. Tout a commencé parce que Brunelda a crié après moi en disant que je ne tenais pas l'appartement assez propre. Naturellement, j'ai promis de faire tout le nécessaire aussitôt. Mais c'est très difficile pour moi... Par exemple, dans l'état où je suis, je ne peux pas me glisser partout pour faire la poussière. On ne peut déjà pas se déplacer dans le milieu de la pièce, alors comment pourrait-on aller entre les meubles et les piles de provisions qui sont entassées là ? Et si l'on veut vraiment tout nettoyer, il faut bien déplacer aussi les meubles, et comment pourrais-je faire ça tout seul ? Et par-dessus le marché, il faut faire tout ça sans bruit, car Brunelda, qui ne quitte pratiquement jamais la pièce, ne veut pas qu'on la dérange. Alors, même si j'avais promis que tout serait nettoyé à fond, en fin de compte, je ne l'ai pas fait.

Als Brunelda das bemerkt hat, hat sie zu Delamarche gesagt, daß das nicht so weitergeht und daß man noch eine Hilfskraft wird aufnehmen müssen. ›Ich will nicht, Delamarche‹, hat sie gesagt, ›daß du mir einmal Vorwürfe machst, ich hätte die Wirtschaft nicht gut geführt. Selbst kann ich mich nicht anstrengen, das siehst du doch ein, und Robinson genügt nicht; am Anfang war er so frisch und hat sich überall umgesehen, aber jetzt ist er immerfort müde und sitzt meist in einem Winkel. Aber ein Zimmer mit so viel Gegenständen wie das unsrige hält sich nicht selbst in Ordnung.‹ Daraufhin hat Delamarche nachgedacht, was sich da tun ließe, denn eine beliebige Person kann man natürlich in einen solchen Haushalt nicht aufnehmen, auch zur Probe nicht, denn man paßt uns ja von allen Seiten auf. Weil ich aber dein guter Freund bin und von Renell gehört habe, wie du dich im Hotel plagen mußt, habe ich dich in Vorschlag gebracht. Delamarche war gleich einverstanden, obwohl du dich damals gegen ihn so keck benommen hast, und ich habe mich natürlich sehr gefreut, daß ich dir so nützlich sein konnte. Für dich ist nämlich diese Stellung wie geschaffen, du bist jung, stark und geschickt, während ich nichts mehr wert bin. Nur will ich dir sagen, daß du noch keineswegs aufgenommen bist; wenn du Brunelda nicht gefällst, können wir dich nicht brauchen. Also strenge dich nur an, daß du ihr angenehm bist, für das übrige werde ich schon sorgen.«

Quand Brunelda s'en est aperçue, elle a dit à Delamarche que ça ne pouvait pas continuer comme ça, et qu'il fallait engager quelqu'un de plus pour m'aider. « Je ne veux pas, Delamarche, a-t-elle dit, que tu viennes un jour me reprocher d'avoir mal tenu le ménage. Je ne peux pas en venir à bout moi-même, tu le vois bien, et Robinson ne suffit pas. Au début, il était plein d'allant, et il s'occupait de tout ; mais maintenant, il est toujours fatigué, et la plupart du temps, il reste assis dans un coin. Et une pièce comme celle-là, avec tant d'objets qui l'encombrent, ne s'entretient pas toute seule ! »
Là dessus, Delamarche a réfléchi à ce qu'il était possible de faire, car naturellement, il n'était pas question de faire venir dans ce logement n'importe qui, même pour un essai, car de tous côtés, on est épié. Alors comme je suis ton ami, et que j'ai entendu parler par Renell de tout le mal que tu étais obligé de te donner à l'hôtel, je t'ai proposé. Delamarche a été aussitôt d'accord, bien que tu te sois autrefois mal conduit envers lui, et moi, bien entendu, j'ai été très content de pouvoir t'être utile à quelque chose. Car c'est une place pour ainsi dire faite pour toi : tu es jeune, robuste et adroit, tandis que moi je ne suis plus bon à rien. Mais je dois quand même te dire que tu n'es pas encore embauché du tout. Si tu ne plais pas à Brunelda, on ne pourra pas t'engager. Alors, fais un effort pour lui être agréable, que tu puisses être engagé, et pour le reste, j'en fais mon affaire.

»Und was wirst du machen, wenn ich hier Diener sein werde?« fragte Karl; er fühlte sich so frei, der erste Schrecken, den ihm die Mitteilungen Robinsons verursacht hatten, war vorüber. Delamarche hatte also keine schlimmeren Absichten mit ihm, als ihn zum Diener zu machen - hätte er schlimmere Absichten gehabt, dann hätte sie der plapperhafte Robinson gewiß verraten -, wenn es aber so stand, dann getraute sich Karl, noch heute nacht den Abschied durchzuführen. Man kann niemanden zwingen, einen Posten anzunehmen. Und während Karl früher Sorgen gehabt hatte, ob er nach seiner Entlassung aus dem Hotel bald genug, um vor Hunger geschätzt zu sein, einen passenden und womöglich nicht unansehnlicheren Posten bekommen werde, schien ihm jetzt im Vergleich zu dem ihm hier zugedachten Posten, der ihm widerlich war, jeder andere Posten gut genug, und selbst die stellungslose Not hätte er diesem Posten vorgezogen. Robinson das aber begreiflich zu machen, versuchte er gar nicht, besonders da Robinson jetzt in jedem Urteil durch die Hoffnung völlig befangen war, von Karl entlastet zu werden.

Et toi, qu'est-ce que tu feras, quand je serai le domestique ici ? demanda Karl. Il éprouvait un sentiment de liberté, maintenant que la peur que lui avaient causée les propos de Robinson s'était dissipée. Delamarche n'avait donc pas envers lui de plus mauvaises intentions que de le prendre comme domestique ? S'il en avait eues, ce bavard de Robinson les aurait certainement trahies - et dans ces conditions, Karl se sentait tout à fait en mesure de filer d'ici dès ce soir. On ne peut tout de même pas obliger quelqu'un à accepter un poste comme ça. Auparavant, il s'était fait beaucoup de souci à propos de son renvoi de l'hôtel, se demandant si après cela il pourrait retrouver assez vite un emploi pour pouvoir manger à sa faim, un emploi convenable, et autant que possible, pas moins honorable ; mais maintenant, par comparaison avec celui auquel on le destinait ici et qui lui faisait horreur, n'importe quel autre emploi lui paraissait bien assez bon, et il aurait même encore préféré la misère d'être chômeur. Mais il n'avait même pas envie de dire cela à Robinson, dont le jugement était déjà tout à fait faussé par l'espoir qu'il avait de voir Karl le décharger de son travail.

»Ich werde also«, sagte Robinson und begleitete die Rede mit behaglichen Handbewegungen - die Ellbogen hatte er auf das Geländer aufgestützt -, »dir zunächst alles erklären und die Vorräte zeigen. Du bist gebildet und hast sicher auch eine schöne Schrift, du könntest also gleich ein Verzeichnis all der Sachen machen, die wir da haben. Das hat sich Brunelda schon längst gewünscht. Wenn morgen vormittag schönes Wetter ist, werden wir Brunelda bitten, daß sie sich auf den Balkon setzt, und inzwischen werden wir ruhig und ohne sie zu stören im Zimmer arbeiten können. Denn darauf, Roßmann, mußt du vor allem achtgeben. Nur nicht Brunelda stören. Sie hört alles, wahrscheinlich hat sie als Sängerin so empfindliche Ohren. Du rollst zum Beispiel das Faß mit Schnaps, das hinter dem Kasten steht, heraus, es macht Lärm, weil es schwer ist und dort überall verschiedene Sachen herumliegen, so daß man es nicht mit einem Male durchrollen kann. Brunelda liegt zum Beispiel ruhig auf dem Kanapee und fängt Fliegen, die sie überhaupt sehr belästigen. Du glaubst also, sie kümmert sich um dich nicht, und rollst dein Faß weiter. Sie liegt noch immer ruhig. Aber in einem Augenblick, wo du es gar nicht erwartest und wo du am wenigsten Lärm machst, setzt sie sich plötzlich aufrecht, schlägt mit beiden Händen auf das Kanapee, daß man sie vor Staub nicht sieht - seit wir hier sind, habe ich das Kanapee nicht ausgeklopft; ich kann ja nicht, sie liegt doch immerfort darauf -, und fängt schrecklich zu schreien an, wie ein Mann, und schreit so stundenlang.

Eh bien, maintenant, dit Robinson, accompagnant ses propos de grands gestes complaisants (il avait posé ses coudes sur la rambarde), je vais commencer par tout t'expliquer, et te montrer tout ce qui est entreposé là. Tu as de l'instruction, et tu as certainement aussi une belle écriture : tu pourras donc tout de suite dresser le catalogue de tout ce que nous avons ici. Il y a longtemps que Brunelda désire cela. Si demain matin il fait beau, nous demanderons à Brunelda de bien vouloir se mettre sur le balcon, et ainsi nous pourrons travailler tranquillement à l'intérieur, et sans la déranger. Car c'est là l'essentiel, Rossmann : il ne faut pas la déranger. Elle entend tout, c'est probablement parce qu'elle est cantatrice qu'elle a l'oreille aussi sensible. Par exemple : tu fais rouler un tonneau d'eau de vie de derrière les armoires ; ça fait du bruit, parce que c'est lourd, qu'il y a plein d'obstacles tout autour, et qu'on ne peut donc pas faire ça en une seule fois. Brunelda est tranquillement étendue sur le canapé, occupée à attraper des mouches, car les mouches la gênent terriblement. Tu crois donc qu'elle ne s'occupe pas de toi, et tu roules ton tonneau. Elle est toujours tranquille. Et soudain, au moment où tu t'y attends le moins, et où tu fais le moins de bruit possible, elle se redresse, tape des deux mains sur le canapé, si bien qu'avec la poussière on n'y voit plus rien  - car depuis que nous sommes là, je n'ai pas pu le taper, elle est toujours couchée dessus - et commence à pousser des cris terribles, comme un homme, et ça peut durer des heures !

Das Singen haben ihr die Nachbarn verboten, das Schreien aber kann ihr niemand verbieten, sie muß schreien, übrigens geschieht es ja jetzt nur selten, ich und Delamarche sind sehr vorsichtig geworden. Es hat ihr ja auch sehr geschadet. Einmal ist sie ohnmächtig geworden, und ich habe - Delamarche war gerade weg - den Studenten von nebenan holen müssen, der hat sie aus einer großen Flasche mit Flüssigkeit bespritzt, es hat auch geholfen, aber diese Flüssigkeit hat einen unerträglichen Geruch gehabt, noch jetzt, wenn man die Nase zum Kanapee hält, riecht man es. Der Student ist sicher unser Feind, wie alle hier, du mußt dich auch vor allen in acht nehmen und dich mit keinem einlassen.«

Les voisins lui ont interdit de chanter ; mais personne ne peut l'empêcher de crier, et il faut qu'elle crie. D'ailleurs, cela ne se produit plus que très rarement maintenant : Delamarche et moi sommes devenus très prudents. Ces hurlements lui ont d'ailleurs fait beaucoup de mal : un jour elle s'est évanouie et comme Delamarche, justement, était sorti, j'ai dû demander son aide à l'étudiant qui habite à côté ; il l'a aspergée avec une grosse bouteille, et avec avec succès. Mais le liquide avait une odeur insupportable, et on la sent encore maintenant, si l'on approche son nez du canapé. Cet étudiant est sûrement un de nos ennemis, comme tout le monde ici, tu dois te tenir sur tes gardes et ne parler à personne.

»Du, Robinson«, sagte Karl, »das ist aber ein schwerer Dienst. Da hast du mich für einen schönen Posten empfohlen.«
»Mach dir keine Sorgen«, sagte Robinson und schüttelte mit geschlossenen Augen den Kopf, um alle möglichen Sorgen Karls abzuwehren. »Der Posten hat auch Vorteile, wie sie dir kein anderer Posten bieten kann. Du bist immerfort in der Nähe einer Dame wie Brunelda, du schläfst manchmal mit ihr im gleichen Zimmer, das bringt schon, wie du dir denken kannst, verschiedene Annehmlichkeiten mit sich. Du wirst reichlich bezahlt werden, Geld ist in Menge da, ich habe als Freund Delamarches nichts bekommen; nur wenn ich ausgegangen bin, hat mir Brunelda immer etwas mitgegeben, aber du wirst natürlich bezahlt werden wie ein anderer Diener. Du bist ja auch nichts anderes. Das Wichtigste für dich aber ist, daß ich dir den Posten sehr erleichtern werde. Zunächst werde ich natürlich nichts machen, damit ich mich erhole, aber wie ich nur ein wenig erholt bin, kannst du auf mich rechnen. Die eigentliche Bedienung Bruneldas behalte ich überhaupt für mich, also das Frisieren und Anziehen, soweit es nicht Delamarche besorgt. Du wirst dich nur um das Aufräumen des Zimmers, um Besorgungen und die schwereren häuslichen Arbeiten zu kümmern haben.«
»Nein, Robinson«, sagte Karl, »das alles verlockt mich nicht.«
»Mach keine Dummheiten, Roßmann«, sagte Robinson nahe an Karls Gesicht, »verscherze dir nicht diese schöne Gelegenheit. Wo bekommst du denn gleich einen Posten? Wer kennt dich? Wen kennst du? Wir, zwei Männer, die schon viel erlebt haben und große Erfahrungen besitzen, sind wochenlang herumgelaufen, ohne Arbeit zu bekommen. Es ist nicht leicht, es ist sogar verzweifelt schwer.«

Mais dis donc, Robinson, fit Karl, c'est une tâche bien difficile, ça ! C'est pour un joli poste que tu m'as recommandé !
— Ne te fais pas de soucis pour ça, dit Robinson, en secouant la tête les yeux fermés, comme pour chasser tout ce qui pouvait inquiéter Karl. Cet emploi offre aussi des avantages que tu ne pourrais pas obtenir ailleurs : tu es constamment auprès d'une dame comme Brunelda ; tu dors parfois dans la même chambre qu'elle, ce qui offre, comme tu peux bien le penser, certains petits agréments ; tu es royalement rétribué, ce n'est pas l'argent qui manque ici. Moi, en tant qu'ami de Delamarche, je n'ai rien touché, mais quand je sortais, Brunelda me donnait toujours quelque chose. Toi, tu seras payé comme n'importe quel domestique, ce que d'ailleurs tu seras. Mais ce qui est le plus important pour toi, c'est que je pourrai beaucoup t'aider dans ta tâche. Au début, bien sûr, je ne ferai rien, pour me remettre d'aplomb ; mais dès que j'irai un peu mieux, tu pourras compter sur moi. Je garderai pour moi tout le service personnel de Brunelda : la coiffure, l'habillage, si du moins ce n'est pas Delamarche qui s'en occupe. Tu n'auras à t'occuper que du ménage de la chambre, des gros travaux et des commissions.
— Non, Robinson, dit Karl, tout cela ne me plaît pas.
— Ne fais pas de bêtises, Rossmann, dit Robinson, en venant sous le nez de Karl, ne laisse pas passer cette magnifique occasion ! Où trouveras-tu un emploi aussi rapidement ? Qui te connaît ? Qui connais-tu ? Nous, qui sommes deux, et qui avons déjà beaucoup vécu, qui avons une grande expérience, nous sommes restés à tourner en rond pendant des semaines sans trouver de travail. Ce n'est pas si facile ! C'est même terriblement difficile !

