dimanche 23 novembre 2025


Bien vu…

Lu cela ce matin dans le “Journal” de Renaud Camus: 

«s’il s’agit d’aimer le dieu comme Il nous aime, quel signe y a-t-il qu’Il nous aime tant, d’ailleurs ? Des parents qui se conduiraient envers leurs enfants comme Il se conduit à notre égard seraient depuis longtemps en prison pour maltraitance.»

Je rigole…et c’est justement l’un des mots dont il condamnait l’emploi, le jour d’avant, parmi une très longue liste… que je ne respecte pas toujours! 

Des mots

Même si je ne dis jamais “bouquin” pour un livre, j’avoue dire “vélo” plutôt que “bicyclette”, par exemple. Et je dois déjà faire un effort pour dire “à vélo” plutôt qu’“en vélo”…Quant à la trottinette, je ne crois pas que l’Académie française ait encore statué sur le fait:  faut -il dire “à trottinette” ou “en trottinette”? Si “à” s’emploie pour signifier qu’on enjambe la chose, alors c’est “en”! Mais si “en” indique, comme il semblerait, qu’on est dans quelque chose, puisqu’on dit “en voiture”, alors, ce serait plutôt “à”

Chez nous, gens du peuple, on disait “en vélo”, c’est sûr. Mais on ne disait pas encore “bagnole”…on disait “la voiture”, mais  plutôt: “la 201”, “la traction”… “bagnole” affiche un certain mépris, souvent faux d’ailleurs. Et quand j’avais dix ans, la “voiture” était encore autre chose qu’un simple moyen “d’aller au boulot”. Lequel “boulot”, d’ailleurs est sur “liste noire” de ce faux aristo de RC, évidemment.

Mais sa liste mérite d’être regardée. S’il n’est pas question de nier que les langues évoluent…(sinon pourquoi traduirais-je le “Chevalier de la Charrette”?), je disais souvent à mes étudiants que le rôle d’un “prof” de “lettres”  (encore un mot que j’ai du mal à éviter…) est essentiellement réactionnaire…«Je ne suis pas là pour accélérer les choses, mais au contraire, pour essayer de les freiner, de contrecarrer le plus possible la facilité-vulgarité” !»

Mais le problème de la frontière entre les deux est toujours délicat. Même si je suis convaincu, comme pour les frontières terrestres d’ailleurs, qu’elles sont indispensables. Et que leur négation avec “Schengen” a été une sottise dont les conséquences se constatent maintenant tous les jours et partout…

Mais à mon avis, François, si pointu dans les distinctions formelles entre le “même” mot dans les diverses langues (ou plutôt:  les langues les plus diverses) n’est probablement pas d’accord avec moi sur la nocivité de “Schengen”…Qui ne serait “bien”, pour moi, que dans le cas d’un monde idéal, où tout le monde serait “bien élevé” et respectueux des lois terrestres plutôt qu’envers  de prétendues lois religieuses dont certaines prescrivent ouvertement l’assassinat!

Mais revenons aux mots. Et si j’ai parfois quelque peu “survolé”, je l’avoue, ses avalanches de références et ses plongées dans les grands fonds des objets parfois microscopiques… dans l’un de  ses derniers “caramels”, je suis resté “baba” (!) devant son évocation du mot “âne”, et ses variations linguistiques. Ce qui m’a d’ailleurs donné envie de lire l’ouvrage de son collègue Michel Pastoureau…

Mais nous parlions, nous, de “bourricot” plutôt que d’âne… celui que la Tante Thérèse, à Fère-Champenoise attelait à sa charrette de beurre et fromages, que nous nous disputions pour en tenir les rênes… Et Mireille, elle, raconte que son frère Guy la traitait aimablement «d’Aliboron, le roi des ânes du canton». C’est pourtant un animal sympathique, quand on lui donne des pommes à mâcher, ce qui l’empêche de braire, généralement…

Pour en finir avec ces âneries, au moins provisoirement:  il y a quinze ans de cela…Clémence donnant une pomme à un petit âne: