lundi 10 novembre 2025
Comtoise
Le tic-tac de mon cœur n’est pas comme celui
De la comtoise qui oscille dans son coin…
Je ne peux le régler plus ou moins, comme lui:
Pas de mollette à tourner, au besoin…
De la comtoise je peux remonter les poids
Avant qu’ils ne reposent sur le sol, et cessent
D’entretenir le mouvement, et chaque fois,
Je pense au mien, et grande est ma détresse.
Mes articulations, je ne peux les huiler,
Pour qu’elles tournent mieux, et s’usent.
Ma comtoise naquit il y a tant d’années,
Que j’ai beau, en pensée, faire preuve de ruse,
Jamais je n’atteindrai telle longévité…
Gazette de Balitrand
Beaucoup de monde, aujourd’hui chez “Capion”; on nous met dans la grande salle du fond, ce que je n’aime pas, car cela me fait marcher beaucoup plus… Mais j’ai fait la leçon à la serveuse nouvelle depuis quelques semaines seulement:
— S’il vous plait, quand c’est possible, mettez nous dans la première salle, à la table pour deux au fond…
Et elle a griffonné un n° (4, je crois) sur le gros livre où elle inscrit les clients qui ont retenu. On verra. Je préfère cette table, car il m’est très facile de m’y installer…
Au retour, j’étais très fatigué, et j’ai fait un petit somme dans mon fauteuil, avant d’aller à “l’Atelier”.
Annick et Jean-Pierre sont venus voir la comtoise en marche, et j’ai profité de Jean-Pierre pour qu’il me décroche le balancier, afin que je puisse dévisser de trois tours l’écrou d’en bas, car elle avait pris au moins un quart d’heure d’avance depuis que M. Mazure était venu.
Nous avons pris le café ici, dans “l’auditorium-bibliothèque”…et devisé pendant une demi-heure. Maintenant c’est Annick qui a des douleurs dans le genou, elle qui était une grande marcheuse…elle vient de passer des radios, de faire une prise de sang, etc. Et attend les résultats.
Comme elle avait été très contente d’être allée avec Mireille au cinéma voir “La femme la plus riche du monde”… J’ai suggéré d’aller voir tous les trois “L’inconnu de la Grande Arche” qui passe aussi en ce ce moment au cinéma de Millau. Mais dès que j’ai dit pourquoi je voulais le voir, parlant de Mitterand et de Fau qui joue ce rôle, en prétendant qu’il n’avait pas du tout voulu se donner l’apparence physique de son personnage, mais en quelque sorte “l’habiter”… Annick a déclaré tout de suite qu’elle n’irait pas voir ça! Elle a été voir celui sur Bettencourt, parce que (pour elle du moins…) c’est quelque chose qui lui a rappelé les “romances” qui constitue le seul type de “livres” (?) qu’elle lit parfois…Mais dès qu’il s’agit de quelque chose d’autre,– et surtout s’il y a une connotation politique, alors là, pas question pour elle! Mireille qui espérait aller voir des films de temps en temps avec elle a tout de suite compris qu’il faudrait éviter tout ce qui pourrait ressembler à un film traitant d’un sujet qui ne soit pas du genre “les petits oiseaux, les fleurs…”. Et pour le film sur Bettencourt, elles n’était que quatre dans la salle!
C’est à se demander si nous ne devrions pas essayer de trouver, via les “réseaux sociaux”, finalement, quelques personnes susceptibles d’être un peu “cultivées à l’ancienne”…Mais quand j’avais mis sur “X” deux ou trois de mes poèmes, en espérant un peu ça…je n’ai jamais eu le moindre “follower”! Pas le moindre commentaire! Désolant.
Musique et “ménage” numérique.
Resté seul dans “l’Atelier”, et en tapant ce “Journal”, j’écoute encore les lieder de Schubert. Les mêmes que ceux dont j’ai déjà parlé, si beaux, si mélodieux…”Wandrers Nachtlied” en ce moment.
J’ai passé ce matin en revue l’énorme quantité de liens que j’avais accumulés dans la “barre de gauche” de “Safari”, jeté tous ceux qui ne fonctionnaient plus, ceux dont je n’ai plus besoin…et cela m’a fait redécouvrir bon nombre d’entre eux que j’avais oubliés et qui sont précieux, ceux-là: vers les manuscrits de “Gallica” concernant le 19152, le 794, et tous ceux qui concernent les textes de Chrétien que j’ai traduits… précieux parce qu’il s’agit de la page où commencent ces œuvres parmi une quantité d’autres, et que, dans ce cas, on ne peut certes pas retrouver par une “recherche” ordinaire! Il n’y a pas toujours de “sommaire” dans ces gros volumes, et j’ai parfois dû faire défiler des centaines de folios avant de trouver celui où commence le texte qui m’intéressait…
Il commence à faire nuit. Je vais devoir allumer les deux gros globes du plafond, mais cela donne une lumière assez désagréable pour travailler, trop violente à mon goût. Et le seul écran est vite éblouissant lui aussi, dans le noir. Il faudra que je pense à acquérir (encore) une petite lampe comme celle de mon bureau au salon. Bien pratique.