Karl nickte und wunderte sich, wie vernünftig Robinson sprechen konnte. Für ihn hatten diese Ratschläge allerdings keine Geltung, er durfte hier nicht bleiben, in der großen Stadt würde sich wohl noch ein Plätzchen für ihn finden, die ganze Nacht über, das wußte er, waren alle Gasthäuser überfüllt, man brauchte Bedienung für die Gäste, darin hatte er nun schon Übung. Er würde sich schon rasch und unauffällig in irgendeinen Betrieb einfügen. Gerade im gegenüberliegenden Hause war unten ein kleines Gasthaus untergebracht, aus dem eine rauschende Musik hervordrang. Der Haupteingang war nur mit einem großen gelben Vorhang verdeckt, der manchmal, von einem Luftzug bewegt, mächtig in die Gasse hinausflatterte. Sonst war es in der Gasse freilich viel stiller geworden. Die meisten Balkone waren finster, nur in der Ferne fand sich noch hier und dort ein einzelnes Licht, aber kaum faßte man es für ein Weilchen ins Auge, erhoben sich dort die Leute, und während sie in die Wohnung zurückdrängten, griff ein Mann an die Glühlampe und drehte, als letzter auf dem Balkon zurückbleibend, nach einem kurzen Blick auf die Gasse das Licht aus.

Karl opina de la tête, étonné que Robinson puisse s'exprimer aussi raisonnablement. Mais pour lui ces conseils n'avaient de toutes façons plus aucune valeur, il ne pouvait plus demeurer ici ; dans une ville aussi grande, il y aurait bien une petite place pour lui, car il le savait, durant la nuit tous les hôtels-restaurants étaient pleins, on recherchait du personnel pour servir les clients, et il avait déjà une petite expérience en la matière. Il saurait bien vite s'adapter sans faire d'histoires dans n'importe quel établissement. Justement, dans l'immeuble d'en face, au rez-de-chaussée, il y avait un petit restaurant, dont sortait une musique endiablée. Son entrée principale ne comportait qu'un grand rideau jaune que parfois un courant d'air soulevait et faisait flotter dans la rue. Mais à part cela, la rue était pourtant devenue bien plus calme. La plupart des balcons étaient maintenant dans l'obscurité, il n'y avait plus ici ou là dans le lointain que quelques petites lumières, et c'est à peine si le regard s'y accrochait un instant : déjà les gens se levaient, et tandis qu'ils se pressaient pour revenir à l'intérieur, quelqu'un prenait la lampe et, demeuré le dernier sur le balcon, après avoir jeté encore un bref regard dans la rue, il l'éteignait.

›Nun beginnt ja schon die Nacht‹, sagte sich Karl, ›bleibe ich noch länger hier, gehöre ich schon zu ihnen.‹ Er drehte sich um, um den Vorhang vor der Wohnungstür wegzuziehen.
»Was willst du?« sagte Robinson und stellte sich zwischen Karl und den Vorhang.
»Weg will ich«, sagte Karl. »Laß mich! Laß mich!«
»Du willst sie doch nicht stören«, rief Robinson, »was fällt dir denn nur ein!« Und er legte Karl die Arme um den Hals, hing sich mit seiner ganzen Last an ihn, umklammerte mit den Beinen Karls Beine und zog ihn so im Augenblick auf die Erde nieder. Aber Karl hatte unter den Liftjungen ein wenig raufen gelernt, und so stieß er Robinson die Faust unter das Kinn, aber schwach und voll Schonung. Der gab Karl noch rasch und ganz rücksichtslos mit dem Knie einen vollen Stoß in den Bauch, fing dann aber, beide Hände am Kinn, so laut zu heulen an, daß von dem benachbarten Balkon ein Mann unter wildem Händeklatschen »Ruhe!« befahl. Karl lag noch ein wenig still, um den Schmerz, den ihm der Stoß Robinsons verursacht hatte, zu verwinden. Er wandte nur das Gesicht zum Vorhang hin, der ruhig und schwer vor dem offenbar dunklen Zimmer hing. Es schien ja niemand mehr im Zimmer zu sein, vielleicht war Delamarche mit Brunelda ausgegangen, und Karl hatte schon völlige Freiheit. Robinson, der sich wirklich wie ein Wächterhund benahm, war ja endgültig abgeschüttelt.

C'est déjà la nuit qui vient, se dit Karl. Si je demeure ici plus longtemps, je vais être dépendant d'eux. Il se retourna pour écarter le rideau de la porte-fenêtre.
— Qu'est-ce que tu fais ? demanda Robinson, en venant s'interposer entre Karl et le rideau.
— Je veux m'en aller, dit Karl. Lâche-moi ! Laisse-moi !
— Tu ne veux tout de même pas les déranger ! cria Robinson. Qu'est-ce qui te prend ? Et subitement, il se pendit au cou de Karl de tout son poids en lui passant les bras autour du cou, lui fit un croc-en-jambe, et le fit tomber par terre. Mais Karl, chez les garçons d'ascenseur, avait un peu appris à se battre, et il flanqua un coup de poing au menton de Robinson, pas trop fort quand même, en se retenant. L'autre au contraire, de toutes ses forces, lui asséna un coup de genou dans le ventre, mais se mit ensuite à pleurnicher en se tenant le menton à deux mains, et si bruyamment que, sur le balcon d'à côté, un homme cria « Silence ! » en tapant frénétiquement dans ses mains. Karl resta un instant sans bouger, pour laisser passer la douleur du coup que Robinson lui avait infligé ; il tourna seulement la tête vers le rideau qui pendait, immobile et pesant, devant une pièce manifestement vide. Il semblait qu'il n'y eût plus personne , peut-être Delamarche et Brunelda étaient-ils sortis, laissant à Karl le champ libre. D'autant que Robinson, qui jouait les chiens de garde, avait été mis hors d'état de nuire.

§ Le défilé électoral

Da ertönten aus der Ferne von der Gasse her stoßweise Trommeln und Trompeten. Einzelne Rufe vieler Leute sammelten sich bald zu einem allgemeinen Schreien. Karl drehte den Kopf und sah, wie sich alle Balkone von neuem belebten. Langsam erhob er sich, er konnte sich nicht ganz aufrichten und mußte sich schwer gegen das Geländer drücken. Unten auf dem Trottoir marschierten junge Burschen mit großen Schritten, ausgestreckten Armen, die Mützen in der erhobenen Hand, die Gesichter zurückgewandt. Die Fahrbahn blieb noch frei. Einzelne schwenkten auf hohen Stangen Lampions, die von einem gelblichen Rauch umhüllt waren. Gerade traten die Trommler und Trompeter in breiten Reihen ans Licht, und Karl staunte über ihre Menge, da hörte er hinter sich Stimmen, drehte sich um und sah den Delamarche den schweren Vorhang heben und dann aus dem Zimmerdunkel Brunelda treten, im roten Kleid, mit einem Spitzenüberwurf um die Schultern, einem dunklen Häubchen über dem wahrscheinlich unfrisierten und bloß aufgehäuften Haar, dessen Enden lose hie und da hervorsahen. In der Hand hielt sie einen kleinen ausgespannten Fächer, bewegte ihn aber nicht, sondern drückte ihn eng an sich.

C'est alors qu'on entendit venir par vagues, du bout de la rue, un tintamarre de trompettes et de tambours. Des exclamations d'abord isolées formèrent bientôt une seule clameur. Karl tourna la tête et vit tous les balcons s'animer de nouveau. Il se redressa lentement, il ne pouvait pas se lever complètement, et dut s'appuyer lourdement à la balustrade. Sur le trottoir en dessous, des jeunes gens défilaient à grandes enjambées, brandissant leur casquette de leur bras tendu, le regard tourné vers l'arrière. La chaussée était encore libre. Certains portaient des lampions au bout de longues perches, au milieu de vapeurs jaunâtres. Les joueurs de tambour et de trompette apparaissaient dans la lumière en rangs serrés, et Karl était étonné de voir combien ils étaient nombreux. c'est alors qu'il entendit des voix derrière lui : il se retourna, et vit Delamarche qui remontait le lourd rideau, et Brunelda qui sortait de l'ombre de la pièce, en robe rouge, avec un châle de dentelle sur les épaules, une sorte de bonnet sombre sur des cheveux qui semblaient mal coiffés, simplement ramassés, et dont on on voyait ici ou là dépasser une mèche. Elle tenait à la main un petit éventail, mais elle ne l'agitait pas, elle le tenait serré contre elle.

Karl schob sich dem Geländer entlang zur Seite, um den beiden Platz zu machen. Gewiß würde ihn niemand zum Hierbleiben zwingen, und wenn es auch Delamarche versuchen wollte, Brunelda würde ihn auf seine Bitte sofort entlassen. Sie konnte ihn ja gar nicht leiden, seine Augen erschreckten sie. Aber als er einen Schritt zur Tür hin machte, hatte sie es doch bemerkt und sagte: »Wohin denn, Kleiner?« Karl stockte vor den strengen Blicken Delamarches, und Brunelda zog ihn zu sich. »Willst du dir denn nicht den Aufzug unten ansehen?« sagte sie und schob ihn vor sich an das Geländer. »Weißt du, worum es sich handelt?« hörte Karl sie hinter sich sagen und machte ohne Erfolg eine unwillkürliche Bewegung, um sich ihrem Druck zu entziehen. Traurig sah er auf die Gasse hinunter, als sei dort der Grund seiner Traurigkeit.

Karl se poussa un peu contre la balustrade pour leur faire de la place. Personne ne pouvait l'obliger à rester là, et même si Delamarche cherchait à le faire, Brunelda le laisserait partir s'il lui en demandait la permission. Elle ne pouvait pas le souffrir, elle ne supportait pas son regard. Mais quand il fit un pas vers la porte, elle s'en aperçut, et dit :
— Où vas-tu, petit ?
Karl hésita en voyant la façon dont Delamarche le regardait méchamment, et Brunelda l'attira vers elle :
— Tu ne veux donc pas regarder le défilé ? dit-elle, et elle le poussa devant elle contre la balustrade. Karl l'entendit, dans son dos, qui disait « Sais-tu ce que c'est ? » Il fit instinctivement un mouvement pour se libérer d'elle, mais sans y parvenir. Alors il regarda tristement dans la rue, en bas, comme si c'était là que se trouvait la cause de sa tristesse.

Delamarche stand zuerst mit gekreuzten Armen hinter Brunelda, dann lief er ins Zimmer und brachte Brunelda den Operngucker. Unten war hinter den Musikanten der Hauptteil des Aufzuges erschienen. Auf den Schultern eines riesenhaften Mannes saß ein Herr, von dem man in dieser Höhe nichts anderes sah als seine mattschimmernde Glatze, über der er seinen Zylinderhut ständig grüßend hoch erhoben hielt. Rings um ihn wurden offenbar Holztafeln getragen, die, vom Balkon aus gesehen, ganz weiß erschienen; die Anordnung war derartig getroffen, daß diese Plakate von allen Seiten sich förmlich an den Herrn anlehnten, der aus ihrer Mitte hervorragte. Da alles im Gange war, lockerte sich diese Mauer von Plakaten immerfort und ordnete sich auch immerfort von neuem. Im weiteren Umkreis war um den Herrn die ganze Breite der Gasse, wenn auch, soweit man im Dunkel schätzen konnte, auf eine unbedeutende Länge hin, von Anhängern des Herrn angefüllt, die sämtlich in die Hände klatschten und wahrscheinlich den Namen des Herrn, einen ganz kurzen, aber unverständlichen Namen, in einem getragenen Gesange verkündeten. Einzelne, die geschickt in der Menge verteilt waren, hatten Automobillaternen mit äußerst starkem Licht, das sie die Häuser auf beiden Seiten der Straße langsam auf- und abwärts führten. In Karls Höhe störte das Licht nicht mehr, aber auf den unteren Balkonen sah man die Leute, die davon bestrichen wurden, eiligst die Hände an die Augen führen.

Delamarche s'était d'abord tenu derrière Brunelda, les bras croisés, puis il courut dans la chambre pour aller lui chercher ses jumelles de théâtre. En bas, après la fanfare, c'était le gros du cortège qui apparaissait maintenant. Sur les épaules d'une sorte de géant était installé un homme dont on ne voyait, à cette hauteur, que son crâne chauve et luisant, car il brandissait sans cesse son haut-de-forme pour saluer. Autour de lui avaient été disposées des pancartes de bois qui, vues du balcon, semblaient complètement blanches. Les gens étaient disposés de telle façon que toutes les pancartes convergeaient vers cet homme, qui paraissait ainsi vraiment émerger au milieu d'elles. Et comme tout cela était en mouvement, ce rempart de pancartes ne cessait de se disloquer et de se reformer. Autour de cet homme, toute la largeur de la rue, et sur une longueur incroyable, pour autant qu'on pût le voir dans l'obscurité, était occupées par ses partisans qui frappaient en cadence dans leurs mains en scandant probablement son nom, qui semblait court, mais demeurait incompréhensible. Quelques-uns, habilement disséminés dans la foule, tenaient des phares de voiture très puissants, dont ils balayaient lentement les façades des deux côtés de la rue, de haut en bas. À la hauteur à laquelle se trouvait Karl, cette lumière n'éblouissait pas, mais sur les balcons inférieurs, on pouvait voir des gens aveuglés se mettre précipitamment les mains devant les yeux.

Delamarche erkundigte sich auf die Bitte Bruneldas bei den Leuten auf dem Nachbarbalkon, was die Veranstaltung zu bedeuten habe. Karl war ein wenig neugierig, ob und wie man ihm antworten würde. Und tatsächlich mußte Delamarche dreimal fragen, ohne eine Antwort zu bekommen. Er beugte sich schon gefährlich über das Geländer, Brunelda stampfte vor Ärger über die Nachbarn leicht auf, Karl fühlte ihre Knie. Endlich kam doch irgendeine Antwort, aber gleichzeitig fingen auf diesem Balkon, der gedrängt voll Menschen war, alle laut zu lachen an. Daraufhin schrie Delamarche etwas hinüber, so laut, daß, wenn nicht augenblicklich in der ganzen Gasse viel Lärm gewesen wäre, alles ringsum erstaunt hätte aufhorchen müssen. Jedenfalls hatte es die Wirkung, daß das Lachen unnatürlich bald sich legte.

