samedi 8 novembre 2025
Gazette de Balitrand
Calme plat ce matin. Tous les arbres roussissent, mais s’ils continuent à perdre leurs feuilles, elles ne viennent plus jusqu’ici.
Clémence
Nous avons parlé avec elle hier soir au téléphone. Elle est globalement satisfaite de sa vie quotidienne en stage à La Rochelle, elle n’est pas seule, elle a des collègues et des amis, des amies… mais elle trouve qu’elle a beaucoup de travail!…Heureusement, dit-elle, que c’est souvent intéressant, car sinon ce serait dur! Elle file le vendredi à Langon voir sa mère, puis rejoint Victor dans leur appartement de Saint-Médard en Jalle, où lui exerce son service de professeur de Biologie/Géologie. Et ma foi, comme ils ont maintenant chacun leur traitement, de ce côté-là, même si ce n’est pas “le Pérou”, c’est vivable.
La rumeur du monde
Les palestinistes ont tenté d’empêcher le concert donné à “La philharmonie”, à Paris, par un un chef d’orchestre israélien. Mélenchon a jugé “que ce n’était pas grave”. Les islamistes ont fait venir à l’Assemblée, sur les bancs du public, des filles voilées. Normal, puisque tant de “Français” sont maintenant musulmans…Aux cris d’Allah Akhbar, un “radicalisé” a foncé sur des gens qui se promenaient à Oléron et en a fauché plusieurs: chacun fait le “djihad” comme il peut, avec les moyens dont il dispose… c’est très démocratique, ça, pas vrai?
C’est la nouvelle stratégie de la conquête: de petits massacres quotidiens. Les grands, comme au “Bataclan” ont finalement fait du tort à la cause, en provoquant la colère des gens. Il faut, maintenant plutôt “grignoter” chaque jour un peu plus, pour que le reste des “Gaulois” s’habitue, accepte de n’être plus que des “Dhimmis”.
J’espérais ne pas voir la prophétie de Houellebecq-Nostradamus se réaliser de mon vivant–mais maintenant, j’ai toutes les chances de constater cela, tellement les choses vont vite…et en s’accélérant. Les médias sont conquis, une majorité de députés aussi, les juges s’y emploient; Macron se la joue “à l’international” pour ne pas avoir à se prononcer…Et après Londres, New-York s’est donnée un Maire musulman. L’Oumma est en bonne voie.
Tout va très bien, Madame la Marquise!
“Les Académistes”
Je découvre avec surprise que Mlle de Gournay y est présentée comme une vieille fille imbue d’elle-même
A soixante et dix ans elle est encore pucelle.
(Saint-Évremond, Charles de Marguetel de Saint-Denis. Les Académiciens: Comédie Kindle Edition.)
Les Académiciens se moquent d’elle, “qui perd ses dents…” et de son attachements aux mots anciens, dont il est question dans la “Préface” de l’édition des “Essais” de 1635.
Voici quelque lignes de ce que St-Evremond lui fait dire:
Montagne s’employoit à corriger le vice,
Et bien connoître l’homme étoit son exercice:
Il n’auroit pas cuidé pouvoir tirer grand los
Du stérile labeur de réformer des mots.
Et la “disputatio” se prolonge assez longuement sur ce thème. Mlle de Gournay les traite de “savanteaux”, ce qui n’est pas mal trouvé !
Saint-Évremond joue double jeu: il ne nous épargne pas les railleries les plus vulgaires à l’égard de Mlle de Gournay dans la bouche de ses “Académiciens”, et cela ne les grandit pas, mais c’est pour finir en faisant dire à celle-ci:
Vous raillez sottement la vérité notoire.
Il mourra, tout ainsi, que je vois, méprisé:
Mais devant lui mourront les vers de Serisay.
Et ma foi, entre la renommée de Montaigne et celle de Serisay…
Je découvre encore d’autres choses dans Saint-Evremond. D’abord qu’il fait parler ses “Académiciens” tantôt en alexandrins, tantôt en octosyllabes, comme ici, pour Saint-Amand:
Prenez soin de notre langage,
Auteurs polis et curieux,
Et aussi qu’il ne leur fait pas dire que des stupidités… ici pour Chapelain:
Il conste, il nous appert, sont termes de Barreau,
Que leur antiquité doit porter au Tombeau.
Je ne peux, moi, que lui donner raison; mais lui, le pensait-il?
D’autres discussion ne me semblent de même pas déraisonnables, comme à propos de “car”, de “à ravir”– ce dernier considéré comme ce que nous appellerions aujourd’hui un “tic” de langage, ou mieux: “un élément de langage”, comme on dit aujourd’hui de ces expressions “toutes faites” et employées parfois à tout bout de champ!
Je suis donc étonné par ce que je trouve dans ce pamphlet fort oublié…mais dont je me souviens que mon professeur de français à l’EN (M. Chatignon, que j’admirais beaucoup, mais que j’avais un peu roulé dans la farine, (Cf. mon “Itinéraire I”, “Le “Canular littéraire”, vv. 3069 sq.)) nous en avait dit beaucoup de bien… je m’en souviens. Et par parenthèse, à cette époque lointaine (1954-55), nous “potassions” le célèbre “Lagarde & Michard”, où j’ai découvert quantité d’auteurs, dont je n’ai lu parfois alors que quelques pages, mais dont j’ai toujours gardé le souvenir, et qui ont nourri mes lectures pendant le reste de mon existence…jusqu’ici!
Tiens, je remarque “poète” qui ne compte ici que pour deux syllabes, contrairement à l’usage actuel:
Le POETE, le VAILLANT, le RICHE, l’AMOUREUX,
Feront de leur Auteur un aussi grand Fou qu’eux
Et je suis assez épaté par la façon dont Saint-Évremond arrive à composer tout un discours final à propos des mots qui viennent d’être examinés! Toute cette tirade est très plaisante à lire…
Mais pour en finir avec ça, voici ce que dit Armande (Molière Les Femmes savantes, Acte III, scène 2), et qui me semble bien proche de la “Comédie des Académiciens”:
«Par une antipathie ou juste, ou naturelle,
Nous avons pris chacune une haine mortelle
Pour un nombre de mots, soit ou verbes, ou noms,
Que mutuellement nous nous abandonnons;
Contre eux nous préparons de mortelles sentences,
Et nous devons ouvrir nos doctes conférences
Par les proscriptions de tous ces mots divers,
Dont nous voulons purger et la prose et les vers.»
La “Comédie” de Saint-Évremond et celle de Molière, en fait sont toutes deux assez ambiguës: des moqueries, mais aussi des réflexions fondées sur l’emploi des mots… Sauf que celle de Molière met en scène quelque chose de plus large que le seul “Corps Académique”: des revendications que nous qualifirions aujourd’hui de “féministes”…
Musique
Écouté la fin du quatuor N°3 de Chostakovitch. Plus heurté, moins agréable que le 15, je trouve. Sauf dans l’Andante.
Et puis je suis revenu aux “lieder” de Schubert, que j”aime toujours autant. Notamment: “Du bist die Ruh…”, “Der Lindenbaum”…