mardi 20 janvier 2026


Gazette de Balitrand 

Quoi que je fasse et quelles que soient les pilules que je prenne, mes nuits sont toujours pénibles. Je dois me résigner à considérer que “c’est ainsi”, et “faire avec”. 


“Principe d’incertitude”

Regardé tard dans la nuit — ou plutôt très tôt ce matin, jusqu’à deux heures et demie — un autre cours, ancien, d’Étienne Klein, traitant des représentations que l’on peut se faire des équations de la physique quantique.

J’y ai appris des choses très différentes de ce que mes anciennes lectures m’avaient amené à penser, et notamment à à propos du “principe d’incertitude”, point crucial s’il en est de la physique quantique.

J’avais cru jusqu’ici — comme tous les “vulgarisateurs” le disent, ou presque — que ce “principe” nous empêchait de connaître en même temps la vitesse et la position d’une particule… Mais selon Klein, c’est beaucoup plus subtil que cela: c’est la mesure qui crée la valeur que l’on croit observer. L’exemple donné par Klein m’a semblé magistral: dans le cas d’un “sondage” pour la prochaine “présidentielle”, on interroge quelqu’un. Cette personne, qui n’est pas un responsable politique, m’avait pas forcément jusque-là un choix bie  défini…Le “sondeur” l’oblige à faire son choix; il donne une réponse…Même chose dans le cas d’une particule quantique: le sondeur est l’acte de mesure, et la valeur obtenue  est le choix fait  par le sondé-particule… Il est faux de dire, comme on le fait si souvent, que la mécanique quantique “ampute” nos observations: dans l’espace quantique, il n’y a pas de corpuscule bien déterminé…en dehors de l’opération de mesure  que l’on applique. Cela peut sembler farfelu, mais les multiples expériences faites depuis ont été concluantes en faveur de la théorie…

Et Klein faisait remarquer très justement à son auditoire que le terme “incertitude” était en fait inadéquat. Heisenberg avait écrit : Unsicherheit — “indétermination”; mais Paul Langevin avait traduit par “incertitude” dans la première traduction publiée…et le mot est resté. Mais il est évident que “indétermination” est bien plus judicieux, désigne bien mieux ce dont il est question ici! Il n’y a PAS “d’incertitude” quant au résultat de la mesure, mais ce résultat est indéterminé avant que l’opération ait lieu…cela ne veut pas dire du tout qu’elle est “aléatoire” qu’elle pourrait être différente, que l’on ne peut en être certain!

Je vais aller regarder dans Popper et dans Heisenberg lui-même ce qui est dit. J’espère avoir conservé ces livres…?

… Oui. je les ai et j’ai regardé celui de Popper “La théorie quantique et le schisme en physique”. Acheté en 1996. Il y a trente ans de cela…et copieusement annoté. Je rechercherai plus précisément les passages où il est question de la mesure et de incertitude… pour voir si Popper, considéré à cette époque comme un “quasi-physicien”, et tenant de la théorie dite (faussement en français!) de la falsification, était conscient du piège représenté par ce mot “incertitude”… Il est d’ailleurs amusant de constater que c’est aussi, à propos de sa théorie, un problème de mot qui se pose…Ce qu’il dit, ce n’est pas que pour savoir si une théorie scientifique est valable il faut la “falsifier”, donc la “rendre fausse”… mais que l’on doit la tenir pour vraie tant qu’il n’a pas été possible de démontrer qu’elle est fausse !

Et c’est ce principe, dit “de la falsification”, qui, aujourd’hui encore fait largement consensus, il me semble, même si D. Knuth voit les choses un peu autrement, en mettant en jeu l’état des techniques et de la société pour expliquer qu’une nouvelle “théorie” doit forcément apparaître pour répondre à de nouveaux besoins.

“ITINERAIRE-2” 

Je m’y suis attelé, à “l’Atelier”, durant une bonne partie de l’après-midi. Et après avoir eu d’abord un peu de mal à réamorcer la pompe à alexandrins, les souvenirs me sont revenus, comme je l’espérais… J’ai donc poursuivi l’épisode “Isabelle aux USA”, déjà commencé autrefois, et lui ai ajouté quelque 90 vers, pour aller jusqu’à son retour en France. La prochaine étape sera consacrée à son expérience parisienne… et puis je reviendrai à nous, avec la carrière de Mireille comme Principale, et la mienne avec tout ce que j’ai dû faire  pour parvenir à entrer à la Fac par la petite porte!

Je ne mettrai rien dans ce journal de ce que j’écris pour “ITINERAIRE-2”, ce serait trop long…et de plus, c’est quelque chose qui fera plutôt partie de mes “Œuvres posthumes”… puisque, par définition, je ne puis dès maintenant (et heureusement!) en fixer la date d’achèvement…