À la demande de Brunelda, Delamarche interrogea les gens du balcon d'à côté pour savoir ce que signifiait ce défilé. Karl était assez curieux de savoir si on lui répondrait. Et effectivement, Delamarche fut obligé de répéter tois fois sa question sans même obtenir de réponse ! Il se penchait déjà dangereusement au-dessus de la balustrade, et Brunelda commençait à être agacée par ces voisins-là - Karl le sentait aux saccades de son genou. Enfin il y eut une vague réponse, mais elle déclencha du même coup une hilarité générale sur ce balcon bourré de monde. Là-dessus, Delamarche hurla quelque chose, si fort, que si la rue n'avait pas rententi au même moment d'un tel vacarme, tous les gens aux alentours n'eussent pu faire autre chose que dresser l'oreille avec stupéfaction. Mais du moins cela fit cesser les rires subitement.

»Es wird morgen ein Richter in unserem Bezirk gewählt und der, den sie unten tragen, ist ein Kandidat«, sagte Delamarche, vollkommen ruhig zu Brunelda zurückkehrend. »Nein!« rief er dann und klopfte liebkosend Brunelda auf den Rücken. »Wir wissen schon gar nicht mehr, was in der Welt vorgeht.«
»Delamarche«, sagte Brunelda, auf das Benehmen der Nachbarn zurückkommend, »wie gern wollte ich übersiedeln, wenn es nicht so anstrengend wäre! Ich darf es mir aber leider nicht zumuten.« Und unter großen Seufzern, unruhig und zerstreut, nestelte sie an Karls Hemd, der möglichst unauffällig immer wieder diese kleinen, fetten Händchen wegzuschieben suchte, was ihm auch leicht gelang, denn Brunelda dachte nicht an ihn, sie war mit ganz anderen Gedanken beschäftigt.

C'est demain l'élection d'un juge dans notre circonscription, et celui que les gens portent en triomphe, en bas, est candidat, dit Delamarche, en revenant tranquillement vers Brunelda. Puis il s'écria, en lui tapotant gentiment le dos : « C'est incroyable ! Nous ne savons même plus ce qui se passe dans le monde à l'extérieur ! »
— Delamarche, dit Brunelda, revenant à l'attitude des voisins, comme je voudrais déménager, si ce n'était pas aussi éprouvant ! Mais hélas, je ne peux pas me permettre de prendre un tel risque.
Et avec de gros soupirs, nerveuse et comme absente, elle se mit à tripoter la chemise de Karl qui essayait, aussi discrètement que possible, de se débarrasser de ces petites mains grassouillettes, et y parvint d'ailleur sans peine, car Brunelda ne s'occupait pas du tout de lui : ses pensées étaient vraiment ailleurs.

Aber auch Karl vergaß bald Brunelda und duldete die Last ihrer Arme auf seinen Achseln, denn die Vorgänge auf der Straße nahmen ihn sehr in Anspruch. Auf Anordnung einer kleinen Gruppe gestikulierender Männer, die knapp vor dem Kandidaten marschierten und deren Unterhaltungen eine besondere Bedeutung haben mußten, denn von allen Seiten sah man lauschende Gesichter sich ihnen zuneigen, wurde unerwarteterweise vor dem Gasthaus haltgemacht. Einer dieser maßgebenden Männer machte mit erhobener Hand ein Zeichen, das sowohl der Menge als auch dem Kandidaten galt. Die Menge verstummte, und der Kandidat, der sich auf den Schultern seines Trägers mehrfach aufzustellen suchte und mehrmals in den Sitz zurückfiel, hielt eine kleine Rede, während welcher er seinen Zylinder in Windeseile hin und her fahren ließ. Man sah das ganz deutlich, denn während seiner Rede waren alle Automobillaternen auf ihn gerichtet worden, so daß er in der Mitte eines hellen Sternes sich befand.

Mais Karl oublia bientôt la présence de Brunelda, et ne pensa même plus au poids de ses bras sur ses épaules, car ce qui se passait dans la rue commençait à le captiver. Sur l'injonction d'un petit groupe d'individus qui gesticulaient tout en marchant juste devant le candidat, et dont les propos devaient être de la première importance car on vit de toutes part des visages curieux se tourner de leur côté, tout le monde s'arrêta soudain devant l'estaminet d'en face. Un de ces hommes importants fit un geste de la main, en direction de la foule et du candidat. La foule se tut aussitôt, et le candida après avoir tenté plusieurs fois de se redresser sur les épaules de celui qui le portait et être retombé à chaque fois sur son séant, prononça une petite allocaution qui fit osciller rapidement son haut-de-forme. On voyait fort bien tout cela, car durant son dicours, tous les phares de voitures étaient dirigés sur lui, si bien qu'il se trouvait comme au milieu d'une radieuse étoile.

Nun erkannte man aber auch schon das Interesse, welches die ganze Straße an der Angelegenheit nahm. Auf den Balkonen, die von Parteigängern des Kandidaten besetzt waren, fiel man mit in das Singen seines Namens ein und ließ die weit über das Geländer vorgestreckten Hände maschinenmäßig klatschen. Auf den übrigen Balkonen, die sogar in der Mehrzahl waren, erhob sich ein starker Gegengesang, der allerdings keine einheitliche Wirkung hatte, da es sich um die Anhänger verschiedener Kandidaten handelte. Dagegen verbanden sich weiterhin alle Feinde des anwesenden Kandidaten zu einem allgemeinen Pfeifen, und sogar Grammophone wurden vielfach wieder in Gang gesetzt. Zwischen den einzelnen Balkonen wurden politische Streitigkeiten mit einer durch die nächtliche Stunde verstärkten Erregung ausgetragen. Die meisten waren schon in Nachtkleidern und hatten nur Überröcke umgeworfen, die Frauen hüllten sich in große, dunkle Tücher, die unbeachteten Kinder kletterten beängstigend auf den Einfassungen der Balkone umher und kamen in immer größerer Zahl aus den dunklen Zimmern, in denen sie schon geschlafen hatten, hervor.

On pouvait se rendre compte maintenant de l'intérêt que le rue entière portait à ce qui se passait. Sur les balcons occupés par les partisans du candidat, on s'était mis aussi à scander son nom, et les mains tendues en dehors des balustrades applaudissaient en cadence, mécaniquement. Sur la majorité des autres balcons, des clameurs s'élevaient, en sens contraire, mais de façon incohérente, car il s'agissait des partisans de divers autres candidats. Par contre, les sifflets de tous les adversaires du candidat se conjuguaient à l'unisson, et l'on entendit même des gramophones se remettre en marche. On vidait des querelles politiques de balcon à balcon, avec une exaltation que l'heure tardive aggravait encore. La plupart étaient vêtus pour la nuit, et n'avaient fait que jeter un pardessus sur leurs épaules, les femmes étaient enveloppées dans de grands châles sombres, les enfants laissés à eux-mêmes escaladaient dangereusement les rebords des balcons et affluaient sans cesse en plus grand nombre, sortant des pièces obscures où ils avaient déjà commencé à s'endormir.

Hie und da wurden einzelne unkenntliche Gegenstände von besonders Erhitzten in der Richtung ihrer Gegner geschleudert, manchmal gelangten sie an ihr Ziel, meist aber fielen sie auf die Straße hinab, wo sie oft ein Wutgeheul hervorriefen. Wurde den führenden Männern unten der Lärm zu arg, so erhielten die Trommler und Trompeter den Auftrag einzugreifen, und ihr schmetterndes, mit ganzer Kraft ausgeführtes, nicht enden wollendes Signal unterdrückte alle menschlichen Stimmen bis zu den Dächern der Häuser hinauf. Und immer, ganz plötzlich - man glaubte es kaum -, hörten sie auf, worauf die hierfür offenbar eingeübte Menge auf der Straße in die für einen Augenblick eingetretene allgemeine Stille ihren Parteigesang emporbrüllte - man sah im Lichte der Automobillaternen den Mund jedes einzelnen weit geöffnet -, bis dann die inzwischen zur Besinnung gekommenen Gegner zehnmal so stark wie früher aus allen Balkonen und Fenstern hervorschrien und die Partei unten nach ihrem kurzen Sieg zu einem für diese Höhe wenigstens gänzlichen Verstummen brachten.

Çà et là, des objets de toutes sortes, lancés par des gens particulièrement excités en direction de leurs adversaires, atteignaient parfois leur cible, mais le plus souvent la manquaient et tombaient au fond de la rue, provoquant un hurlement de colère. Quand les dirigeants, en bas, trouvaient le vacarme trop fort, ils faisaient appel aux tambours et aux trompettes, et leurs sonneries tonitruantes, dont le vacarme semblait ne pas avoir de fin, couvraient toutes les voix humaines jusqu'aux toits des immeubles. Puis soudain, de façon surprenante, ils s'arrêtaient net, et la foule de la rue, manifestement habituée à ce genre d'exercice, profitait du silence général pour lancer de nouveau vers les immeubles le chant de son parti - à la lumière des phares on pouvait voir les bouches grandes ouvertes - jusqu'au moment où ses adversaires, s'étant repris, hurlaient de nouveau de tous les balcons et de toutes les fenêtres, dix fois plus qu'avant encore, réduisant le parti d'en bas à se taire complètement après cette courte victoire - du moins le semblait-il depuis le haut de l'immeuble.

»Wie gefällt es dir, Kleiner?« fragte Brunelda, die sich eng hinter Karl hin und her drehte, um mit dem Gucker möglichst alles zu übersehen. Karl antwortete nur durch Kopfnicken. Nebenbei bemerkte er, wie Robinson dem Delamarche eifrig verschiedene Mitteilungen offenbar über Karls Verhalten machte, denen aber Delamarche keine Bedeutung beizumessen schien, denn er suchte Robinson mit der Linken, mit der Rechten hatte er Brunelda umfaßt, immerfort beiseitezuschieben.
»Willst du nicht durch den Gucker schauen?« fragte Brunelda und klopfte auf Karls Brust, um zu zeigen, daß sie ihn meine.
»Ich sehe genug«, sagte Karl.
»Versuch es doch«, sagte sie, »du wirst besser sehen.«
»Ich habe gute Augen«, antwortete Karl, »ich sehe alles.«

Qu'est-ce que tu en dis, mon petit ? demanda Brunelda, qui se pressait contre le dos de Karl, en se torillant pour ne rien perdre du spectacle, si possible, à travers ses jumelles. Karl ne répondit qu'en hochant la tête. Mais il remarqua en même temps que Robinson tenait avec empressement à Delamarche des propos qui le concernaient certainement, et auxquels Delamarche ne semblait pas attacher grande importance, car il cherchait à repousser Robinson de sa main gauche, tandis qu'il enlaçait la taille de Brunelda de l'autre.
— Tu ne veux pas regarder avec les jumelles ? demanda Brunelda, en tapotant la poitrine de Karl, pour lui signifier que c'était bien à lui qu'elle s'adressait.
— Je vois bien comme ça, dit Karl.
— Essaie quand même, dit-elle ; tu verras encore mieux.
— J'ai de bons yeux, répondit Karl, je vois tout.

Er empfand es nicht als Liebenswürdigkeit, sondern als Störung, als sie den Gucker seinen Augen näherte, und tatsächlich sagte sie nun nichts als das eine Wort »Du!« melodisch, aber drohend. Und schon hatte Karl den Gucker an seinen Augen und sah nun tatsächlich nichts.
»Ich sehe ja nichts«, sagte er und wollte den Gucker loswerden, aber den Gucker hielt sie fest, und den auf ihrer Brust eingebetteten Kopf konnte er weder zurück noch seitwärts schieben.
»Jetzt siehst du aber schon«, sagte sie und drehte an der Schraube des Guckers.
»Nein, ich sehe noch immer nichts«, sagte Karl und dachte daran, daß er Robinson ohne seinen Willen nun tatsächlich entlastet habe, denn Bruneldas unerträgliche Launen wurden nun an ihm ausgelassen.
»Wann wirst du denn endlich sehen?« sagte sie und drehte - Karl hatte nun sein ganzes Gesicht in ihrem schweren Atem - weiter an der Schraube. »Jetzt?« fragte sie.

Il n'eut pas l'impression d'un geste affable de sa part, mais plutôt d'une intrusion, quand elle lui plaça les jumelles devant les yeux, en en disant rien d'autre que « Tiens ! », d'une voix mélodieuse et menaçante à la fois. Et maintenant, en effet, les jumelles sur les yeux, il ne voyait plus rien.
— Je ne vois plus rien ! dit-il, et il voulut écarter les jumelles ; mais elle les tenait fermement, et Karl, qui avait la tête coincée dans la poitrine de Brunelda ne pouvait plus faire un seul mouvement.
— Mais maintenant, tu vois quelque chose ? dit-elle, en tournant la molette des jumelles.
— Non ! Je ne vois toujours rien ! dit Karl, en pensant que désormais, sans le vouloir, il suppléait effectivement Robinson, en faisant les frais des insupportables caprices de Brunelda.
— Quand vas-tu te décider à voir, enfin ? dit-elle, en tournant encore un peu plus la molette - et Karl sentait maintenant sa lourde haleine sur tout son visage. Et comme ça ? demanda-t-elle.

»Nein, nein, nein!« rief Karl, obwohl er nun tatsächlich, wenn auch nur sehr undeutlich, alles unterscheiden konnte. Aber gerade hatte Brunelda irgend etwas mit Delamarche zu tun, sie hielt den Gucker nur lose vor Karls Gesicht, und Karl konnte, ohne daß sie es besonders beachtete, unter dem Gucker hinweg auf die Straße sehen. Später bestand sie auch nicht mehr auf ihrem Willen und benützte den Gucker für sich.

Non, non ! s'écria Karl, bien qu'effectivement cette fois, même de façon un peu floue, il distinguait à peu près tout. Mais Brunelda s'occupait maintenant de Delamarche, elle ne tenait plus les jumelles de façon aussi ferme devant ses yeux, si bien que Karl pouvait, sans qu'elle y prenne garde, regarder maintenant dans la rue par dessous les jumelles. Puis Brunelda pensa à autre chose, et reprit les jumelles pour elle-même.

Aus dem Gasthaus unten war ein Kellner getreten, und aus der Türschwelle hin und her eilend, nahm er die Bestellungen der Führer entgegen. Man sah, wie er sich streckte, um das Innere des Lokals zu übersehen und möglichst viel Bedienung herbeizurufen. Während dieser offenbar einem großen Freitrinken dienenden Vorbereitungen ließ der Kandidat nicht vom Reden ab. Sein Träger, der riesige, nur ihm dienende Mann, machte immer nach einigen Sätzen eine kleine Drehung, um die Rede allen Teilen der Menge zukommen zu lassen. Der Kandidat hielt sich meist ganz zusammengekrümmt und versuchte mit ruckweisen Bewegungen der einen freien Hand und des Zylinders in der anderen seinen Worten möglichste Eindringlichkeit zu geben. Manchmal aber, in fast regelmäßigen Zwischenräumen, durchfuhr es ihn, er erhob sich mit ausgebreiteten Armen, er redete nicht mehr eine Gruppe, sondern die Gesamtheit an, er sprach zu den Bewohnern der Häuser bis zu den höchsten Stockwerken hinauf, und doch war es vollkommen klar, daß ihn schon in den untersten Stockwerken niemand hören konnte; ja, daß ihm auch, wenn die Möglichkeit gewesen wäre, niemand hätte zuhören wollen, denn jedes Fenster und jeder Balkon war doch zumindest von einem schreienden Redner besetzt.

