dimanche 9 novembre 2025


Gazette de Balitrand

Mireille est allée au cinéma (le seul de Millau, je crois bien) en début d’après-midi, avec Annick, voir un film à propos de “l’affaire Bettencourt”. Et moi je me suis installé dans mon “auditorium-bibliothèque” …


Voltaire

J’ai donc repris ma lecture,–très décevante jusqu’ici– du “Dictionnaire philosophique”. Comme je l’ai déjà noté, toutes les pages sur la Bible, Adam et Ève, sont insipides, et je n’y ai trouvé que des banalités, des propos antisémites… Une seule chose notable:

Un Dieu unique étant adoré sur toute la terre connue,

car cela, du moins, montre que Voltaire considérait la “description de la terre” qui pouvait être connue de lui comme incomplète.

Mais j’ajoute ceci, quand même:

dans la Genèse, l’Esprit Saint se conforme dans chaque ligne aux idées les plus grossières du peuple le plus grossier;

Voilà qui ne devait pas plaire à “l’infâme”… (Cf. Kindle N° 72716)


À l’article “adultère”, je retrouve enfin le sarcasme voltairien:

celui qui se met dans le lit d’un autre fut nommé adultère, comme une fausse clef qui fouille dans la serrure d’autrui.

Et plus sérieusement, il s’insurge contre l’interdit du divorce dans la religion catholique romaine…ce qui est plutôt audacieux, cette fois. Tout en remarquant 

lorsqu’un État a besoin d’un héritier, il est permis de répudier celle qui ne peut en donner.

Et il cite plusieurs textes (plus ou moins apocryphes?) qui sont des plaidoyers en faveur de l’égalité homme-femme.Et aussi un texte de Saint-Augustin, qui va dans le même sens.

Dans les “dénombrements”, Voltaire fait de savants (?) calculs, et estime que « l’âge commun auquel l’espèce humaine est rendue à la terre, dont elle sort, est de vingt-deux à vingt trois ans tout au plus» et constate que la mortalité infantile est la cause de la faiblesse de cette “moyenne”. Voltaire n’est peut-être pas un démographe patenté, mais il est vrai qu’à son époque, le nombre d’enfants morts-nés ou très jeunes était un véritable fléau. Des auteurs modernes ont écrit là-dessus.


Je fus d’abord surpris de l’intérêt que Voltaire accordait à l’agriculture…

Il faut, quand on y a porté de la terre meuble, la mêler avec la mauvaise, la fumer beaucoup, y reporter encore de la terre, et surtout y semer des graines qui, loin de dévorer le sol, lui communiquent une nouvelle vie.[…]L’auteur de cet article a fait cet essai en petit, et a réussi.

Mais je me souviens qu’en visitant l’exposition dans son château  de Ferney, j’avais vu quantité de documents montrant bien ses préoccupations de propriétaire terrien… C’était l’époque des physiologues, il me semble?

Et de faire allusion à 

la fable du bon vieillard qui fit accroire à ses enfants qu’il y avait un trésor dans leur champ; ils remuèrent tout leur héritage pour le chercher, et ils s’aperçurent que le travail est un trésor.

Mais il ne cite pas La Fontaine… tiens, tiens…

Suivent toutes sortes de considérations sur l’usage du semoir, de la herse

Le titre du chapitre “De la grande protection due à l’agriculture” est assez clair. Il prétend y citer un “Mémoire” «quoiqu’il soit d’un jésuite»(!) décrivant les préparatifs prescrits par l’Empereur de Chine pour la cérémonie des semailles.

L’AIR

Newton a démontré que le corps le plus dur a moins de matière que de pores.


L’IA: peut mieux faire…

Arrivé là, je me suis demandé: Mais au fait, Voltaire connaissait-il Lucrèce ? Probablement, mais je n’en étais pas certain. Alors je me suis dit: «C’est le moment de faire appel à l’IA!». Et d’essayer avec “ChatGPT”. Mais ma version était obsolète. J’ai acheté (pour 34,99€ l’année), “GPT 5 mini”, avec un tas d’autres choses…

Et j’ai posé ma question:

— Voltaire connaissait-il Lucrèce?

— Réponse:

Voltaire, qui a vécu au XVIIIe siècle, connaissait certainement l'œuvre de Lucrèce, le poète et philosophe romain du Ier siècle avant J.-C. Lucrèce est surtout connu pour son poème "De Rerum Natura" (Sur la nature des choses), qui présente des idées épicuriennes et une vision matérialiste du monde.

J’ai insisté:

— Indique-moi l’endroit précis où Voltaire cite Lucrèce?

— Réponse:

Voltaire cite Lucrèce dans son poème "Le Mondain" ainsi que dans plusieurs lettres et essais. Une référence notable se trouve dans sa lettre à Frédéric II de Prusse, où il mentionne Lucrèce pour évoquer des idées matérialistes et philosophiques. Il est également mentionné dans son "Dictionnaire philosophique." Pour un endroit précis, vous pouvez consulter le "Dictionnaire philosophique," où Voltaire discute des philosophies des anciens, y compris celle de Lucrèce.

Je suis allé lire le poème “Le Mondain”… Et Lucrèce n’y est pas cité! C’est FAUX!

Alors j’ai tout bonnement recherché “Lucrèce”, dans l’application “Kindle” pour le Mac… Et j’en ai trouvé des quantité d’occurrences! Sur lesquelles il me suffisait de cliquer pour obtenir la citation…

Conclusion: 

l’IA est toujours à perfectionner! Ici, elle m’a donné une réponse fausse, pour “Le Mondain”. Mais par contre elle a eu raison en me conseillant de lire le “Dictionnaire philosophique”. Si je n’étais pas en train de le lire, l’information m’eût été utile…

Je n’ai pas la dernière version (6 ou 7, je crois savoir) qui est très chère. Et je n’ai peut-être pas poussé le questionnement assez loin…Il y a maintenant des gens dont le travail consiste à poser les bonnes questions! Des “gratte-papier” d’un nouveau genre…des emplois inimaginables il y a encore quelques années seulement!