samedi 10 janvier 2026


Gazette de Balitrand

Couché très tard, levé très tard… dans le fauteuil, presque 4 heures d’affilée de 6 à 10h. Mais il faisait froid, j’ai dû enfiler un gros pull de plus. Et du temps à refaire surface, comme souvent.

J’ai fini le livre de Malka, et j’ai écrit à Marc ce que j’en pensais. 


R. Malka: “Après Dieu”

En gros, ça fait du bien de lire quelqu’un qui ose se dire athée…mais son style me déplaît. Une plaidoirie en forme de bouquin, pas ce que j’appelle un vrai livre. Une prosopopée  laborieuse; il aurait mieux fait, à mon avis d’écrire un essai plutôt que de prendre comme “argument”, une nuit passée au Panthéon (est-ce vrai?) au pied de la statue de Voltaire… Ce petit bouquin ne m’a rien appris que je ne sache déjà…Et puis Malka est de ce que j’appelle la “vieille gauche”, pour qui “nationalisme” est un gros mot. Ce qui me fait sourire, maintenant. Marine Le Pen est toujours pour lui un “horrible danger”… Il est du côté de Riss et de “Charlie Hebdo”, dont il est toujours l’avocat. C'est à dire, paradoxalement, ce que j’appelle la bienpensance “de gôche”. D’autrefois… 

Mais encore une fois, un athée, je ne vais pas le chipoter pour cela! Ça fait du bien de lire autre chose que les bondieuseries de Philippe de Villiers… même si les vues de ce dernier sont d’un plus haut niveau, à mon avis, sous l’angle de la géopolitique.


Faulkner

Après Malka, il eût été logique de reprendre Voltaire, mais j’ai eu envie de regarder “Le bruit et la fureur”, Marc m’ayant envoyé la nouvelle traduction, due à Charles Recoursé. J’en ai lu la première page, en regardant la version originale. Surpris par le choix fait pour certains mots: 


Faulkner : Luster was huntig in the grass

Recoursé : Luster chassait dans l’herbe.


“chassait”? le contexte n’évoque aucun “gun”…

Je me suis souvenu que j’avais conservé une vieille édition-papier… j’ai cherché dans mon fichier: D5, N° 1106. Et je j’ai trouvé tout de suite!

C’est la traduction de Coindreau (Gallimard, Folio, 1972). Qui écrit ici:


Luster cherchait dans l’herbe

 Ah! je comprends mieux! Et la suite le confirme, puisque les personnages sont à la recherche d’une pièce de “vingt-cinq cents” !


Ce détail, pour minuscule qu’il soit, m’a mis la puce à l’oreille… Ce n’est pas une coquille: j’ai fait d’autres comparaisons, avec les mêmes résultats…Eh bien…Je préfère lire la traduction de Coindreau! Peu m’importe qu’elle date de 1938! Son  “rendu” est dans un bien meilleur français, même quand il s’agit de passages argotiques…

Je vais donc laisser Voltaire au Panthéon, et lire Faulkner.