Un garçon était sorti du café, en bas ; il s'activait sur le seuil à prendre les commandes des chefs de la manifestation. On le voyait se hausser sur la pointe des pieds pour surveiller ce qui se passait à l'intérieur, et appeler le plus de garçons possible à la rescousse. Pendant que se préparait ainsi, manifestement, une tournée genérale offerte par le candidat, celui-ci ne cessait de parler. Celui qui le portait, le “géant”, qui était à son service exclusif, opérait un quart de tour après chaque phrase, pour permettre à tout le monde de bien entendre le discours. Le candidat se tenait la plupart du temps recoquevillé et cherchait, par les gestes saccadés qu'il faisait de sa main libre et imprimait de l'autre à son haut-de forme, à donner le plus de poids possible à son discours. Mais parfois, à des intervalles quasi réguliers, quelque chose semblait déclencher en lui un soubresaut, et il se dressait, les bras en croix : il ne s'adressait plus à un groupe en particulier, mais à toute la foule, aux habitants des immeubles jusqu'aux étages les plus élevés, et il était pourtant parfaitement clair que plus personne, même dans les étages inférieurs, ne pouvait l'entendre. Et d'ailleurs, même si on l'avait pu, personne ne l'aurait voulu, car chaque fenêtre et chaque balcon était occupé par au moins un orateur qui hurlait autant que lui.

Inzwischen brachten einige Kellner aus dem Gasthaus ein mit gefüllten leuchtenden Gläsern besetztes Brett, im Umfang eines Billards, hervor. Die Führer organisierten die Verteilung, die in Form eines Vorbeimarsches an der Gasthaustür erfolgte. Aber obwohl die Gläser auf dem Brett immer wieder nachgefüllt wurden, genügten sie für die Menge nicht, und zwei Reihen von Schankburschen mußten rechts und links vom Brett durchschlüpfen und die Menge weiterhin versorgen. Der Kandidat hatte natürlich mit dem Reden aufgehört und benützte die Pause, um sich neu zu kräftigen. Abseits von der Menge und dem grellen Licht trug ihn sein Träger langsam hin und her, und nur einige seiner nächsten Anhänger begleiteten ihn dort und sprachen zu ihm hinauf.

Dans l'intervalle, quelques garçons étaient sortis du café, portant des verres remplis et qui brillaient, sur un un plateau grand comme un billard. Les chefs organisèrent la répartition, qui prit la forme d'une sorte de défilé devant la porte du café. Mais bien que les verres, sur le plateau, soient sans cesse remplis de nouveau, ils ne suffisaient tout de même pas pour autant de monde : deux rangées de serveurs durent se placer à droite et à gauche du plateau, pour satisfaire le reste de la foule. Bien entendu, le candidat avait alors cessé de parler, et il profitait de cette pause pour reprendre des forces. À l'écart de la foule, et de la pleine lumière, son porteur le promenait lentement de long en large, et seuls quelques-uns de ses partisans les plus proches l'avaient accompagné et lui parlaient, en levant la tête.

»Sieh mal den Kleinen«, sagte Brunelda, »er vergißt vor lauter Schauen, wo er ist.« Und sie überraschte Karl und drehte mit beiden Händen sein Gesicht sich zu, so daß sie ihm in die Augen sah. Es dauerte aber nur einen Augenblick, denn Karl schüttelte gleich ihre Hände ab, und ärgerlich darüber, daß man ihn nicht ein Weilchen in Ruhe ließ, und gleichzeitig voll Lust, auf die Straße zu gehen und alles von der Nähe anzusehen, suchte er sich nun mit aller Kraft vom Druck Bruneldas zu befreien und sagte:
»Bitte, lassen Sie mich weg.«
»Du wirst bei uns bleiben«, sagte Delamarche, ohne den Blick von der Straße zu wenden, und streckte nur eine Hand aus, um Karl am Weggehen zu verhindern.

Regarde donc ce petit ! dit Brunelda ; à force de lorgner, il ne sait même plus où il est. Et saisissant à deux mains la tête de Karl, elle la tourna vers elle, pour le regarder droit dans les yeux. Mais cela ne dura qu'un instant, car Karl lui écarta les mains aussitôt. Il était très en colère qu'on ne le laissât pas en paix au moins un moment, et en même temps il désirait ardemment descendre dans la rue voir de près ce qui s'y passait. Il tenta de toutes ses forces de se libérer de Brunelda qui le coinçait contre elle, et dit :
— S'il vous plaît, laissez-moi m'en aller.
— Tu vas rester avec nous, dit Delamarche, sans quitter la rue des yeux, et en tendant seulement la main pour empêcher Karl de partir.

»Laß nur«, sagte Brunelda und wehrte die Hand des Delamarche ab, »er bleibt ja schon.« Und sie drückte Karl noch fester ans Geländer, er hätte mit ihr raufen müssen, um sich von ihr zu befreien. Und wenn ihm das auch gelungen wäre, was hätte er damit erreicht! Links von ihm stand Delamarche, rechts hatte sich nun Robinson aufgestellt, er war in einer regelrechten Gefangenschaft.
»Sei froh, daß man dich nicht hinauswirft«, sagte Robinson und beklopfte Karl mit der Hand, die er unter Bruneldas Arm durchgezogen hatte.
»Hinauswirft?« sagte Delamarche. »Einen entlaufenen Dieb wirft man nicht hinaus, den übergibt man der Polizei. Und das kann ihm gleich morgen früh geschehen, wenn er nicht ganz ruhig ist.«

— Laisse-le, dit Brunelda, en écartant la main de Delamarche, il va rester, voyons. Et elle pressa Karl encore plus contre la balustrade. Il lui eût fallu se battre avec elle vraiment pour parvenir à s'en libérer. Et s'il y était parvenu, à quoi cela eût-il pu l'avancer ? À sa gauche, il y avait Delamarche, et à sa droite, c'était maintenant Robinson qui s'y était mis : il était véritablement emprisonné.
— Réjouis-toi donc qu'on ne te jette pas dehors, dit Robinson, en donnant une petite tape à Karl de la main qu'il avait passée sous le bras de Brunelda.
— Le jeter dehors ? dit Delamarche. On ne flanque pas à la porte un voleur en cavale, on le livre à la police. Et cela pourrait bien lui arriver dès demain matin, s'il ne se tient pas tranquille.

Von diesem Augenblick an hatte Karl an dem Schauspiel unten keine Freude mehr. Nur gezwungen, weil er Bruneldas wegen sich nicht aufrichten konnte, beugte er sich ein wenig über das Geländer. Voll eigener Sorgen, mit zerstreuten Blicken sah er die Leute unten an, die in Gruppen von etwa zwanzig Mann vor die Gasthaustüre traten, die Gläser ergriffen, sich umdrehten und diese Gläser in der Richtung gegen den jetzt mit sich beschäftigten Kandidaten schwenkten, einen Parteigruß ausriefen, die Gläser leerten und sie, jedenfalls dröhnend, in dieser Höhe aber unhörbar, auf das Brett wieder niedersetzten, um einer neuen, vor Ungeduld lärmenden Gruppe Platz zu machen.

Dès ce moment, Karl ne prit plus aucun plaisir à regarder ce qui se passait en bas. S'il se penchait encore un peu sur la rambarde, ce n'était que parce que Brunelda l'empêchait de se redresser. En proie à ses propres soucis, il ne regardait plus que de façon distraite les gens en bas qui sortaient maintenant du café par groupes d'une vingtaine, attrapaient un verre, et en se retournant, les brandissaient à l'adresse du candidat qui d'ailleurs ne s'occupait plus d'eux maintenant, criaient le slogan du parti, vidaient leur verre, et les reposaient sur le plateau en faisant probablement un grand bruit, mais que l'on ne pouvait entendre de là-haut, pour faire de la place au groupe suivant qui s'impatientait déjà.

Über Auftrag der Führer war die Kapelle, die bisher im Gasthaus gespielt hatte, auf die Gasse getreten, ihre großen Blasinstrumente strahlten aus der dunklen Menge, aber ihr Spiel verging fast im allgemeinen Lärm. Die Straße war nun, wenigstens auf der Seite, wo sich das Gasthaus befand, weithin mit Menschen angefüllt. Von oben, woher Karl am Morgen im Automobil gekommen war, strömten sie herab, von unten, von der Brücke her, liefen sie herauf, und selbst die Leute in den Häusern hatten der Verlockung nicht widerstehen können, in diese Angelegenheit mit eigenen Händen einzugreifen, auf den Balkonen und in den Fenstern waren fast nur Frauen und Kinder zurückgeblieben, während die Männer unten aus den Haustoren drängten. Nun aber hatte die Musik und die Bewirtung ihren Zweck erreicht, die Versammlung war genügend groß, ein von zwei Automobillaternen flankierter Führer winkte der Musik ab, stieß einen starken Pfiff aus, und nun sah man den ein wenig abgeirrten Träger mit dem Kandidaten durch einen von Anhängern gebannten Weg eiligst herbeikommen.

Sur ordre des chefs, l'orchestre qui jusque-là avait joué à l'intérieur du café, sortit dans la rue, et les gros pavillons de ses instruments brillaient au milieu de la foule sombre ; mais ce qu'ils jouaient se perdait presque dans le vacarme général. La rue était maintenant pleine de monde, au moins du côté sur lequel se trouvait le café. Il arrivait une foule de gens depuis le haut, là où Karl était arrivé en voiture ce matin, et d'en bas, d'autres accouraient depuis le pont ; les gens dans les immeubles eux-mêmes n'avaient pu résister à la tentation de venir se mêler à l'affaire : aux balcons et aux fenêtres on ne voyait pour ainsi dire plus que des femmes et des enfants, tandis que les hommes se déversaient par les porches. La musique et la tournée générale avaient donc maintenant atteint leur but : l'attroupement était suffisant. Un des chefs, flanqué de deux phares de voiture, fit s'arrêter net la musique d'un geste, lança un grand coup de sifflet, et l'on vit le porteur du candidat, qui s'était un peu égaré, revenir au plus vite dans le sillage des gens du parti qui lui frayaient un chemin.

Kaum war er bei der Gasthaustüre, begann der Kandidat im Schein der nun im engen Kreis um ihn gehaltenen Automobillaternen seine neue Rede. Aber nun war alles viel schwieriger als früher, der Träger hatte nicht die geringste Bewegungsfreiheit mehr, das Gedränge war zu groß. Die nächsten Anhänger, die früher mit allen möglichen Mitteln die Wirkung der Reden des Kandidaten zu verstärken versucht hatten, hatten nun Mühe, sich in seiner Nähe zu erhalten, wohl zwanzig hielten sich mit aller Anstrengung am Träger fest. Aber selbst dieser starke Mann konnte keinen Schritt nach seinem Willen mehr machen, an eine Einflußnahme auf die Menge durch bestimmte Wendungen oder durch passendes Vorrücken oder Zurückweichen war nicht mehr zu denken. Die Menge flutete ohne Plan, einer lag am anderen, keiner stand mehr aufrecht, die Gegner schienen sich durch neues Publikum sehr vermehrt zu haben, der Träger hatte sich lange in der Nähe der Gasthaustüre gehalten, nun aber ließ er sich, scheinbar ohne Widerstand, die Gasse auf- und abwärts treiben, der Kandidat redete immerfort, aber es war nicht mehr ganz klar, ob er sein Programm auseinanderlegte oder um Hilfe rief; wenn nicht alles täuschte, hatte sich auch ein Gegenkandidat eingefunden oder gar mehrere, denn hie und da sah man in irgendeinem plötzlich aufflammenden Licht einen von der Menge emporgehobenen Mann mit bleichem Gesicht und geballten Fäusten eine von vielstimmigen Rufen begrüßte Rede halten.

À peine arrivé près de la porte du café, le candidat entama un nouveau discours à la lueur des phares disposés en un cercle étroit autour de lui. Mais tout était maintenant beaucoup plus difficile qu'auparavant : le porteur n'avait plus la moindre liberté de mouvement, la bousculade était trop forte. Les partisans les plus proches, ceux qui auparavant avaient cherché par tous les moyens, à renforcer les effets des discours du candidat, avaient maintenant bien de la peine à se maintenir auprès de lui, et une bonne vingtaine d'entre eux s'accrochaient maintenant de toutes leurs forces à celui qui le portait. Mais même lui, si solide, ne parvenait plus à faire un pas comme il l'aurait voulu : il n'était plus question de diriger la foule en se tournant par ici ou par là, ou en la fendant dans un sens déterminé, ni même en reculant. Il n'y avait plus qu'un déferlement confus, les gens étaient les uns sur les autres, et personne ne pouvait plus se tenir debout. Les opposants semblaient avoir trouvé un puissant renfort ; le porteur s'était longtemps maintenu près de la porte du café, mais maintenant il semblait se laisser pousser sans résistance, vers le haut ou vers le bas de la rue ; le candidat parlait toujours, mais on ne savait plus très bien s'il exposait toujours son programme ou s'il appelait au secours... Apparemment, un candidat de l'opposition était même apparu, voire plusieurs, car on apercevait maintenant ici ou là, à la faveur d'un brusque rayon de lumière, un homme dominant la foule qui le portait, le visage blême et les poings serrés, et qui tenait un discours soutenu par des acclamations nourries.

»Was geschieht denn da?« fragte Karl und wandte sich in atemloser Verwirrung an seine Wächter.
»Wie es den Kleinen aufregt!« sagte Brunelda zu Delamarche und faßte Karl am Kinn, um seinen Kopf an sich zu ziehen. Aber das hatte Karl nicht wollen und er schüttelte sich, durch die Vorgänge auf der Straße förmlich rücksichtslos gemacht, so stark, daß Brunelda ihn nicht nur losließ, sondern zurückwich und ihn gänzlich freigab.
»Jetzt hast du genug gesehen«, sagte sie, offenbar durch Karls Benehmen böse gemacht, »geh ins Zimmer, bette auf und bereite alles für die Nacht vor.« Sie streckte die Hand nach dem Zimmer aus. Das war ja die Richtung, die Karl schon seit einigen Stunden nehmen wollte, er widersprach mit keinem Wort. Da hörte man von der Gasse her das Krachen von viel zersplitterndem Glas. Karl konnte sich nicht bezwingen und sprang noch rasch zum Geländer, um flüchtig noch einmal hinunterzuschauen. Ein Anschlag der Gegner, und vielleicht ein entscheidender, war geglückt, die Automobillaternen der Anhänger, die mit ihrem starken Licht wenigstens die Hauptvorgänge vor der gesamten Öffentlichkeit geschehen ließen und dadurch alles in gewissen Grenzen gehalten hatten, waren sämtlich und gleichzeitig zerschmettert worden, den Kandidaten und seinen Träger umfing nun die gemeinsame unsichere Beleuchtung, die in ihrer plötzlichen Ausbreitung wie völlige Finsternis wirkte. Auch nicht beiläufig hätte man jetzt angeben können, wo sich der Kandidat befand, und das Täuschende des Dunkels wurde noch vermehrt durch einen gerade einsetzenden, breiten, einheitlichen Gesang, der von unten, von der Brücke her sich näherte.

Qu'est-ce qui se passe donc là ? demanda Karl, désemparé, en se retournant vers ceux qui l'oppressaient.
— Le petit en est tout chamboulé ! dit Brunelda à Delamarche ; et elle le prit par le menton, pour attirer sa tête vers elle. Mais il ne le voulait pas, et il se débattait, comme si les événements de la rue l'eussent rendu plus brutal, tellement que Brunelda finit par lâcher prise, et même recula et le libéra tout à fait. Manifestement irritée par l'attitude de Karl, elle dit :
— Maintenant, tu en as assez vu. Va dans la chambre, fais le lit et prépare tout pour la nuit.
Elle tendait la main en direction de la chambre. Et comme c'était là justement la direction qu'il voulait prendre depuis des heures, Karl se garda bien de protester. On entendit alors, venant de la rue, un grand bruit de verre cassé. Karl ne put se retenir, et se pencha rapidement sur la balustrade, pour jeter encore un coup d'œil en bas. Les opposants avaient réussi un coup peut-être décisif : les phares qui servaient à ceux du parti pour désigner à tous dans leur vive lumière les événements importants, et maintenir ainsi les choses dans des limites acceptables, venaient de voler en éclats tous en même temps ; le candidat et celui qui le portait n'apparaissaient plus maintenant que dans la lumière normale et incertaine, et semblaient du coup avoir soudain disparu complètement dans les ténèbres.On n'aurait même pas su dire, maintenant, où se trouvait le candidat, et l'effet troublant de cette obscurité se trouvait encore renforcé par un chant puissant et à l'unissson, que l'on entendait venir depuis le pont, en bas, et qui se rapprochait.

»Habe ich dir nicht gesagt, was du jetzt zu tun hast!« sagte Brunelda. »Beeile dich. Ich bin müde«, fügte sie hinzu und streckte dann die Arme in die Höhe, so daß sich ihre Brust noch viel mehr wölbte als gewöhnlich. Delamarche, der sie noch immer umfaßt hielt, zog sie mit sich in eine Ecke des Balkons. Robinson ging ihnen nach, um die Überbleibsel seines Essens, die noch dort lagen, beiseitezuschieben.

Est-ce que je ne viens pas de te dire ce que tu avais à faire ? dit Brunelda. Dépêche-toi ! Je suis fatiguée ! continua-t-elle en s'étirant, ce qui fit saillir sa poitrine encore bien plus que d'ordinaire. Delamarche, qui la tenait toujours enlacée, l'entraîna dans un coin du balcon. Robinson les suivit, pour faire disparaître les reliefs de son repas qui s'y trouvaient encore.

§ Karl tente de s'enfuir

Diese günstige Gelegenheit mußte Karl ausnutzen, jetzt war keine Zeit hinunterzuschauen, von den Vorgängen auf der Straße würde er unten noch genug sehen, und mehr als von hier oben. In zwei Sprüngen eilte er durch das rötlich beleuchtete Zimmer, aber die Tür war verschlossen und der Schlüssel abgezogen. Der mußte jetzt gefunden werden, aber wer wollte in dieser Unordnung einen Schlüssel finden und gar in der kurzen, kostbaren Zeit, die Karl zur Verfügung stand! Jetzt hätte er schon eigentlich auf der Treppe sein, hätte laufen und laufen sollen. Und nun suchte er den Schlüssel! Suchte ihn in allen zugänglichen Schubladen, stöberte auf dem Tisch herum, wo verschiedenes Eßgeschirr, Servietten und irgendeine angefangene Stickerei herumlagen, wurde durch einen Lehnstuhl angelockt, auf dem ein ganz verfitzter Haufen alter Kleidungsstücke sich befand, in denen der Schlüssel sich möglicherweise befinden, aber niemals aufgefunden werden konnte, und warf sich schließlich auf das tatsächlich übelriechende Kanapee, um in allen Ecken und Falten nach dem Schlüssel zu tasten. Dann ließ er vom Suchen ab und stockte in der Mitte des Zimmers. Gewiß hatte Brunelda den Schlüssel an ihrem Gürtel befestigt, sagte er sich, dort hingen ja so viele Sachen, alles Suchen war umsonst.

L'occasion qui se présentait, Karl ne devait pas la manquer ; ce n'était plus le moment de regarder en bas, il verrait bien assez ce qui s'y passait quand il y serait, et bien mieux que de là-haut. En deux bonds, il traversa la chambre qui baignait dans une lumière rougeâtre, mais la porte était fermée, et on avait enlevé la clé. Il fallait la trouver tout de suite ! Mais qui pouvait trouver une clé dans un semblable bazar, et surtout dans un laps de temps aussi court et aussi précieux que celui dont Karl disposait ! C'était maintenant qu'il devait franchir le seuil et courir, courir... Et il ne faisait que chercher la clé ! Il la chercha dans tous les tiroirs accessibles, retourna toute la vaisselle accumulée sur la table, au milieu des serviettes et d'un ouvrage de broderie commencé, fut attiré par un fauteuil recouvert d'un tas de vieux vêtements dans lesquels la clé pouvait être enfouie, mais où il ne put jamais la trouver, et se jeta enfin sur ce canapé qui, effectivement, sentait mauvais, pour le palper dans tous ses recoins, tous ses replis. Puis il abandonna sa recherche, et s'arrêta au beau milieu de la pièce. Il était clair que Brunelda avait attaché la clé à sa ceinture, où elle accrochait toutes sortes de choses - et il était inutile de la chercher.

Und blindlings ergriff Karl zwei Messer und bohrte sie zwischen die Türflügel, eines oben, eines unten, um zwei voneinander entfernte Angriffspunkte zu erhalten. Kaum hatte er an den Messern gezogen, brachen natürlich die Klingen entzwei. Er hatte nichts anderes wollen, die Stümpfe, die er nun fester einbohren konnte, würden desto besser halten. Und nun zog er mit aller Kraft, die Arme weit ausgebreitet, die Beine weit auseinander gestemmt stöhnend und dabei genau auf die Tür aufpassend. Sie würde nicht auf die Dauer widerstehen können, das erkannte er mit Freuden aus dem deutlich hörbaren Sichlockern der Riegel, je langsamer es aber ging, desto richtiger war es, aufspringen durfte ja das Schloß gar nicht, sonst würde man ja auf dem Balkon aufmerksam werden, das Schloß mußte sich vielmehr ganz langsam voneinanderlösen, und darauf arbeitete Karl mit größter Vorsicht hin, die Augen immer mehr dem Schlosse nähernd.

Karl se saisit alors de deux couteaux pris au hasard, et les introduisit dans la fente de la porte, l'un en haut, l'autre en bas, pour avoir deux points d'appui assez éloignés. À peine eût-il tenté de faire levier avec eux que bien sûr, les lames se brisèrent toutes les deux. Mais c'était ce qu'il désirait : les morceaux qui restaient, il pouvait maintenant les enfoncer plus solidement. Alors il pesa sur eux de toutes ses forces, les bras largement écartés, solidement appuyé sur ses deux jambes, l'œil rivé sur la porte. Il lui sembla qu'elle ne pourrait résister longtemps quand il entendit avec joie le petit bruit que faisait le pène en bougeant un peu : plus c'était lent et mieux c'était, car il valait mieux ne pas faire sauter la serrure d'un seul coup, ce qui pourrait attirer l'attention sur le balcon. La serrure devait céder tout doucement, et c'est à cela que Karl s'appliquait avec la plus grande prudence, en approchant les yeux de plus en plus de la serrure.

»Seht einmal«, hörte er da die Stimme des Delamarche. Alle drei standen im Zimmer, der Vorhang war hinter ihnen schon zugezogen, Karl mußte ihr Kommen überhört haben, die Hände sanken ihm bei dem Anblick von den Messern herab. Aber er hatte gar nicht Zeit, irgendein Wort zur Erklärung oder Entschuldigung zu sagen, denn in einem weit über die augenblickliche Gelegenheit hinausgehenden Wutanfall sprang Delamarche - sein gelöstes Schlafrockseil beschrieb eine große Figur in der Luft - auf Karl los. Karl wich noch im letzten Augenblick dem Angriff aus, er hätte die Messer aus der Tür ziehen und zur Verteidigung benützen können, aber das tat er nicht, dagegen griff er, sich bückend und aufspringend, nach dem breiten Schlafrockkragen des Delamarche, schlug ihn in die Höhe, zog ihn dann noch weiter hinauf - der Schlafrock war ja für Delamarche viel zu groß - und hielt nun glücklich den Delamarche beim Kopf, der, allzusehr überrascht, zuerst blind mit den Händen fuchtelte und erst nach einem Weilchen, aber noch nicht mit ganzer Wirkung mit den Fäusten auf Karls Rücken schlug, der sich, um sein Gesicht zu schützen, an die Brust des Delamarche geworfen hatte. Die Faustschläge ertrug Karl, wenn er sich auch vor Schmerzen wand und wenn auch die Schläge immer stärker wurden, aber wie hätte er das nicht ertragen sollen, vor sich sah er ja den Sieg. Die Hände am Kopf des Delamarche, die Daumen wohl gerade über seinen Augen, führte er ihn vor sich her gegen das ärgste Möbeldurcheinander und versuchte überdies, mit den Fußspitzen das Schlafrockseil um die Füße des Delamarche zu schlingen, um ihn auch so zu Fall zu bringen.

Voyez-vous ça ! entendit-il alors.
C'était Delamarche. Ils étaient tous les trois dans la pièce, le rideau derrière eux était tiré, Karl ne les avait pas entendus entrer, et en les voyant, il baissa les bras et laissa tomber les couteaux. Il n'eut même pas le temps de dire le moindre mot d'explication ou d'excuse, car dans un accès de fureur qui dépassait de beaucoup la gravité de la situation, Delamarche bondit sur Karl, en faisant exécuter un grand moulinet en l'air au cordon de sa robe de chambre dénoué. Karl esquiva l'attaque au tout dernier moment  ; il aurait pu extraire les couteaux de la porte et s'en servir pour se défendre, mais il ne le fit pas : au contraire, il se baissa et se releva d'un coup, et empoigna le large col de la robe de chambre de Delamarche, le releva et le tira vers le haut ; comme cette robe de chambre était beaucoup trop grande pour lui, Delamarche se retrouva la tête enfouie dedans, et extrêmement surpris, ne voyant plus rien, se mit à agiter les mains dans le vide, et ce ne fut qu'au bout d'un moment qu'il se mit à donner, mais sans grande efficacité, des coups de poing dans le dos de Karl qui, pour se protéger le visage, s'était plaqué contre la poitrine de son adversaire. Karl supportait les coups de poing, même s'il se tordait de douleur, et si ces coups devenaient de plus en plus violents - mais comment ne pas les supporter, alors qu'il envisageait déjà la victoire ? Les mains serrées autour de la tête de Delamarche et les pouces probablement enfoncés sur ses yeux, il le poussa devant lui vers le coin le plus encombré de la chambre, en essayant d'entortiller le cordon de la robe de chambre autour de ses pieds pour le faire tomber.

Da er sich aber ganz und gar mit Delamarche beschäftigen mußte, zumal er dessen Widerstand immer mehr wachsen fühlte und immer sehniger dieser feindliche Körper sich ihm entgegenstemmte, vergaß er tatsächlich, daß er nicht mit Delamarche allein war. Aber nur allzubald wurde er daran erinnert, denn plötzlich versagten seine Füße, die Robinson, der sich hinter ihm auf den Boden geworfen hatte, schreiend auseinander preßte. Seufzend ließ Karl von Delamarche ab, der noch einen Schritt zurückwich. Brunelda stand mit weit auseinander gestellten Beinen und gebeugten Knien in ihrer ganzen Breite in der Zimmermitte und verfolgte die Vorgänge mit leuchtenden Augen. Als beteilige sie sich tatsächlich an dem Kampf, atmete sie tief, visierte mit den Augen und ließ ihre Fäuste langsam vorrücken. Delamarche schlug seinen Kragen nieder, hatte nun wieder freien Blick, und nun gab es natürlich keinen Kampf mehr, sondern bloß eine Bestrafung. Er faßte Karl vorn beim Hemd, hob ihn fast vom Boden und schleuderte ihn, vor Verachtung sah er ihn gar nicht an, so gewaltig gegen einen ein paar Schritte entfernten Schrank, daß Karl im ersten Augenblick meinte, die stechenden Schmerzen im Rücken und am Kopf, die ihm das Aufschlagen am Kasten verursachte, stammten unmittelbar von der Hand des Delamarche. »Du Halunke!« hörte er den Delamarche in dem Dunkel, das vor seinen zitternden Augen entstand, noch laut ausrufen. Und in der ersten Erschöpfung, in der er vor dem Kasten zusammensank, klangen ihm die Worte »Warte nur!« noch schwach in den Ohren nach.

Mais Karl était obligé de s'occuper exclusivement de Delamarche, d'autant plus qu'il sentait la résistance de ce dernier s'accroître, et ce corps nerveux et hostile se raidir de plus en plus contre le sien, et du coup, il en oubliait carrément qu'il n'était pas seul avec lui ! Il fut d'ailleurs rapidement rappelé à la réalité, car ses pieds soudain lui manquèrent : Robinson, qui s'était jeté à plat-ventre derrière lui en hurlant, les lui écartait de force... Karl poussa un soupir, et abandonna Delamarche, qui recula encore d'un pas. Brunelda se tenait les jambes écartées et les genoux fléchis, occupant de toute sa corpulence le milieu de la pièce, et suivait le déroulement des événements avec des yeux qui brillaient. C'était comme si elle prenait vraiment part à la lutte, elle respirait très fort, clignait des yeux comme pour mieux viser, et balançait lentement les poings. Delamarche rabattit son col, et recouvrant ainsi la vue, cessa donc de combattre : il n'était plus question pour lui que de punition à donner. Il attrapa Karl par la chemise, le souleva presque de terre, et sans même lui accorder un regard, l'envoya si brutalement heurter une armoire qui se trouvait à deux pas que Karl, un instant, pensa que les douleurs qu'ils ressentait dans le dos et à la tête à la suite du choc contre ce meuble étaient directement causées par la main de Delamarche. « Espèce de salaud ! » l'entendit-il crier encore, dans l'ombre qui commençait à envehir ses yeux ; et en s'effondrant, harrassé, au pied de l'armoire, il entendit encore résonner à ses oreilles « Attends un peu ! »

Als er zur Besinnung kam, war es um ihn ganz finster, es mochte noch spät in der Nacht sein, vom Balkon her drang unter dem Vorhang ein leichter Schimmer des Mondlichts in das Zimmer. Man hörte die ruhigen Atemzüge der drei Schläfer, die bei weitem lautesten stammten von Brunelda, sie schnaufte im Schlaf, wie sie es bisweilen beim Reden tat; es war aber nicht leicht festzustellen, in welcher Richtung die einzelnen Schläfer sich befanden, das ganze Zimmer war von dem Rauschen ihres Atems voll. Erst nachdem er seine Umgebung ein wenig geprüft hatte, dachte Karl an sich, und da erschrak er sehr, denn wenn er sich auch ganz krumm und steif von Schmerzen fühlte, so hatte er doch nicht daran gedacht, daß er eine schwere blutige Verletzung erlitten haben könnte. Nun aber hatte er eine Last auf dem Kopf, und das ganze Gesicht, der Hals, die Brust unter dem Hemd waren feucht wie von Blut. Er mußte ans Licht, um seinen Zustand genau festzustellen, vielleicht hatte man ihn zum Krüppel geschlagen, dann würde ihn Delamarche wohl gerne entlassen, aber was sollte er dann anfangen, dann gab es wirklich keine Aussichten mehr für ihn. Der Bursche mit der zerfressenen Nase im Torweg fiel ihm ein, und er legte einen Augenblick lang das Gesicht in seine Hände.

