mercredi 14 janvier 2026
Santé
Statu quo ante. Toujours du mal à “émerger”. Déjeuner au “Zeste”, mais en voiture, vers une heure seulement. Du monde: c’est le mercredi, jour des “m.p.ères” (!) avec leurs enfants… À côté de nous, deux gamines avec leur père à katogan… elles déambulent sans cesse dans l’allée étroite, y installent leurs “doudounes” et se vautrent dessus, bloquant le passage…Un homme voulant regagner sa place s’arrête, elles s’en fichent bien! Et le père ne s’en aperçoit même pas! Résigné, l’homme a dû repousser une table pour réussir à enjamber l’obstacle…
Ni Isabelle petite, ni Clémence bien plus tard, n’eussent fait cela avec nous quand nous les emmenions avec nous au restaurant. J’en viens à souhaiter que des restaurants aient le courage d’afficher: “Pas d’enfants”.
Ce n’est pas “aimer les enfants” que de leur laisser faire tout et n’importe quoi, n’importe où… Mais le père en question jeune encore apparemment, a probablement été “élevé comme cela” lui-même. “O tempora, o mores”… Mes ronchonnements ont d’antiques références. Ce qui devrait m’inciter à me taire?
À “l’Atelier”
Mireille est partie chez Annick et elles vont toutes les deux se promener jusqu’au dépôt d’Emmaüs. Annick adore faire les brocantes, et elle est bien contente que Mireille l’accompagne. Mireille n’irait pas sans elle, mais cela lui fait de la compagnie…Comme je la comprends! Avoir toujours sur le dos un vieux mari de plus en plus podagre, ce n’est pas une sinécure, pour une jeunette de bientôt quatre-vingts ans!
Je suis content : je viens d’écrire, pour le 18 février prochain, un poème “d’amour cosmologique”… queje ne révélerai que ce jour-là!
Les plus anciens textes philosophico-cosmogoniques n’étaient -ils pas en vers? Non, la poésie ne peut être faite par tous, ne t’en déplaise, Lautréamont — qui d’ailleurs ne prêchait le faux que pour mieux cerner le vrai. Elle suppose de se mettre dans une sorte “d’état second”, celui des mystiques parfois, qui ont eu besoin de cette béquille…mais on peut atteindre ce “nirvana” de mots sans croire à rien du tout! ce qu’on appelle, faute de mieux, l’inspiration. Toute modestie mise à part… je crois en avoir été capable ici ou là dans mes multiples écrits poétiques. C’est ce qu’il y aura eu de meilleur en moi, j’en suis certain —même si je suis présentement le seul à le savoir. Ou le croire ?
Les grands romanciers pratiquent un art bien différent: ils ont besoin des stratagèmes que sont leurs “personnages”, d’un monde virtuel qu’ils fabriquent plus ou moins habilement. La poésie, elle, va directement à l’absolu. Elle n’a que faire des décors de pacotille, des “Marquises sortant à cinq heures…”. Elle est intemporelle. Universelle.
J’ai repris Héraclite.
Parfois des choses assez plates, aussi… comme dans le Fragment 8:
«Ceux qui cherchent de l'or remuent beaucoup de terre, et n'en trouvent que peu. »
Bof…
ou encore:
«La nature aime à se cacher.»
Re-Bof.
Je passe sur le 11 et le 12. La Sybille «grâce eu Dieu qui est en elle. » Ah…Je croyais Héraclite “matérialiste”? Ne serait-il pas plutôt un peu “voltairien”? Mais l’ironie en moins…
Je fais défiler… 13, 14. Le 15 déclare que «les yeux sont des témoins plus exacts que les oreilles.» Discutable. Ça dépend à propos de quoi…
Fragment 17: contre Pythagore; oppose sagesse et connaissance.
Fragment 20. Ah! voilà une vraie pensée:
«Ce monde, qui est le même pour tous, aucun des dieux ou des hommes ne l'a fait; mais il a toujours été, il est et sera toujours un feu éternellement vivant, qui s'allume avec mesure et s'éteint avec mesure.»
De quoi alimenter bien des réflexions…et des controverses!
Suffit pour aujourd’hui. Je n’ai pas encore regardé Conche: j’imagine que ses commentaires seront beaucoup plus importants (au moins en nombre de signes!) que les quelques lignes que je viens de parcourir.
……
Je suis allé quérir à mon bureau le “Démocrite” de Marcel Conche (PUF, “Épiméthée”, 1986), acheté en 2011. mon signet était resté à la page…61! J’avais commencé par soigneusement l’annoter…mais vite découragé en constatant que cet ouvrage, savant s’il en est, n’est guère accessible qu’aux lecteurs ayant une bonne connaissance du grec ancien, comme François, par exemple… Conche se réfère sans cesse aux textes grecs. Il a raison, bien sûr. Mais voilà, pour moi, c’est à peu près illisible. Bien plus encore que Heidegger, qui fait pourtant si souvent appel au grec, lui aussi, mais dont les traducteurs, dans les éditions “grand public”, ont eu la gentillesse de donner un équivalent, comme pour ses propres mots “fabriqués”, d’ailleurs. Et par-dessus le marché… la numérotation des Fragments chez Conche n’est pas la même que celle de l’édition “Arvensa” que je lis! Je m’y reporterai peut-être de temps à autre, quand même, mais il me faudra, à chaque fois, parcourir la “table de concordance”… c’est assez dissuasif.
J’ai fait l’essai sur le Fragment 21 de mon édition numérique. La table me renvoie au N° 80. Avec un effort, je vois que c’est bien du même qu’il s’agit…mais la traduction de Conche est bien différente! Il donne ses sources: Clément d’Alexandrie. Je me souviens avoir fait appel au site de Remacle, en présentation bilingue, pour voir si c’est bien cela…
Je recommencerai. Demain.