Quand il reprit conscience, tout était sombre autour de lui ; il devait être tard, un peu de lumière de la lune passait dans la pièce par dessous le rideau. On entendait la repiration tranquille des trois dormeurs, et la plus bruyante provenait de Brunelda, qui soufflait en dormant aussi fort que quand elle parlait. Mais il n'était pas facile de déterminer où se trouvaient les dormeurs, car toute la pièce était remplie du bruit de leur respiration. Karl ne réfléchit sur son sort qu'après avoir un peu exploré ce qui l'entourait, et ce fut avec effroi, car s'il se sentait tout raide, douloureux, et courbatu, il n'avait encore jamais pensé qu'il puisse avoir une blessure sanglante et grave. Et maintenant pourtant il avait un peu l'impression d'avoir un poids sur la tête, et sur tout son visage, son cou, et sa poitrine sous sa chemise, il sentait quelque chose de poisseux comme du sang. Il lui fallait aller vers la lumière pour se rendre compte un peu de l'état dans lequel il se trouvait : peut-être l'avait-on battu jusqu'à l'estropier, et alors Delamarche le laisserait certainement partir. Mais pour quoi faire ? Cela ne lui donnerait pas le moyen d'espérer quoi que ce soit. Et il se rappela le type au nez rongé, sous le porche, et pendant un moment, il enfouit son visage dans ses mains.

Unwillkürlich wandte er sich dann der Tür zu und tastete sich auf allen vieren hin. Bald erfühlte er mit den Fingerspitzen einen Stiefel und weiterhin ein Bein. Das war Robinson, wer schlief sonst in Stiefeln? Man hatte ihm befohlen, sich quer vor die Tür zu legen, um Karl an der Flucht zu hindern. Aber kannte man denn Karls Zustand nicht? Vorläufig wollte er gar nicht entfliehen, er wollte nur ans Licht kommen. Konnte er also nicht zur Tür hinaus, so mußte er auf den Balkon.

Il se retourna alors machinalement vers la porte, et se dirigeait vers elle à tâtons, et à quatre pattes. Il sentit bientôt du bout des doigts une botte, puis une jambe. C'était Robinson : qui d'autre aurait dormi sans se déchausser ? On avait dû lui donner l'ordre de se coucher en travers de la porte, pour empêcher Karl de s'enfuir. Mais ne savait-on pas dans quel état il était ? Pour l'instant, il n'avait guère envie de s'enfuir, il voulait seulement avoir un peu de lumière. Et s'il ne pouvait franchir la porte, il lui fallait aller sur le balcon.

Den Eßtisch fand er an einer offenbar ganz anderen Stelle als am Abend, das Kanapee, dem sich Karl natürlich sehr vorsichtig näherte, war überraschenderweise leer, dagegen stieß er in der Zimmermitte auf hochgeschichtete, wenn auch stark gepreßte Kleider, Decken, Vorhänge, Polster und Teppiche. Zuerst dachte er, es sei nur ein kleiner Haufen, ähnlich dem, den er am Abend auf dem Sofa gefunden hatte und der etwa auf die Erde gerollt war, aber zu seinem Staunen bemerkte er beim Weiterkriechen, daß da eine ganze Wagenladung solcher Sachen lag, die man wahrscheinlich für die Nacht aus dem Kasten herausgenommen hatte, wo sie während des Tages aufbewahrt wurden. Er umkroch den Haufen und erkannte bald, daß das Ganze eine Art Bettlager darstellte, auf dem hoch oben, wie er sich durch vorsichtiges Tasten überzeugte, Delamarche und Brunelda ruhten.

La table où l'on prenait les repas se trouvait manifestement dans un endroit tout à fait différent de celui de la veille au soir ; le canapé, dont Karl s'approcha bien sûr avec la plus extrême prudence était , à sa grande surprise, tout à fait vide. Mais il buta en revanche, au beau milieu de la pièce, à une pile de vêtements entassés, de couvertures, de rideaux, de coussins et de tapis. Il crut d'abord qu'il s'agissait d'un petit tas comme celui qui se trouvait le soir sur le sofa, et qui avait roulé sur le sol ; mais à son grand étonnement, en continuant à ramper, il constata que c'était un véritable fatras qui avait été déversé là dans la nuit, probablement en provenance des armoires, où il se trouvait entassé dans la journée. Toujours à quatre pattes, il fit le tour de ce tas, et découvrit bientôt que l'ensemble constituait une sorte de couche, au sommet de laquelle, ainsi qu'il put s'en assurer en la palpant avec la plus grande prudence, Delamarche et Brunelda étaient couchés de tout leur long.

Jetzt wußte er also, wo alle schliefen, und beeilte sich nun, auf den Balkon zu kommen. Es war eine ganz andere Welt, in der er sich nun, außerhalb des Vorhangs, schnell erhob. In der frischen Nachtluft, im vollen Schein des Mondes ging er einigemal auf dem Balkon auf und ab. Er sah auf die Straße, sie war ganz still, aus dem Gasthaus klang noch die Musik, aber nur gedämpft, hervor, vor der Tür kehrte ein Mann das Trottoir, in der Gasse, in der am Abend innerhalb des wüsten allgemeinen Lärms das Schreien eines Wahlkandidaten von tausend anderen Stimmen nicht hatte unterschieden werden können, hörte man nun deutlich das Kratzen des Besens auf dem Pflaster.

Il savait donc maintenant où tout le monde dormait, et il pouvait se hâter d'aller sur le balcon.C'était un monde entièrement différent dans lequel, une fois passé le rideau, il put se redresser. Dans la fraîcheur de la nuit, dans la clarté de la pleine lune, il arpenta plusieurs fois le balcon. Il regarda dans la rue : elle était tout à fait tranquille ; du café provenait encore de la musique, mais assourdie ; un homme balayait le trottoir devant la porte. Alors que dans la soirée, dans l'affreux vacarme général, les cris d'un candidat à l'élection n'avaient pu se distinguer de la clameur de mille autres voix, on entendait maintenant le crissement du balai sur la chaussée.

§ L'étudiant sur son balcon

Das Rücken eines Tisches auf dem Nachbarbalkon machte Karl aufmerksam, dort saß ja jemand und studierte. Es war ein junger Mann mit einem kleinen Spitzbart, an dem er beim Lesen, das er mit raschen Lippenbewegungen begleitete, ständig drehte. Er saß, das Gesicht Karl zugewendet, an einem kleinen, mit Büchern bedeckten Tisch, die Glühlampe hatte er von der Mauer abgenommen, zwischen zwei große Bücher geklemmt, und war nun von ihrem grellen Licht ganz überleuchtet.

Le bruit d'une table qu'on déplaçait sur le balcon d'à côté attira son attention : quelqu'un était assis là, et travaillait. C'était un jeune homme avec une petite barbiche en pointe, qu'il tiraillait en lisant, tout en accompagnant sa lecture de rapides mouvement des lèvres. Il était assis, le visage tourné vers Karl, à une petite table recouverte de livres ; il avait décroché du mur l'ampoule électrique, l'avait coincée entre deux gros livres, et sa lumière crue l'enveloppait.

»Guten Abend«, sagte Karl, da er bemerkt zu haben glaubte, daß der junge Mann zu ihm herübergeschaut hätte.
 Aber das mußte wohl ein Irrtum gewesen sein, denn der junge Mann schien ihn überhaupt noch nicht bemerkt zu haben, legte die Hand über die Augen, um das Licht abzublenden und festzustellen, wer da plötzlich grüßte, und hob dann, da er noch immer nichts sah, die Glühlampe hoch, um mit ihr auch den Nachbarbalkon ein wenig zu beleuchten.
»Guten Abend«, sagte dann auch er, blickte einen Augenblick lang scharf hinüber und fügte dann hinzu: »Und was weiter?«
 »Ich störe Sie?« fragte Karl.
»Gewiß, gewiß«, sagte der Mann und brachte die Glühlampe wieder an ihren früheren Ort.

Bonsoir, dit Karl, qui pensait que le jeune homme avait regardé dans sa direction.
Mais il avait dû se tromper, car de toute évidence le jeune homme ne l'avait pas encore remarqué : il mit la main au-dessus de ses yeux, pour masquer la lumière et essayer de voir qui venait de s'adresser à lui ; mais comme il ne voyait toujours rien, il souleva l'ampoule, pour éclairer un peu l'autre balcon.
— Bonsoir, dit-il alors, à son tour. Il lança un regard aigu vers Karl et ajouta : Et alors ?
— Je vous dérange ? demanda Karl.
— Oui, oui...dit l'homme, en remettant l'ampoule à sa place.

Mit diesen Worten war allerdings jede Anknüpfung abgelehnt, aber Karl verließ trotzdem die Balkonecke, in der er dem Manne am nächsten war, nicht. Stumm sah er zu, wie der Mann in seinem Buche las, die Blätter wendete, hie und da in einem anderen Buche, das er immer mit Blitzesschnelle ergriff, irgend etwas nachschlug und öfters Notizen in ein Heft eintrug, wobei er immer überraschend tief das Gesicht zu dem Hefte senkte.

Ces mots rendaient évidemment inutile toute tentative de nouer conversation. Mais Karl ne quitta pourtant pas le coin du balcon où il était le plus proche du jeune homme. Il le regarda en silence lire son livre, tourner les pages, chercher ci ou ça dans un autre livre, qu'il attrapait toujours à toute vitesse, prendre souvent des notes dans un cahier dont il approchait tellement son visage que cela en était curieux.

Ob dieser Mann vielleicht ein Student war? Es sah ganz so aus, als ob er studierte. Nicht viel anders - jetzt war es schon lange her - war Karl zu Hause am Tisch der Eltern gesessen und hatte seine Aufgaben geschrieben, während der Vater die Zeitung las oder Bucheintragungen und Korrespondenzen für einen Verein erledigte und die Mutter mit einer Näharbeit beschäftigt war und hoch den Faden aus dem Stoffe zog. Um den Vater nicht zu belästigen, hatte Karl nur das Heft und das Schreibzeug auf den Tisch gelegt, während er die nötigen Bücher rechts und links von sich auf Sesseln angeordnet hatte. Wie still war es dort gewesen! Wie selten waren fremde Leute in jenes Zimmer gekommen! Schon als kleines Kind hatte Karl immer gerne zugesehen, wenn die Mutter gegen Abend die Wohnungstür mit dem Schlüssel absperrte. Sie hatte keine Ahnung davon, daß es jetzt mit Karl so weit gekommen war, daß er fremde Türen mit Messern aufzubrechen suchte.

C'était peut-être un étudiant ? Il avait tout à fait l'air de quelqu'un qui travaillait comme un étudiant. Ce n'était pas tellement différent - mais si loin ! - quand Karl s'asseyait à la table familiale pour y faire ses devoirs, tandis que son père lisait le journal ou bien faisait les comptes ou le courrier d'une société, et que sa mère occupée à quelque ouvrage de couture, levait bien haut son fil au-dessus du tissu. Pour ne pas gêner son père, Karl avait seulement posé sur la table son cahier et de quoi écrire, et il avait disposé de part et d'autre sur des chaises les livres dont il avait besoin. Comme tout était tranquille alors ! Et comme il était rare de voir dans cette pièce des figures inconnues ! Quand il était petit, Karl avait toujours aimé voir sa mère, quand le soir venait, fermer à clé la porte de l'appartement. Elle ne pouvait pas se douter qu'un jour Karl en arriverait à forcer les portes des gens avec des couteaux...

Und welchen Zweck hatte sein ganzes Studium gehabt! Er hatte ja alles vergessen; wenn es darauf angekommen wäre, hier sein Studium fortzusetzen, es wäre ihm sehr schwer geworden. Er erinnerte sich daran, daß er zu Hause einmal einen Monat lang krank gewesen war; welche Mühe hatte es ihn damals gekostet, sich nachher wieder in dem unterbrochenen Lernen zurechtzufinden! Und nun hatte er außer dem Lehrbuch der englischen Handelskorrespondenz schon so lange kein Buch gelesen.

Et à quoi lui avaient donc servi toutes ces études ? Il avait tout oublié maintenant ! S'il lui avait fallu reprendre ses études ici, cela lui aurait été très pénible. Il se souvenait qu'une fois il avait été malade à la maison pendant un mois. Et quelle difficulté il avait eue pour rattraper son retard ensuite ! Et maintenant, à part le manuel de correspondance commerciale anglaise, voilà déjà bien longtemps qu'il n'avait pas ouvert un livre !

»Sie, junger Mann«, hörte sich Karl plötzlich angesprochen, »könnten Sie sich nicht anderswo aufstellen? Ihr Herüberstarren stört mich schrecklich. Um zwei Uhr in der Nacht kann man doch schließlich verlangen, auf dem Balkon ungestört arbeiten zu können. Wollen Sie denn etwas von mir?«
»Sie studieren?« fragte Karl.
»Ja, ja«, sagte der Mann und benützte dieses für das Lernen verlorene Weilchen, um unter seinen Büchern eine neue Ordnung einzurichten.
»Dann will ich Sie nicht stören«, sagte Karl, »ich gehe überhaupt schon ins Zimmer zurück. Gute Nacht.«

Dites donc, jeune homme, vous ne pourriez pas vous mettre ailleurs ? entendit soudain Karl. Vous me gênez beaucoup à rester là comme ça à me regarder. À deux heures du matin, on devrait tout de même avoir le droit de travailler tranquillement sur son balcon sans être dérangé, non ? Attendez-vous quelque chose de moi ?
— Vous étudiez ? demanda Karl.
— Oui, oui, dit l'autre,en profitant de cet instant perdu pour son travail en remettant de l'ordre dans ses livres.
— Alors je ne veux pas vous déranger, dit Karl. J'allais d'ailleurs rentrer à l'instant. Bonne nuit.

Der Mann gab nicht einmal eine Antwort, mit einem plötzlichen Entschlusse hatte er sich nach Beseitigung dieser Störung wieder ans Studieren gemacht und stützte die Stirn schwer in die rechte Hand.
Da erinnerte sich Karl knapp vor dem Vorhang daran, warum er eigentlich herausgekommen war, er wußte ja noch gar nicht, wie es mit ihm stand. Was lastete nur so auf seinem Kopf? Er griff hinauf und staunte, da war keine blutige Verletzung, wie er im Dunkel des Zimmers gefürchtet hatte, es war nur ein noch immer feuchter, turbanartiger Verband. Er war, nach den noch hie und da hängenden Spitzenüberresten zu schließen, aus einem alten Wäschestück Bruneldas gerissen, und Robinson hatte ihn wohl flüchtig Karl um den Kopf gewickelt. Nur hatte er vergessen, ihn auszuwinden, und so war während Karls Bewußtlosigkeit das viele Wasser das Gesicht hinab- und unter das Hemd geronnen und hatte Karl solchen Schrecken eingejagt.

L'autre ne répondit même pas ; après avoir coupé court à cette intrusion, il s'était replongé dans son travail, sa main droite soutenant son front comme s'il était lourd.
Au moment de franchir le rideau, Karl se souvint de la raison pour laquelle il était sorti : il ne savait toujours pas dans quel état il se trouvait. Qu'est-ce donc qui lui pesait autant sur la tête ? Il la tâta, et fut surpris de ne pas y trouver de plaie saignante, comme il l'avait craint dans l'obscurité de la pièce : il n'y avait qu'une sorte de pansement en forme de turban, encore humide. D'après les bouts de dentelle qui en pendaient ici et là, ce devait être un morceau de vieux sous-vêtement venant de Brunelda, que Robinson, probablement, avait dpû sommairement lui entortiller autour de la tête. Mais il avait négligé de l'essorer, et c'était toute cette eau qui, pendant que Karl était évanoui, lui avait coulé sur le visage et jusque sous sa chemise, lui causant une telle frayeur.

»Sie sind wohl noch immer da?« fragte der Mann und blinzelte hinüber.
»Jetzt gehe ich aber wirklich schon«, sagte Karl, »ich wollte hier nur etwas anschauen, im Zimmer ist es ganz finster.«
»Wer sind Sie denn?« sagte der Mann, legte den Federhalter in das vor ihm geöffnete Buch und trat an das Geländer. »Wie heißen Sie? Wie kommen Sie zu den Leuten? Sind Sie schon lange hier? Was wollen Sie denn anschauen? Drehen Sie doch Ihre Glühlampe dort auf, damit man Sie sehen kann.«
Karl tat dies, zog aber, ehe er antwortete, noch den Vorhang der Tür fester zu, damit man im Innern nichts merken konnte. »Verzeihen Sie«, sagte er dann im Flüsterton, »daß ich so leise rede. Wenn mich die drinnen hören, habe ich wieder einen Krawall.«
»Wieder?« fragte der Mann.
»Ja«, sagte Karl, »ich habe ja erst abends einen großen Streit mit ihnen gehabt. Ich muß da noch eine fürchterliche Beule haben.« Und er tastete hinten seinen Kopf ab.

— Vous êtes encore là ? demanda l'homme en clignant des yeux vers lui.
— Mais non, maintenant je m'en vais vraiment, dit Karl. Je voulais seulement regarder quelque chose ; dans la chambre, on n'y voit vraiment rien.
— Qui êtes-vous donc ? demanda l'autre, en posant son porte-plume sur le livre ouvert devant lui, et en s'avançant vers la balustrade. Comment vous appelez-vous ? Comment êtes-vous arrivé chez ces gens-là ? Y êtes-vous depuis logtemps ? Que voulez-vous donc regarder ? Allumez donc votre lampe là-bas, que l'on puisse vous voir !
Karl s'exécuta, mais avant de répondre, il tira encore un peu plus le rideau de la porte-fenêtre, pour que personne ne puisse rien voir de l'intérieur. Puis il dit à voix basse :
— Pardonnez-moi de parler aussi bas, mais s'ils m'entendent, à l'intérieur, ça ira mal encore pour moi.
— Encore ? demanda l'autre.
— Oui, dit Karl. J'ai déjà eu une grosse dispute avec eux ce soir. Je dois même en avoir encore une grosse bosse. Et il se tâta l'arrière du crâne.

»Was war denn das für ein Streit?« fragte der Mann und fügte, da Karl nicht gleich antwortete, hinzu: »Mir können Sie ruhig alles anvertrauen, was Sie gegen diese Herrschaften auf dem Herzen haben. Ich hasse sie nämlich alle drei, und ganz besonders Ihre Madame. Es sollte mich übrigens wundern, wenn man Sie nicht schon gegen mich gehetzt hätte. Ich heiße Josef Mendel und bin Student.«
»Ja«, sagte Karl, »erzählt hat man mir schon von Ihnen, aber nichts Schlimmes. Sie haben wohl einmal Frau Brunelda behandelt, nicht wahr?«
»Das stimmt«, sagte der Student und lachte. »Riecht das Kanapee noch danach?«
»O ja«, sagte Karl.
»Das freut mich aber«, sagte der Student und fuhr mit der Hand durchs Haar. »Und warum macht man Ihnen Beulen?«
»Es war ein Streit«, sagte Karl im Nachdenken darüber, wie er es dem Studenten erklären sollte. Dann aber unterbrach er sich und sagte: »Störe ich Sie denn nicht?«

— Pourquoi donc cette dispute ? demanda l'autre ; et comme Karl ne répondait pas, il poursuivit : Vous pouvez tout me confier, tout ce que vous avez sur le cœur contre ces gens-là. Je les déteste en effet tous les trois, et tout particulièrement leur patronne. Et vraiment cela m'étonnerait beaucoup qu'ils ne vous aient pas déjà monté la tête contre moi... Je m'appelle Josef Mendel, et je suis étudiant.
— Oui, dit Karl. On m'a déjà parlé de vous, mais pas en mauvaise part. C'est bien vous qui, un jour, avez soigné Madame Brunelda ?
— C'est bien ça, dit l'étudiant en riant. Le canapé en a-t-il gardé l'odeur ?
— Oh, oui ! dit Karl.
— Ça me fait bien plaisir, dit l'étudiant, en arrangeant ses cheveux. Et pourquoi vous a-t-on fait des bosses ?
— On s'était disputés, dit Karl, en réfléchissant à la façon dont il devait présenter la chose à l'étudiant. Mais il changea plutôt de sujet et demanda : Je ne vous dérange pas ?

»Erstens«, sagte der Student, »haben Sie mich schon gestört, und ich bin leider so nervös, daß ich lange Zeit brauche, um mich wieder zurechtzufinden. Seit Sie da Ihre Spaziergänge auf dem Balkon angefangen haben, komme ich mit dem Studieren nicht vorwärts. Zweitens aber mache ich um drei Uhr immer eine Pause. Erzählen Sie also nur ruhig. Es interessiert mich auch.«
»Es ist ganz einfach«, sagte Karl. »Delamarche will, daß ich bei ihm Diener werde. Aber ich will nicht. Ich wäre am liebsten noch gleich abends weggegangen. Er wollte mich nicht lassen, hat die Tür abgesperrt, ich wollte sie aufbrechen, und dann kam es zu der Rauferei. Ich bin unglücklich, daß ich noch hier bin.«
»Haben Sie denn eine andere Stellung?« fragte der Student.
»Nein«, sagte Karl, »aber daran liegt mir nichts, wenn ich nur von hier fort wäre.«
»Hören Sie einmal«, sagte der Student, »daran liegt Ihnen nichts?« Und beide schwiegen ein Weilchen. »Warum wollen Sie denn bei den Leuten nicht bleiben?" fragte dann der Student.

Premièrement, vous m'avez déjà dérangé, et je suis si nerveux qu'il me faut bien du temps pour retrouver le fil de mes idées. depuis que vous avez commencé à arpenter ce balcon, je n'avance plus dans ce que j'ai à faire. Deuxièmement, je fais toujours une pause vers les trois heures. Alors racontez moi donc ça, car ça m'intéresse moi aussi.
— C'est très simple, dit Karl. Delamarche veut que je sois à son service, et moi je ne le veux pas. J'aurais vraiment voulu partir dès hier soir, mais il n'a pas voulu, il a fermé la porte à clé ; j'ai voulu la forcer, et il s'en est suivi une bagarre. Je suis malheureux d'être encore ici.
— Avez-vous une autre place en vue ? demamnda l'étudiant.
— Non, dit Karl. Mais ça m'est bien égal ; tout ce que je veux, c'est partir d'ici.
— Comment ça, bien égal ? dit l'étudiant.
Et ils demeurèrent un instant silencieux tous les deux. Puis l'étudiant reprit :
— Pourquoi ne voulez-vous pas rester chez eux ?

»Delamarche ist ein schlechter Mensch«, sagte Karl, »ich kenne ihn schon von früher her. Ich marschierte einmal einen Tag lang mit ihm und war froh, als ich nicht mehr bei ihm war. Und jetzt soll ich Diener bei ihm werden?«
»Wenn alle Diener bei der Auswahl ihrer Herrschaften so heikel sein wollten wie Sie!« sagte der Student und schien zu lächeln. »Sehen Sie, ich bin während des Tages Verkäufer, niedrigster Verkäufer, eher schon Laufbursche im Warenhaus von Montly. Dieser Montly ist zweifellos ein Schurke, aber das läßt mich ganz ruhig, wütend bin ich nur, daß ich so elend bezahlt werde. Nehmen Sie sich also an mir ein Beispiel.«
»Wie?« sagte Karl, »Sie sind bei Tag Verkäufer und in der Nacht studieren Sie?«
»Ja«, sagte der Student, »es geht nicht anders. Ich habe schon alles mögliche versucht, aber diese Lebensweise ist noch die beste. Vor Jahren war ich nur Student, bei Tag und Nacht, wissen Sie, nur bin ich dabei fast verhungert, habe in einer schmutzigen alten Höhle geschlafen und wagte mich in meinem damaligen Anzug nicht in die Hörsäle. Aber das ist vorüber.«
»Aber wann schlafen Sie?« fragte Karl und sah den Studenten verwundert an.

Delamarche est un sale type, dit Karl. Je le connaissais déjà avant. On a fait route ensemble quelque temps, et j'ai été content de ne plus l'avoir avec moi. Et maintenant il faudrait que je sois son domestique ?
— Si tous les domestiques devaient être aussi difficiles que vous dans le choix de leur patron... dit l'étudiant en esquissant un sourire. Moi, par exemple, dans la journée je suis vendeur, un tout petit vendeur, et même un simple commissionnaire plutôt, aux Galeries Montly. Ce Montly est certainement une fripouille, mais je m'en fiche bien. Ce qui me rend furieux, par contre, c'est d'être aussi mal payé. Prenez exemple sur moi.
— Comment ? dit Karl. Vous êtes vendeur dans la journée, et la nuit, vous étudiez ?
— Oui, dit l'étudiant - comment faire autrement ? J'ai déjà exploré toutes les autres possibilités, mais cette façon de faire est encore la meilleure. Voyez-vous, pendant des années j'ai été seulement étudiant, nuit et jour, mais j'ai bien failli mourir de faim. Je dormais dans une chambre sordide, et avec les vêtements que je portais, je n'osais même pas me montrer dans les amphis. Mais c'est du passé, maintenant.
— Mais quand dormez-vous alors ? demanda Karl, qui regardait l'étudiant avec stupéfaction.

»Ja, schlafen!« sagte der Student. »Schlafen werde ich, wenn ich mit meinem Studium fertig bin. Vorläufig trinke ich schwarzen Kaffee.« Und er wandte sich um, zog unter seinem Studiertisch eine große Flasche hervor, goß aus ihr schwarzen Kaffee in ein Täßchen und schüttete ihn in sich hinein, so wie man Medizinen eilig schluckt, um möglichst wenig von ihrem Geschmack zu spüren.
»Eine feine Sache, der schwarze Kaffee«, sagte der Student. »Schade, daß Sie so weit sind, daß ich Ihnen nicht ein wenig hinüberreichen kann.«
»Mir schmeckt schwarzer Kaffee nicht«, sagte Karl.

Ah ! Dormir... dit l'étudiant. Je dormirai quand mes études seront finies. Pour l'instant, je bois du café noir.
Et il se tourna un peu pour sortir de sous sa table de travail une grande bouteille, se servit une tasse de café noir qu'il avala d'un seul coup, comme on le fait pour un médicament, pour ne pas trop en sentir le goût.
— C'est une bonne chose, le café noir, reprit-il. Dommage que vous soyez si loin, je ne peux même pas vous en passer un peu.
— Je n'aime pas le café noir, dit Karl.

»Mir auch nicht«, sagte der Student und lachte. »Aber was wollte ich ohne ihn anfangen. Ohne den schwarzen Kaffee würde mich Montly keinen Augenblick behalten. Ich sage immer Montly, obwohl der natürlich keine Ahnung hat, daß ich auf der Welt bin. Ganz genau weiß ich nicht, wie ich mich im Geschäft benehmen würde, wenn ich nicht dort im Pult eine gleich große Flasche wie diese immer vorbereitet hätte, denn ich habe noch nie gewagt, mit dem Kaffeetrinken auszusetzen, aber, glauben Sie mir nur, ich würde bald hinter dem Pulte liegen und schlafen. Leider ahnt man das, sie nennen mich dort den ›Schwarzen Kaffee‹, was ein blödsinniger Witz ist und mir gewiß in meinem Vorwärtskommen schon geschadet hat.«

Moi non plus, dit l'étudiant en riant. Mais pourrais-je faire sans lui ? Sans le café noir, Montly ne me garderait pas un seul instant ! Je parle toujours de Montly, bien qu'il n'ait évidemment pas la moindre idée que je puisse exister. Je ne sais guère comment je pourrais faire au magasin, si je n'avais pas toujours, dans mon tiroir et à portée de la main, une grosse bouteille comme celle-ci... Je n'ai jamais osé essayer de m'arrêter de boire du café, mais croyez-moi, je suis sûr que je ne serais pas long à me coucher derrière le comptoir et à dormir ! Malheureusement pour moi, les gens s'en doutent : on m'appelle “café noir” au magasin, ce qui est une plaisanterie stupide, et qui certainement a déjà dû nuire à mon avancement.

»Und wann werden Sie mit Ihrem Studium fertig werden?« fragte Karl.
»Es geht langsam«, sagte der Student mit gesenktem Kopf. Er verließ das Geländer und setzte sich wieder an den Tisch, die Ellbogen auf das offene Buch aufgestützt, mit den Händen durch seine Haare fahrend, sagte er dann: »Es kann noch ein bis zwei Jahre dauern.«
»Ich wollte auch studieren«, sagte Karl, als gebe ihm dieser Umstand ein Anrecht auf ein noch größeres Vertrauen, als es der jetzt verstummende Student ihm gegenüber schon bewiesen hatte.
»So", sagte der Student, und es war nicht ganz klar, ob er in seinem Buche schon wieder las oder nur zerstreut hineinstarrte, »seien Sie froh, daß Sie das Studium aufgegeben haben. Ich selbst studiere schon seit Jahren eigentlich nur aus Konsequenz. Befriedigung habe ich wenig davon und Zukunftsaussichten noch weniger. Welche Aussichten wollte ich denn haben! Amerika ist voll von Schwindeldoktoren.«

— Et quand en aurez-vous fini avec vos études ? demanda Karl.
— Ça n'avance pas vite, dit l'étudiant, en baissant la tête. Il quitta la balustrade, et se rassit à sa table.
Les coudes sur le livre ouvert, et se passant de nouveau la main dans les cheveux, il dit :
— Ça pourrait bien durer encore un an ou deux.
— Je voulais faire des études, moi aussi, dit Karl, comme si cela lui donnait droit à une confiance encore accrue par rapport à celle que l'étudiant lui avait témoignée jusqu'ici, et qui maintenant se renfrognait.
— Ah... dit-il, sans qu'on puisse bien savoir s'il s'était vraiment replongé dans la lecture de son livre, ou s'il ne lui accordait qu'un regard distrait. Vous avez bien fait d'avoir abandonné vos études. Moi qui vous parle, depuis des années déjà, je ne les poursuis plus que par obstination. Je n'en tire que peu de satisfaction, et encore moins de perspectives d'avenir. Lesquelles voudriez-vous que j'aie, d'ailleurs ? L'Amérique est pleine de prétendus “Docteurs” !

»Ich wollte Ingenieur werden«, sagte Karl noch eilig zu dem scheinbar schon gänzlich unaufmerksamen Studenten hinüber.
»Und jetzt sollen Sie Diener bei diesen Leuten werden«, sagte der Student und sah flüchtig auf, »das schmerzt Sie natürlich.«
 Diese Schlußfolgerung des Studenten war allerdings ein Mißverständnis, aber vielleicht konnte es Karl beim Studenten nützen. Er fragte deshalb: »Könnte ich nicht vielleicht auch eine Stelle im Warenhaus bekommen?«
Diese Frage riß den Studenten völlig von seinem Buche los; der Gedanke, daß er Karl bei seiner Postenbewerbung behilflich sein könnte, kam ihm gar nicht. »Versuchen Sie es«, sagte er, »Oder versuchen Sie es lieber nicht. Daß ich meinen Posten bei Montly bekommen habe, ist der bisher größte Erfolg meines Lebens gewesen. Wenn ich zwischen dem Studium und meinem Posten zu wählen hätte, würde ich natürlich den Posten wählen. Meine Anstrengung geht nur darauf hin, die Notwendigkeit einer solchen Wahl nicht eintreten zu lassen.«
»So schwer ist es, dort einen Posten zu bekommen«, sagte Karl mehr für sich.
»Ach, was denken Sie denn«, sagte der Student, »es ist leichter, hier Bezirksrichter zu werden als Türöffner bei Montly.«

Moi, je voulais devenir ingénieur, s'empressa de dire Karl à l'étudiant qui semblait maintenant avoir la tête ailleurs.
— Et maintenant, vous allez être le domestique de ces gens ! dit l'étudiant, en relevant un peu la tête. Et ça vous ennuie, bien entendu.
Cette conclusion résultait bien sûr d'un malentendu ; mais elle offrait peut-être à Karl une occasion, et il dit : “Est-ce que je ne pourrais pas obtenir une place moi aussi, dans votre grand magasin ?
Cette question arracha pour de bon l'étudiant à son livre. L'idée ne lui vint même pas que Karl pourrait obtenir un poste plus facilement par son entremise.
— Essayez, dit-il. Ou plutôt, non : n'essayez pas. Le fait d'avoir obtenu cette place chez Montly a été le plus grand succès de ma vie. Si je devais choisir entre mes études et mon travail, c'est évidemment mon travail que je choisirais. Tous mes efforts n'ont qu'un seul but : éviter justement d'avoir à choisir.
— Il est donc si difficile d'obetnir une place là-bas, dit Karl, comme pour lui-même.
— Mais qu'est-ce que vous croyez ? dit l'étudiant. Il est plus facile de devenir juge de paix que portier chez Montly !

Karl schwieg. Dieser Student, der doch so viel erfahrener war als er und der den Delamarche aus irgendwelchen Karl noch unbekannten Gründen haßte, der dagegen Karl gewiß nichts Schlechtes wünschte, fand für Karl kein Wort der Aufmunterung, den Delamarche zu verlassen. Und dabei kannte er noch gar nicht die Gefahr, die Karl von der Polizei drohte und vor der er nur bei Delamarche halbwegs geschützt war.
»Sie haben doch am Abend die Demonstration unten gesehen? Nicht wahr? Wenn man die Verhältnisse nicht kennte, sollte man doch denken, dieser Kandidat, er heißt Lobter, werde doch irgendwelche Aussichten haben oder er komme doch wenigstens in Betracht, nicht?«
»Ich verstehe von Politik nichts«, sagte Karl.

Karl se tut. Cet étudiant, qui avait tellement plus d'expérience que lui, qui détestait Delamarche pour des raisons que lui, Karl, ignorait encore, mais qui pourtant ne lui voulait certainement aucun mal à lui-même, n'avait malgré tout eu aucun mot pour l'encourager à quitter Delamarche. Même s'il n'avait aucune idée du danger que courait Karl avec la police, et du fait que sa présence chez Delamarche l'en protégeait un peu tout de même.
— Vous avez pourtant vu hier soir, la manifestation, en bas, n'est-ce pas ? Si l'on ne savait pas de quoi il s'agissait, on aurait bien pu fort bien croire que ce candidat - qui s'appelle Lobter - a quelques chances, ou que du moins il faut compter avec lui, non ?
— Je ne comprends rien à la politique, dit Karl.

»Das ist ein Fehler«, sagte der Student. »Aber abgesehen davon haben Sie doch Augen und Ohren. Der Mann hat doch zweifellos Freunde und Feinde gehabt, das kann Ihnen doch nicht entgangen sein. Und nun bedenken Sie, der Mann hat, meiner Meinung nach, nicht die geringsten Aussichten, gewählt zu werden. Ich weiß zufällig alles über ihn, es wohnt da bei uns einer, der ihn kennt. Er ist kein unfähiger Mensch, und seinen politischen Ansichten und seiner politischen Vergangenheit nach wäre gerade er der passende Richter für den Bezirk. Aber kein Mensch denkt daran, daß er gewählt werden könnte, er wird so prachtvoll durchfallen, als man durchfallen kann, er wird für die Wahlkampagne seine paar Dollars hinausgeworfen haben, das wird alles sein.«

— C'est un tort, dit l'étudiant. Mais tout de même, vous avez des yeux et des oreilles. Cet homme avait de toute évidence des amis et des ennemis, vous n'avez pas pu ne pas vous en rendre compte. Et pourtant, à mon avis, cet homme-là, voyez-vous, n'a aucune chance d'être élu. Il se trouve que je sais à peu près tout sur lui : quelqu'un qui le connaît bien habite à côté. Ce n'est pas un incapable, ses vues politiques et son passé feraient même de lui un juge très convenable pour cette circonscription. Mais personne ne pense qu'il puisse être élu, il va être battu à plates coutures, il aura gaspillé pour sa campagne les quelques dollars qu'il possédait, et ce sera tout.

Karl und der Student sahen einander ein Weilchen schweigend an. Der Student nickte lächelnd und drückte mit einer Hand die müden Augen.
»Nun, werden Sie noch nicht schlafen gehen?« fragte er dann. »Ich muß ja auch wieder studieren. Sehen Sie, wieviel ich noch durchzuarbeiten habe.« Und er blätterte ein halbes Buch rasch durch, um Karl einen Begriff von der Arbeit zu geben, die noch auf ihn wartete.
»Dann also gute Nacht«, sagte Karl und verbeugte sich.
»Kommen Sie doch einmal zu uns herüber«, sagte der Student, der schon wieder an seinem Tisch saß, »natürlich nur, wenn Sie Lust haben. Sie werden hier immer große Gesellschaft finden. Von neun bis zehn Uhr abends habe ich auch für Sie Zeit.«
»Sie raten mir also, bei Delamarche zu bleiben?« fragte Karl.
»Unbedingt«, sagte der Student und senkte schon den Kopf zu seinen Büchern. Es schien, als hätte gar nicht er das Wort gesagt; wie von einer Stimme gesprochen, die tiefer war als jene des Studenten, klang es noch in Karls Ohren nach. Langsam ging er zum Vorhang, warf noch einen Blick auf den Studenten, der jetzt ganz unbeweglich, von der großen Finsternis umgeben, in seinem Lichtschein saß, und schlüpfte ins Zimmer.

Karl et l'étudiant se regardèrent un instant sans mot dire. Puis l'étudiant hocha la tête avec un sourire, et frotta de sa main ses yeux fatigués.
— Bon, vous ne voulez pas aller dormir, maintenant ? demanda-t-il. Il faut que je me remette à travailler. Voyez tout ce que j'ai encore à apprendre... Et il fit rapidement défiler la moitié des pages de son livre, pour donner à Karl un aperçu de tout ce qui l'attendait encore.
— Alors, bonne nuit, dit Karl, en s'inclinant .
— Revenez donc un de ces jours nous voir, dit l'étudiant, qui s'était déjà réinstallé à sa table. Venez si vous en avez envie, bien sûr. Vous trouverez toujours du monde ici. Entre neuf heures et dix heures du soir, j'aurai aussi du temps à vous consacrer.
— Vous me conseillez donc de rester chez Delamarche ? demanda Karl.
— Absolument, dit l'étudiant, qui se replongeait déjà dans ses bouquins.
On aurait dit que ce n'était pas lui qui avait dit cela ; comme si cela avait été dit d'une voix plus grave que la sienne, et cela résonnait encore dans les oreilles de Karl. Il retourna lentement vers le rideau de la porte-fenêtre, lança encore un regard à l'étudiant qui, maintenant immobile et enveloppé par une ombre immense, demeurait assis dans la clarté de sa lampe... Puis il se glissa dans la pièce.

Die vereinten Atemzüge der drei Schläfer empfingen ihn. Er suchte die Wand entlang das Kanapee, und als er es gefunden hatte, streckte er sich ruhig auf ihm aus, als sei es sein gewohntes Lager. Da ihm der Student, der den Delamarche und die hiesigen Verhältnisse genau kannte und überdies ein gebildeter Mann war, geraten hatte, hier zu bleiben, hatte er vorläufig keine Bedenken. So hohe Ziele wie der Student hatte er nicht, wer weiß, ob es ihm sogar zu Hause gelungen wäre, das Studium zu Ende zu führen, und wenn es zu Hause kaum möglich schien, so konnte niemand verlangen, daß er es hier im fremden Lande tue. Die Hoffnung aber, einen Posten zu finden, in dem er etwas leisten und für seine Leistungen anerkannt werden könnte, war gewiß größer, wenn er vorläufig die Dienerstelle bei Delamarche annahm und aus dieser Sicherheit heraus eine günstige Gelegenheit abwartete. Es schienen sich ja in dieser Straße viele Büros mittleren und unteren Ranges zu befinden, die vielleicht im Falle des Bedarfes bei der Auswahl ihres Personals nicht gar zu wählerisch waren. Er wollte ja gern, wenn es sein mußte, Geschäftsdiener werden, aber schließlich war es ja gar nicht ausgeschlossen, daß er auch für reine Büroarbeiten aufgenommen werden konnte und einstmals als Bürobeamter an seinem Schreibtisch sitzen und ohne Sorgen ein Weilchen lang aus dem offenen Fenster schauen würde wie jener Beamte, den er heute früh beim Durchmarsch durch die Höfe gesehen hatte.

Il y fut comme oppressé par les respirations conjuguées des trois dormeurs. Il longea la cloison en direction du canapé, et l'ayant trouvé, s'y installa tranquillement comme si c'était son lit habituel. Puisque l'étudiant, qui connaissait bien Delamarche et les autres, et qui était quelqu'un qui avait plus d'expérience de la vie que lui, lui avait conseillé de rester là, il ne se faisait plus de soucis pour l'instant. Il n'avait pas d'aussi hautes ambitions que l'étudiant, et qui sait même si, dans son propre pays, il fût parvenu à mener ses études à leur terme ? Et si cela lui semblait douteux chez lui, qui donc aurait pu exiger qu'il y parvienne en pays étranger ? Mais l'espoir de trouver un emploi dans lequel il puisse donner sa mesure et y être apprécié pour cela était certainement plus grand s'il restait pour l'instant chez Delamarche comme domestique et y guettait, en toute sécurité, une occasion favorable. Il semblait y avoir dans cette rue quantité de bureaux d'importance moyenne ou même plus petite qui, en cas de besoin, n'étaient peut-être pas si regardants pour embaucher du personnel. Il était déjà prêt, s'il le fallait, à être simple coursier, mais peut-être en fin de compte ne serait-il pas impossible qu'on le prît un jour pour du vrai travail de bureau lui aussi, et il se voyait bien travaillant à sa table, sans souci, et prenant son temps pour regarder par la fenêtre, comme l'employé qu'il avait vu ce matin en traversant les cours...

Beruhigend fiel ihm ein, als er die Augen schloß, daß er doch jung war und daß Delamarche ihn doch einmal freigeben würde; dieser Haushalt sah ja wirklich nicht danach aus, als sei er für die Ewigkeit gemacht. Wenn aber Karl einmal einen solchen Posten in einem Büro hätte, dann wollte er sich mit nichts anderem beschäftigen als mit seinen Büroarbeiten und nicht die Kräfte zersplittern wie der Student. Wenn es nötig sein sollte, wollte er auch die Nacht fürs Büro verwenden, was man ja im Beginn bei seiner geringen kaufmännischen Vorbildung sowieso von ihm verlangen würde. Er wollte nur an das Interesse des Geschäftes denken, dem er zu dienen hätte und allen Arbeiten sich unterziehen, selbst solchen, die andere Bürobeamte als ihrer nicht würdig zurückweisen würden. Die guten Vorsätze drängten sich in seinem Kopf, als stehe sein künftiger Chef vor dem Kanapee und lese sie von seinem Gesicht ab.
In solchen Gedanken schlief Karl ein und nur im ersten Halbschlaf störte ihn noch ein gewaltiges Seufzen Bruneldas, die, scheinbar von schweren Träumen geplagt, sich auf ihrem Lager wälzte.

Comme ses yeux se fermaient, il lui vint la pensée réconfortante qu'il était encore jeune, et que Delamarche finirait bien par le laisser partir un jour. Ce ménage, après tout, ne semblait pas fait pour durer éternellement. Quand il aurait un emploi comme ça dans un bureau, Karl ne se consacrerait à rien d'autre qu'à son travail, et ne disperserait pas ses forces comme l'étudiant. Quand cela serait nécessaire, il y consacrerait même ses nuits, comme on le lui demanderait certainement au début, étant donné sa maigre formation dans le commerce. Il ne penserait qu'à l'intérêt de son employeur, et accepterait toutes les tâches, même celles que ses collègues rechigneraient à accomplir comme étant indignes d'eux. Ces bonnes résolutions se bousculaient dans sa tête, comme si son futur Chef se tenait devant le canapé et les lisait au fond de ses yeux.
C'est au milieu de ces pensées-là que Karl s'endormit, et c'est dans son premier sommeil qu'il entendit tout de même un grand gémissement venant de Brunelda, qui probablement tourmentée par un mauvais rêve, se retournait sur son lit.